{"id":2213,"date":"2024-09-07T11:36:10","date_gmt":"2024-09-07T11:36:10","guid":{"rendered":"https:\/\/stourm.news\/?p=2213"},"modified":"2024-09-07T11:39:00","modified_gmt":"2024-09-07T11:39:00","slug":"synthese-de-lhistoire-de-lemsav-par-yann-fouere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/stourm.news\/?p=2213","title":{"rendered":"Histoire de la fondation de l&rsquo;Emsav par Yann Fou\u00e9r\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Emsav n&rsquo;est pas une cr\u00e9ation r\u00e9cente. Il n&rsquo;est n\u00e9 ni avec le XXe si\u00e8cle, ni m\u00eame avec le XIXe. Il n&rsquo;est que la manifestation moderne d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne s\u00e9culaire dont on peut faire remonter la filiation jusqu&rsquo;au XVIe si\u00e8cle, date \u00e0 laquelle la Bretagne passa du statut de <strong>nation ind\u00e9pendante<\/strong> \u00e0 celui de province autonome au sein du Royaume de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;inscrit dans la ligne des efforts des Bretons de toutes classes qui, depuis cette \u00e9poque, ont lutt\u00e9 pour conserver \u00e0 la Bretagne sa personnalit\u00e9 politique et juridique, ses libert\u00e9s politiques, administratives et financi\u00e8res, ses caract\u00e8res natio- naux, sa langue et sa culture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1. POURQUOI L&rsquo;EMSAV MODERNE EST-IL N\u00c9 ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.1 CAUSES LOINTAINES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1.1.1. La Bretagne n&rsquo;a jamais accept\u00e9 la suppression de son statut d&rsquo;autonomie par la R\u00e9volution fran\u00e7aise : les Cahiers aux \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux en demandent formellement le maintien : les d\u00e9put\u00e9s bretons \u00e0 Versailles se d\u00e9clarent sans mandat pour l&rsquo;abandonner; le Parlement de Bretagne, gardien de la Constitution bretonne, proteste solennellement contre sa suppression; la Chouannerie est un <strong>soul\u00e8vement national<\/strong> qui tend \u00e0 le r\u00e9tablir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1.1.2. La 1\u00e8re R\u00e9publique reprend, en l&rsquo;aggravant, la politique de centralisation monarchique. Les R\u00e9publicains bretons sont tous \u00ab\u00a0f\u00e9d\u00e9ralistes\u00a0\u00bb (Girondins). Ils se r\u00e9voltent contre la dictature de Paris et seront \u00e9cras\u00e9s par elle. L&rsquo;Empire asseoit d\u00e9finitivement la centralisation politique, administrative et intellectuelle entreprise par la R\u00e9publique jacobine. Cette politique doit conduire au \u00ab nivellement \u00bb de la France : \u00e0 la construction de \u00ab La Nation \u00bb fran\u00e7aise, \u00ab une et indivisible \u00bb, sur les ruines des nations rest\u00e9es diverses qui subsistaient sous l&rsquo;ancienne France; \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;une \u00ab Patrie \u00bb unique et abstraite par la destruction des<strong> patries concr\u00e8tes<\/strong>; \u00e0 la \u00ab fabrication \u00bb d&rsquo;un \u00ab type \u00bb de citoyen fran\u00e7ais uniforme et interchangeable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.2 CAUSES PLUS IMMEDIATES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.2.1. Causes \u00e9conomiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par comparaison avec les autres pays d&rsquo;Europe, la d\u00e9cadence \u00e9conomique et le retard social de la Bretagne, qui ont d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 la suite de la perte de l&rsquo;ind\u00e9pendance, vont s&rsquo;aggraver au XIXe si\u00e8cle \u00e0 la suite de la perte du statut d&rsquo;autonomie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.2.2. Causes politiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucun des gouvernements et r\u00e9gimes fran\u00e7ais qui se succ\u00e8dent au pouvoir au XIXe si\u00e8cle ne se montre dispos\u00e9 \u00e0 desserrer l&rsquo;\u00e9tau de la centralisation politique et administrative, ni \u00e0 reconna\u00eetre la <strong>personnalit\u00e9<\/strong> de la Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.2.3. Causes culturelles<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous ces gouvernements, \u00e0 mesure que le syst\u00e8me d&rsquo;enseignement se d\u00e9veloppe et se g\u00e9n\u00e9ralise, vont syst\u00e9matiquement exclure des programmes tout ce qui peut toucher \u00e0 la langue, \u00e0 la culture et \u00e0 l&rsquo;histoire de la Bretagne. Cette politique s&rsquo;aggrave au cours du si\u00e8cle. Le but avou\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat central est d&rsquo;aboutir \u00e0 la disparition de la langue bretonne et \u00ab d&rsquo;assimiler \u00bb compl\u00e8tement la population bretonne. La Bretagne doit \u00eatre \u00ab int\u00e9gr\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.3. L&rsquo;EMSAV EST DONC LE CHOC DE DEUX CONCEPTIONS DIAMETRALEMENT OPPOS\u00c9ES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Celle de la Bretagne qui veut conserver sa langue, sauver sa personnalit\u00e9, rester distincte \u00bb pour rester elle-m\u00eame : celle de l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais qui juge n\u00e9cessaire, pour r\u00e9aliser une France \u00ab\u00a0une et indivisible\u00a0\u00bb, d&rsquo;assimiler et d&rsquo;int\u00e9grer compl\u00e8tement les Bretons pour en faire des Fran\u00e7ais comme les autres, administr\u00e9s et \u00e9duqu\u00e9s comme les autres, selon des lois et des principes uniformes \u00e9labor\u00e9s \u00e0 Paris. Cette politique implique la <strong>disparition<\/strong> de la personnalit\u00e9 de la Bretagne, son morcellement en cinq d\u00e9partements, la supr\u00e9matie totale du gouvernement central, l&rsquo;extinction de la langue bretonne : aux Bretons qui d\u00e9fendent leur statut d&rsquo;autonomie, Mirabeau r\u00e9pond: <strong>\u00ab Vous \u00eates Bretons ? Les Fran\u00e7ais com- mandent \u00bb<\/strong> (1790); aux f\u00e9d\u00e9ralistes bretons qui d\u00e9fendent les libert\u00e9s locales contre la R\u00e9publique jacobine, Danton r\u00e9pond : <strong>\u00ab\u00a0La R\u00e9volution c&rsquo;est Paris!\u00a0\u00bb<\/strong> (1793); aux Bretons attach\u00e9s \u00e0 leur langue, les pr\u00e9fets du Finist\u00e8re et des C\u00f4tes-du-Nord r\u00e9pondent en 1831 : <strong>\u00ab Il faut absolument d\u00e9truire le langage breton \u00bb<\/strong> ; le ministre de l&rsquo;Instruction publique en 1911: <strong>\u00ab\u00a0Enseigner le breton serait favoriser les tendances s\u00e9paratistes en Bretagne\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2. LES MANIFESTATIONS DU MOUVEMENT BRETON DE 1800 A 1890<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2.1. DEFENSE DE LA CULTURE.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2.1.1. La protestation et la d\u00e9fense contre le \u00ab nivellement \u00bb se manifestent surtout dans le domaine culturel. Le romantisme aidant (Brizeux, Souvestre), on assiste \u00e0 un r\u00e9veil po\u00e8tico-historico-litt\u00e9raire de la Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1805, Le Gonidec. Cambry et Le Brigant fondent l&rsquo;Acad\u00e9mie Celtique. Le Gonidec r\u00e9nove et \u00e9pure la langue bretonne et en fixe la grammaire. Son grand dictionnaire breton-fran\u00e7ais para\u00eet en 1821. Troude le compl\u00e8te en 1842. En 1838, H. de la Villemarqu\u00e9 publie le Barzaz-Breiz, dont l&rsquo;influence sur le mouvement de renaissance nationale est consid\u00e9rable. En 1838 a \u00e9galement lieu le premier Congr\u00e8s interceltique du Pays de Galles.<br \/>\nEn 1843 se fonde l&rsquo;Association Bretonne, qui existe encore de nos jours. Son but est \u00e0 la fois \u00e9conomique (am\u00e9liorer les m\u00e9thodes agricoles et le sort des campagnes bretonnes) et historique (\u00e9tudier le pass\u00e9 breton). En 1844, Pitre Chevalier publie son Histoire de Bretagne. En 1855, de la Villemarqu\u00e9. Luzel et Le Scour cr\u00e9ent l&rsquo;Acad\u00e9mie Bardique. Ils organisent le deuxi\u00e8me Congr\u00e8s interceltique \u00e0 Saint-Brieuc, en 1867. En 1870, les celtisants C. de Gaulle, H. Gaidoz et Charencey pr\u00e9sentent au Corps L\u00e9gislatif la premi\u00e8re requ\u00eate en faveur de l&rsquo;enseignement des langues r\u00e9gionales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2.1.2. Mais ces efforts vont se heurter \u00e0 la m\u00e9fiance de tous les gouvernements francais successifs : en 1854, l&rsquo;Association Bretonne, dont le gouvernement n&rsquo;appr\u00e9cie pas les efforts pour faire revivre le pass\u00e9 breton, est suspendue pour un an par le gouvernement imp\u00e9rial. En 1859, elle est d\u00e9finitivement suspendue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucune suite n&rsquo;est donn\u00e9e \u00e0 la P\u00e9tition en faveur des langues r\u00e9gionales de 1870.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9formes successives qui organisent l&rsquo;enseignement et le rendent obligatoire prennent soin de pr\u00e9ciser que l&rsquo;enseignement doit \u00eatre uniform\u00e9ment donn\u00e9 en fran\u00e7ais. L&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;Histoire de Bretagne et de la langue bretonne reste \u00e9cart\u00e9e des programmes d&rsquo;enseignement et des examens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2.1.3. Les historiens, po\u00e8tes et celtisants entretiennent, au cours du XIXe si\u00e8cle, le sens de la personnalit\u00e9 bretonne : malgr\u00e9 l&rsquo;indiff\u00e9rence, sinon la m\u00e9fiance, des pouvoirs pu- blics, les historiens (A. de Courson, P. Levot, A. de Carn\u00e9, H. de la Borderie, A. Dupuy, R. de Kerviler, F. Duine, etc&#8230;), les po\u00e8tes et \u00e9crivains (La Villemarqu\u00e9, N. Quellien, Sebillot, P. Proux, A. Le Bras, F. Luzel, Le Joubioux, etc&#8230;), les celtisants (J. Loth, E. Ernault. G. Dottin, F. Vall\u00e9e, etc&#8230;) n&rsquo;en continuent pas moins, au cours du si\u00e8cle, \u00e0 faire conna\u00eetre le pass\u00e9 de la Bretagne, \u00e0 enrichir et cul- tiver sa langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart de ces \u00e9crivains collaborent \u00e0 des revues dont les principales sont : La Revue de Bretagne (cr\u00e9\u00e9e en 1857), Feiz ha Breiz (cr\u00e9\u00e9e en 1865), La Revue Celtique (fond\u00e9e en 1870). La Revue Historique de l&rsquo;Ouest (cr\u00e9\u00e9e en 1884), les Annales de Bretagne (fond\u00e9e en 1897).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La vogue mondiale des \u00c9tudes Celtiques am\u00e8ne le gouvernement \u00e0 fonder des chaires de celtique dans l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur \u00e0 Paris, \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole Pratique des Hautes Etudes en 1876, au Coll\u00e8ge de France en 1882, et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Rennes en 1893. En 1890, une chaire d&rsquo;Histoire de Bretagne est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres de Rennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2.2. DEFENSE DE L&rsquo;ENTITE BRETAGNE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le domaine politique et administratif \u00e9galement, certains faits montrent que le sens de la personnalit\u00e9 bretonne subsiste parmi les Bretons. L&rsquo;\u00c9tat central ne manque pas de manifester sa m\u00e9fiance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de toutes les manifestations de cette tendance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ex\u00e9cution de Georges Cadoudal, en 1804, met fin \u00e0 toute r\u00e9sistance arm\u00e9e et organis\u00e9e de la Bretagne contre l&rsquo;\u00c9tat central. Mais en 1815, le g\u00e9n\u00e9ral Sol de Grisolles obtient des troupes alli\u00e9es qui occupent la France que la Bretagne, en raison de sa r\u00e9sistance \u00e0 la R\u00e9volution et \u00e0 l&rsquo;Empire, ne soit pas occup\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela n&#8217;emp\u00eache pas le gouvernement de la Restauration d&rsquo;\u00e9viter soigneusement de rendre \u00e0 la Bretagne son statut d&rsquo;autonomie. Bien plus, il s&#8217;empresse d&rsquo;oublier les services rendus \u00e0 la Monarchie par les anciens chefs Chouans et leur pr\u00e9f\u00e8re, pour occuper les postes administratifs en Bretagne, d&rsquo;anciens Conventionnels et Jacobins repentis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1829 et 1830, \u00e0 la suite des menaces de violation de la Charte par Charles X, les lib\u00e9raux bretons, sous la direction de Beslay, d\u00e9put\u00e9 des C\u00f4tes-du-Nord, organisent une \u00abAssociation Bretonne \u00bb pour le refus\u00ab d&rsquo;acquitter des contributions publiques ill\u00e9galement impos\u00e9es \u00bb. Ils invoquent le Contrat d&rsquo;Union de la Bretagne \u00e0 la France de 1532.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1870, une arm\u00e9e de Bretagne, lev\u00e9e dans les cinq d\u00e9partements bretons, s&rsquo;organise pour d\u00e9fendre le sol breton menac\u00e9 d&rsquo;invasion. Cette arm\u00e9e soul\u00e8ve la m\u00e9fiance du Gouvernement Provisoire de la R\u00e9publique qui semble en craindre les tendances \u00ab r\u00e9actionnaires \u00bb et \u00ab s\u00e9paratistes \u00bb. Aussi la laisse-t-il massacrer sans armes sur les plateaux du Mans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gambetta avait auparavant t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 \u00e0 Keratry, commandant l&rsquo;arm\u00e9e de Bretagne : \u00ab Je vous conjure d&rsquo;oublier que vous \u00eates Breton pour ne vous souvenir que de votre qualit\u00e9 de Fran\u00e7ais \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1872, l&rsquo;Association Bretonne, suspendue par l&rsquo;Empire, reprend son activit\u00e9.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2214 aligncenter\" src=\"https:\/\/stourm.news\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Capture-decran-2024-09-07-a-16.29.39.jpg\" alt=\"\" width=\"593\" height=\"612\" srcset=\"https:\/\/stourm.news\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Capture-decran-2024-09-07-a-16.29.39.jpg 774w, https:\/\/stourm.news\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Capture-decran-2024-09-07-a-16.29.39-291x300.jpg 291w, https:\/\/stourm.news\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Capture-decran-2024-09-07-a-16.29.39-768x792.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 593px) 100vw, 593px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Arthur de la Borderie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1890, A. de la Borderie, r\u00e9sumant les id\u00e9es et les aspirations de l&rsquo;\u00e9lite bretonne qui l&rsquo;entoure et qui l&rsquo;a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, s&rsquo;\u00e9crie, en ouvrant son cours d&rsquo;Histoire de Bretagne \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Rennes : <strong>\u00ab\u00a0La Bretagne est mieux qu&rsquo;une province : elle est un peuple, une nation v\u00e9ritable et une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 part, parfaitement distincte dans ses origines, parfaitement originale dans ses \u00e9l\u00e9ments constitutifs.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3. LE MOUVEMENT BRETON DE 1890 A 1914 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.1. NAISSANCE DU MOUVEMENT REGIONALISTE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de ce quart de si\u00e8cle, un Mouvement breton organis\u00e9 va se d\u00e9gager des efforts dispers\u00e9s ant\u00e9rieurs et effectuer la synth\u00e8se des aspirations politiques, administratives et culturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la suite d&rsquo;un \u00ab Appel au Peuple Breton \u00bb, l&rsquo;Union R\u00e9gionaliste Bretonne (U. R. B.) se fonde \u00e0 Morlaix en 1898. Elle a l&rsquo;ambition de grouper des personnalit\u00e9s de tous les partis pour la d\u00e9fense des droits de la Bretagne. Ses premiers dirigeants sont : A. Le Braz, Charles Le Goffic, Louis Tiercelin, F. Vall\u00e9e, R. de l&rsquo;Estourbeillon (qui allait bient\u00f4t l&rsquo;incarner jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1946). F. Jaffrenou, Bourgault-Ducoudray&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;U. R. B. demande formellement la d\u00e9centralisation administrative et la constitution de la Bretagne en \u00ab\u00a0r\u00e9gion\u00a0\u00bb distincte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1901 se cr\u00e9e le \u00ab\u00a0Gorsedd\u00a0\u00bb breton, sur l&rsquo;imitation du Gorsedd gallois. Son but est l&rsquo;\u00e9tude, la conservation et le d\u00e9veloppement des arts, de la langue et de la litt\u00e9rature bretonnes, et des traditions celtiques. Ses principaux ani- mateurs sont: Yann Fustec, Yves Berthou, Jaffrenou- Taldir. L. Le Berre, F. Vall\u00e9e, E. Le Moal, Loeiz Herrieu, F. Even, A. Boscher&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la politique anti-cl\u00e9ricale qu&rsquo;il pratique au d\u00e9but du si\u00e8cle, le gouvernement Combes ajoute une politique de pers\u00e9cution de la langue bretonne. Non content de la proscrire dans les \u00e9coles (l&rsquo;usage du \u00ab symbole \u00bb s&rsquo;y g\u00e9n\u00e9ralise), il veut en interdire l&#8217;emploi au cat\u00e9chisme et dans les \u00e9glises (1902-1905).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les masses catholiques sont d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 la r\u00e9sistance arm\u00e9e. Mais les chefs catholiques les font renoncer \u00e0 la violence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9action contre politique anti-cl\u00e9ricale et anti-bre- tonne du gouvernement, l&rsquo;Association catholique bretonne, \u00ab\u00a0Bleun-Brug\u00a0\u00bb, se fonde en 1905, anim\u00e9e par l&rsquo;abb\u00e9 J.-M. Perrot. Son but est la d\u00e9fense de la langue et de la religion, et sa devise Feiz ha Breiz. Les parlementaires bretons, qui s&rsquo;\u00e9taient trouv\u00e9s unis sans distinction de partis pour faire rapporter le d\u00e9cret Combes contre la langue bretonne en 1903, s&rsquo;unissent \u00e0 nouveau, en 1909 et 1910. pour demander, sans succ\u00e8s, au ministre de l&rsquo;Instruction publique, l&rsquo;enseignement du breton dans les \u00e9coles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1911, une scission de l&rsquo;U. R. B. aboutit \u00e0 la cr\u00e9ation de la F\u00e9d\u00e9ration R\u00e9gionaliste de Bretagne (F. R. B.). Ses principaux animateurs sont : Jean Choleau, Jos Parker, Andr\u00e9 Mellac, Y. Le Diberder, M. Duhamel, etc&#8230; Elle met l&rsquo;accent sur les probl\u00e8mes \u00e9conomiques bretons, en m\u00eame temps que sur les probl\u00e8mes administratifs et culturels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.2. APPARITION DU NATIONALISME POLITIQUE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;U. R. B. comme F. R. B., Gorsedd comme Bleun-Brug, estiment en g\u00e9n\u00e9ral n\u00e9cessaire de voir la langue bretonne enseign\u00e9e et la personnalit\u00e9 bretonne consacr\u00e9e par la reconstitution de la Province ou R\u00e9gion de Bretagne, ill\u00e9galement supprim\u00e9e en 1789.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elles unissent des personnes de toutes tendances pour la d\u00e9fense des droits de la Bretagne, mais elles ne mettent pas en cause la souverainet\u00e9 de la France sur la Bretagne. Elles ne pratiquent qu&rsquo;un nationalisme po\u00e9tico-litt\u00e9raire et sentimental. En 1909 et en 1911, dans deux ouvrages, \u00ab La Question Bretonne \u00bb et \u00ab Vers une Bretagne organis\u00e9e \u00bb, M. de Lantivy-Tredion essaie de concr\u00e9tiser les aspirations de l&rsquo;Emsav et de d\u00e9gager un programme pr\u00e9cis d&rsquo;organisation r\u00e9gionale. Ce dernier r\u00e9side essentiellement en la reconstitution de la province de Bretagne, dot\u00e9e de l&rsquo;autonomie administrative et financi\u00e8re, et des \u00c9tats de Bretagne modernis\u00e9s par l&rsquo;organisation de la repr\u00e9sentation professionnelle. L&rsquo;Assembl\u00e9e bretonne devra \u00eatre compos\u00e9e de repr\u00e9sentants des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, sociaux et spirituels de Bretagne. Les promoteurs de ce plan vont jusqu&rsquo;\u00e0 envisager la gr\u00e8ve de l&rsquo;imp\u00f4t pour contraindre le gouvernement central \u00e0 l&rsquo;appliquer.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\" aligncenter\" src=\"https:\/\/lh6.googleusercontent.com\/proxy\/bSKFNtgRCd_KsNxYpQXv19sUxvUVJRpza-3gmTl-LSVcu_wxoGyVpzmrZTDeiF00QACcRmpo7lU6GES0xopFCEgob9O2ne0TmOgISQrzvohafMecjya4YJGeh_x_7repXKexB-4YiZurZW9RGSHYDrw\" width=\"475\" height=\"469\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Camille Le Mercier d&rsquo;Erm<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1911 cependant se cr\u00e9e le <strong>\u00ab\u00a0Parti Nationaliste Breton\u00a0\u00bb<\/strong> (Journal \u00ab\u00a0Breiz Dishual\u00a0\u00bb). qui r\u00e9unit, sous la direction de C. le Mercier d&rsquo;Erm: Le Rumeur, A. Guillemot, L. Gueguen, L.-N. Le Roux, J. du Chauchix, P. Suliac, puis A. Boscher, J. Loyant, J. Le Bras, de la Guichardi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec lui, le nationalisme politique fait son apparition. Le manifeste P. N. B. repousse la th\u00e8se r\u00e9gionaliste comme humiliante et r\u00e9clame: <strong>\u00ab\u00a0La s\u00e9paration int\u00e9grale d&rsquo;avec la France, l&rsquo;ind\u00e9pendance politique de la Nation bretonne, la reconnaissance de la langue bretonne comme seule langue nationale\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes les tendances de l&rsquo;Emsav s&rsquo;unissent, en octobre 1911, pour protester contre l&rsquo;inauguration. \u00e0 Rennes, du monument de Jean Boucher symbolisant l&rsquo;Union de la Bretagne \u00e0 la France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.3. DEFENSE ET ILLUSTRATION DES VALEURS BRETONNES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant toute cette p\u00e9riode, le mouvement en faveur de la langue et de la culture bretonnes poursuit sa carri\u00e8re : des celtisants \u00e9minents continuent l&rsquo;\u0153uvre de Le Gonidec pour l&rsquo;enrichissement et le perfectionnement de la langue (J. Loth, E. Ernault, Meven Mordiern, F. Vall\u00e9e, P. Le Roux). Ces celtisants sont group\u00e9s au sein de l&rsquo;Acad\u00e9mie Bretonne et du Comit\u00e9 de Pr\u00e9servation de la langue bretonne (section de l&rsquo;Association Bretonne) cr\u00e9\u00e9 en 1895. Leur action aboutit \u00e0 l&rsquo;Entente des \u00c9crivains Bretons pour l&rsquo;unification orthographique de trois des dialectes bretons : Kerne, Leon, Tr\u00e9gor (K.L.T.), en 1908. Des dictionnaires, grammaires, vocabulaires, m\u00e9thodes d&rsquo;enseignement du breton sont publi\u00e9s tant en K.L.T. qu&rsquo;en vannetais. L&rsquo;\u0153uvre la plus compl\u00e8te et la plus d\u00e9cisive dans ce domaine est accomplie par Fran\u00e7ois Vall\u00e9e. De nombreuses publications, o\u00f9 collaborent toutes les personnalit\u00e9s de l&rsquo;Emsav, \u00e9tudient, tant en breton qu&rsquo;en fran\u00e7ais, les questions historiques, culturelles, \u00e9conomiques, propres \u00e0 la Bretagne, et y d\u00e9fendent les id\u00e9aux de l&rsquo;Emsav.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Citons Feiz ha Breiz (J.-M. Per- rot), Dihunamb (Loeiz Herrieu). Kroaz ar Vretoned (F. Vall\u00e9e) Ar Vro et Ar Bobl (Taldir-Jaffrenou). Le Clocher Breton (A. Degoul), Le Pays Breton (A. Mellac), publi cations auxquelles il faut ajouter les revues historiques pr\u00e9- c\u00e9demment cit\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mention doit \u00eatre faite \u00e9galement des nombreuses \u00e9tudes de tout ordre, \u00e9parses dans les publications de l&rsquo;Associa- tion Bretonne, de l&rsquo;U. R. B., de la F. R. B., etc&#8230;, ainsi que de nombreux ouvrages historiques, dont le plus important est la monumentale Histoire de Bretagne de A. de la Borderie. Enfin, deux revues remarquables, d&rsquo;inspiration nettement nationaliste, voient le jour en 1912: Brug, dirig\u00e9e par le socialiste E. Masson: Brittia, par Y. Le Diberder.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malheureusement, la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale en 1914 suspend toute l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;Emsav et provoque la disparition d\u00e9finitive ou temporaire de la quasi-totalit\u00e9 de ses publications. En moins d&rsquo;un quart de si\u00e8cle (1890-1914) la combativit\u00e9 de l&rsquo;Emsav s&rsquo;est affirm\u00e9e. Il s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 capable de grouper et d&rsquo;unir, dans le seul but de la d\u00e9fense de la Bretagne, de sa personnalit\u00e9, de sa langue et de sa culture, des repr\u00e9sentants de toutes les tendances politiques et religieuses et de toutes les classes sociales de Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4. (1918-1939) LE MOUVEMENT BRETON DE TENDANCE POLITIQUE ENTRE LES DEUX GUERRES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.1. LES EFFORTS DU REGIONALISME.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.1.1. Initiatives du r\u00e9gionalisme<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;issue de la guerre le mouvement r\u00e9gionaliste breton essaie d&rsquo;obtenir du gouvernement central la reconnaissance de la personnalit\u00e9 de la Bretagne et les droits de sa langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La guerre avait co\u00fbt\u00e9 cher \u00e0 la Bretagne. L&rsquo;endurance et l&rsquo;allant des troupes bretonnes les font utiliser par le commandement aux points les plus expos\u00e9s : la Bretagne perd un tu\u00e9 sur quatorze habitants, <strong>le double de la moyenne fran\u00e7aise<\/strong>. L&rsquo;Emsav d\u00e9plore de nombreuses pertes dont celles de J.-P. Calloc&rsquo;h, le plus grand des po\u00e8tes de langue bretonne, et de l&rsquo;instituteur Jos Le Bras, deux des meilleurs activistes bretons.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/6\/68\/Jos_Le_Bras.jpg\" width=\"482\" height=\"764\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les militants bretons mobilis\u00e9s combattirent avec un courage qui for\u00e7a l&rsquo;admiration, mais la censure ne put emp\u00eacher Taldir-Jaffrennou et Fran\u00e7ois Vall\u00e9e de d\u00e9fendre la cause de la r\u00e9volte irlandaise de P\u00e2ques 1916 contre les Anglais, r\u00e9volte dont l&rsquo;inspiration et les chefs \u00e9taient tra\u00een\u00e9s dans la boue par l&rsquo;ensemble de la presse fran\u00e7aise. Le journal de Fran\u00e7ois Vall\u00e9e, \u00ab\u00a0Kroaz ar Vretoned\u00a0\u00bb, dut \u00e0 cette protestation d&rsquo;\u00eatre suspendu par les autorit\u00e9s. \u00c0 la fin de la guerre, dite \u00ab du droit\u00bb, men\u00e9e officiellement en faveur du droit des peuples \u00e0 disposer d&rsquo;eux-m\u00eames, certains Bretons, faisant suite \u00e0 l&rsquo;ultime pens\u00e9e de J.-P. Calloc&rsquo;h, esp\u00e9raient que la Bretagne pourrait b\u00e9n\u00e9ficier de ces principes et tirer ainsi les fruits d&rsquo;une victoire qu&rsquo;elle avait puissamment contribu\u00e9 \u00e0 remporter.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/5\/58\/Marquis_R%C3%A9gis_de_L%27Estourbeillon.jpg\" width=\"479\" height=\"633\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>R\u00e9gis de l&rsquo;Estourbeillon<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but de 1919, R. de l&rsquo;Estourbeillon, pr\u00e9sident de l&rsquo;U. R. B., second\u00e9 par le commandant Jacob et appuy\u00e9 par les signatures de huit cents personnalit\u00e9s bretonnes de premier plan, remet aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 la Conf\u00e9rence de la Paix et aux membres de la Commission pour la S. D. N. une \u00ab P\u00e9tition pour le droit des langues et la libert\u00e9 des Peuples \u00bb. Cette p\u00e9tition demande pour la Bretagne la reconnaissance de ses libert\u00e9s culturelles et administratives, <strong>\u00ab\u00a0car la Bretagne forme v\u00e9ritablement dans la communaut\u00e9 fran\u00e7aise une nation et un peuple distincts\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question de la r\u00e9forme administrative ayant \u00e9t\u00e9 agit\u00e9e au lendemain de la guerre au Parlement et au Gouvernement, dont les projets mena\u00e7aient de morceler la Bretagne, un vaste Congr\u00e8s est organis\u00e9 \u00e0 Rennes par M. Bigot. directeur de \u00ab L&rsquo;Hermine\u00bb (1920). Ce Congr\u00e8s demande le respect absolu de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la Bretagne dans la cr\u00e9ation des R\u00e9gions projet\u00e9es. Ses r\u00e9solutions sont appuy\u00e9es par une vaste campagne qui r\u00e9unit 300.000 signatures et 124 soci\u00e9t\u00e9s et associations bretonnes diverses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, dans ses demandes, l&rsquo;Emsav verra une fois de plus ses espoirs d\u00e9\u00e7us.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.1.2. Insucc\u00e8s de ces tentatives<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les projets de r\u00e9forme administrative et de r\u00e9gionalisme agit\u00e9s apr\u00e8s la guerre sont une fois de plus enterr\u00e9s. La centralisation politique, administrative et intellectuelle continue de s&rsquo;accro\u00eetre, favoris\u00e9e par l&rsquo;apparition de nou- veaux progr\u00e8s techniques. L&rsquo;intervention croissante de l&rsquo;Etat dans le domaine \u00e9conomique, social et fiscal la rend encore plus pesante et restreint les libert\u00e9s collectives et individuelles. Les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la Bretagne, diff\u00e9rents de ceux du reste de la France, sont sacrifi\u00e9s \u00e0 ceux d&rsquo;autres r\u00e9gions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le malaise s&rsquo;accro\u00eet \u00e0 partir de 1932. N&rsquo;ayant pu obtenir la moindre satisfaction, le Mouvement r\u00e9gionaliste pi\u00e9tine. Du moins continue-t-il toujours sa propagande. Son programme reste toujours la constitution de la Bretagne en r\u00e9gion distincte, dot\u00e9e de libert\u00e9s admi- nistratives, financi\u00e8res et culturelles. Les congr\u00e8s annuels des grandes associations r\u00e9gionalistes: U. R. B. (R. de l&rsquo;Estourbeillon), F.R.B. (Jean Choleau), Gorsedd (Taldir- Jaffrennou). Bleun-Brug (Abb\u00e9 J.-M. Perrot), continuent \u00e0 essayer de populariser les aspirations bretonnes, de d\u00e9- fendre la langue et la culture. Ses publications font de m\u00eame: Feiz ha Breiz (J.-M. Perrot), Buhez Breiz (P. Mocaer). Breiz (Y. Le Moal &#8211; Dirnador), Le R\u00e9veil Bre- ton (Jean Choleau). L&rsquo;Union Agricole (L. Le Berre), etc&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.1.3. L&rsquo;essai du Bleun-Brug<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il apparaissait que des nouvelles m\u00e9thodes \u00e9taient n\u00e9cessaires si on voulait sortir le Mouvement breton de sa stagnation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s 1919, l&rsquo;administration fran\u00e7aise avait entrepris, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;\u00e9cole, la \u00ab francisation \u00bb de l&rsquo;Alsace- Lorraine recouvr\u00e9e par la France en 1918. A la suite des tentatives du gouvernement du \u00ab\u00a0Bloc des Gauches\u00a0\u00bb en 1924 d&rsquo;\u00e9tendre l&rsquo;application des lois la\u00efques aux provinces recouvr\u00e9es, un puissant mouvement de protestation religieuse imprime au Mouvement autonomiste alsacien une forte impulsion populaire. Ces \u00e9v\u00e9nements sont suivis avec attention par l&rsquo;Emsav, et surtout par les catholiques group\u00e9s dans le Bleun-Brug, dont les pr\u00e9occupations, \u00e0 la fois bretonnes et catholiques, sont semblables \u00e0 celles des Alsaciens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous l&rsquo;influence d&rsquo;Yves Le Moal (Dirnador) d&rsquo;abord, et surtout de l&rsquo;abb\u00e9 Madec ensuite, ce dernier ancien militant du Sillon, orateur de grande classe et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du B. B. de 1926 \u00e0 1928, le Bleun-Brug essaie de lancer un mouvement breton d\u00e9mocrate et chr\u00e9tien \u00e0 base populaire sur le mod\u00e8le du mouvement alsacien. En 1925, le Bleun-Brug se transforme en une \u00ab Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Education Nationale Bretonne \u00bb dont le but est de \u00ab promouvoir l&rsquo;id\u00e9al breton dans le triple domaine intellectuel, politique et \u00e9conomique&#8230; de contribuer \u00e0 rendre \u00e0 la Bretagne le plein exercice de sa foi traditionnelle \u00bb. Il est \u00e9galement pr\u00e9cis\u00e9 que des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des mouvements alsaciens et flamands, ainsi que des repr\u00e9sentants de toutes les associations bretonnes, assistent au Congr\u00e8s de Morlaix en \u00e9t\u00e9 1927, o\u00f9 l&rsquo;on discute la coordination des efforts pour la conqu\u00eate des libert\u00e9s provinciales et de l&rsquo;enseignement bilingue. A l&rsquo;issue du Congr\u00e8s une \u00ab\u00a0D\u00e9claration\u00a0\u00bb est adopt\u00e9e avec enthousiasme. Elle s&rsquo;inspire de la doctrine f\u00e9d\u00e9raliste et demande notamment un parlement et un pouvoir ex\u00e9cutif bretons, et un budget autonome pour la Bretagne. Pour promouvoir le programme adopt\u00e9, l&rsquo;abb\u00e9 Madec dote le B. B. d&rsquo;un journal de propagande en fran\u00e7ais : \u00ab\u00a0La Patrie Bretonne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques de Quimper cependant condamnent cette tendance \u00e0 la \u00ab\u00a0politisation\u00a0\u00bb du Bleun-Brug et imposent au B. B., fin 1927, de se cantonner strictement dans le seul domaine catholique et culturel. L&rsquo;abb\u00e9 Madec et les repr\u00e9sentants du B. B. de Haute-Bretagne (D&rsquo; Regnault) sont amen\u00e9s \u00e0 d\u00e9missionner. L&rsquo;abb\u00e9 Perrot, qui continuera \u00e0 animer le Bleun-Brug et sa revue jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1943, saura du moins conserver \u00e0 tous deux un caract\u00e8re purement breton, s&rsquo;attachant particuli\u00e8rement \u00e0 la d\u00e9fense de la langue. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, la pr\u00e9sidence \u00ab\u00a0la\u00efque\u00a0\u00bb avait victorieusement men\u00e9 contre les m\u00e9thodes du Bleun-Brug entre les deux guerres fut successivement exerc\u00e9e par L. Dujardin, Yves Le Moal, J. Cornic, R. Delaporte.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/www.breizh-info.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Perrot-Yann-Vari-copie.jpg\" width=\"397\" height=\"573\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1928, l&rsquo;abb\u00e9 Madec fonde \u00ab\u00a0Adsao\u00a0\u00bb, pour reprendre &#8211; avec l&rsquo;aide de la\u00efques : P. Mocaer, A. Pell\u00e9, A. Bergot. E. Le Corre &#8211; le programme de d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne et bretonne qu&rsquo;il avait voulu r\u00e9aliser avec le Bleun-Brug. Le mouvement adh\u00e8re \u00e0 l&rsquo;U. R. B. et se place sur le terrain r\u00e9gionaliste. Adsao publie une revue du m\u00eame nom et organise des r\u00e9unions publiques imposantes dans le L\u00e9on. Mais le nouveau mouvement sombrera du fait de l&rsquo;incompr\u00e9hension qu&rsquo;il rencontre dans le Parti D\u00e9mocrate Populaire traditionnel, anc\u00eatre du M. R. P., et surtout du fait de la sant\u00e9 chancelante de son fondateur, qui meurt en 1936.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.2. L&rsquo;ACTION DU NATIONALISME BRETON<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.2.1. Les d\u00e9buts du mouvement nationaliste<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration cependant \u00e9tait entr\u00e9e, \u00e0 la fin de la guerre, dans le combat breton. Avant m\u00eame la fin du conflit, H. Prado, M. Marchal et J. de Roinc\u00e9 fondent un nouveau mouvement qui ne va pas tarder \u00e0 durcir sa position \u00e0 mesure que se pr\u00e9cise l&rsquo;impuissance du r\u00e9gionalisme \u00e0 conqu\u00e9rir, pour la Bretagne, le statut d&rsquo;autonomie r\u00e9gionale, base de ses revendications. Marchal et Mordrel fondent, pour appuyer l&rsquo;action du journal, l&rsquo;\u00ab Unvaniez Yaouankiz Breiz\u00bb (Union de la jeunesse de Bretagne), groupement qui se d\u00e9clare \u00ab\u00a0nationaliste\u00a0\u00bb. Ses dirigeants sont fortement influenc\u00e9s par l&rsquo;exemple irlandais et celui des autres petits peuples qui ont r\u00e9ussi \u00e0 la suite de la guerre \u00e0 conqu\u00e9rir leur ind\u00e9pendance ou leurs libert\u00e9s nationales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.2.2. Le Parti Autonomiste Breton<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mont\u00e9e de l&rsquo;autonomisme alsacien, qui reprenait, contre les m\u00e9thodes et le centralisme fran\u00e7ais, le combat qu&rsquo;il avait victorieusement men\u00e9 contre les m\u00e9thodes et l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand quelques ann\u00e9es auparavant, influe sur l&rsquo;\u00e9volution de \u00ab\u00a0Breiz Atao\u00a0\u00bb et de l&rsquo; U. Y. B., et renforce l&rsquo;ardeur de ses militants. Au mois d&rsquo;ao\u00fbt 1927, \u00e9poque o\u00f9 se tenait le Congr\u00e8s du Bleun-Brug de Morlaix, I&rsquo;U.Y.V. se transforme en \u00ab\u00a0Strollad Emrenerien Vreiz\u00a0\u00bb. ou Parti Autonomiste Breton (P. A. B.). Le nouveau parti, qui tient son premier Congr\u00e8s \u00e0 Rosporden le mois suivant, a pour animateurs principaux : F. Debauvais, O. Mordrel, Y. Bricler, M. Duhamel, M. Marchal. Convaincus que le probl\u00e8me breton n&rsquo;\u00e9tait que l&rsquo;application \u00e0 la Bretagne du probl\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral des nationalit\u00e9s et minorit\u00e9s et qu&rsquo;il ne pouvait s&rsquo;isoler dans le temps et l&rsquo;espace, les dirigeants autonomistes alsaciens, bretons, corses et flamands, se r\u00e9unissent \u00e0 Quimper, en septembre 1927. Ils fondent le Comit\u00e9 Central des Minorit\u00e9s Nationales de France, dont la doctrine est bas\u00e9e sur le droit des peuples \u00e0 disposer d&rsquo;eux-m\u00eames et sur le f\u00e9d\u00e9ralisme international.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium aligncenter\" src=\"https:\/\/partinationalbreton.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Capture-decran-1768.png\" width=\"784\" height=\"587\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Congressistes du P.A.B., Rosporden, 1927<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La solidarit\u00e9 \u00ab\u00a0interminoritaire\u00a0\u00bb s&rsquo;affirme par l&rsquo;envoi d&rsquo;un avocat breton, membre du P. A. B. (M Feillet), pour la d\u00e9fense des autonomistes alsaciens incarc\u00e9r\u00e9s et traduits en jugement \u00e0 Colmar. Ce geste, qui affirme la solidarit\u00e9 du P. A. B. avec les organisations alsaciennes poursuivies, d\u00e9clenche contre lui une s\u00e9rie d&rsquo;actions polici\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 2\u00e8me Congr\u00e8s du P. A. B., qui se r\u00e9unit \u00e0 Ch\u00e2teaulin en ao\u00fbt 1928, permet au nouveau mouvement d&rsquo;affirmer sa politique interminoritaire et de pr\u00e9ciser sa position doctrinale. \u00c0 ce Congr\u00e8s sont repr\u00e9sent\u00e9s les partis autonomistes ou nationalistes irlandais, gallois, alsacien, flamand et corse. Dans une \u00ab\u00a0D\u00e9claration\u00a0\u00bb politique, le P. A. B. s&rsquo;affirme \u00ab f\u00e9d\u00e9raliste \u00bb et revendique pour la Bretagne \u00ab\u00a0une autonomie politique et administrative\u00a0\u00bb dont l&rsquo;organe repr\u00e9sentatif sera un Parlement Breton \u00bb. Il ajoute que \u00ab\u00a0l&rsquo;autonomie ne s&rsquo;oppose nullement aux int\u00e9r\u00eats de l&rsquo;Etat Fran\u00e7ais et que ce programme peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre de la France\u00a0\u00bb. Dans son livre, qui est d\u00e9sormais devenu un classique pour tout militant breton, intitul\u00e9 \u00ab La question bretonne dans son cadre europ\u00e9en \u00bb, M. Duhamel pr\u00e9cise la position politique du P. A. B., dont la doctrine f\u00e9d\u00e9raliste l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 r\u00e9clamer \u00e0 la fois l&rsquo;application du \u00ab\u00a0f\u00e9d\u00e9ralisme interne\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;usage fran\u00e7ais, et du \u00ab\u00a0f\u00e9d\u00e9ralisme international\u00a0\u00bb sur le plan europ\u00e9en.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le P. A. B. fait un gros effort d&rsquo;organisation sous l&rsquo;\u00e9nergique impulsion de F. Debauvais et draine peu \u00e9l\u00e9ments les plus actifs des organisations r\u00e9gionalistes. \u00ab\u00a0Breiz Atao\u00a0\u00bb devient bimensuel en 1928 et hebdomadaire en 1929, un peu avant le Congr\u00e8s de Rennes de la m\u00eame ann\u00e9e. Un emprunt est lanc\u00e9 pour l&rsquo;achat d&rsquo;une imprimerie. Mais il en r\u00e9sulte de lourdes charges financi\u00e8res aggrav\u00e9es par les frais d&rsquo;une campagne \u00e9lectorale en 1930 (candidats: G. Maz\u00e9as, R. Arot). Dans le m\u00eame temps les tracasseries polici\u00e8res continuent et mettent de nombreux obstacles \u00e0 la vente et \u00e0 la diffusion du journal. La crise financi\u00e8re, qui contraint le journal \u00e0 cesser de paraitre, se double d&rsquo;une crise politique \u00e0 la suite de la d\u00e9mission de M. Duhamel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1930, il se retire du P. A. B. avec les \u00e9l\u00e9ments f\u00e9d\u00e9ralistes et \u00ab gauchissants &gt; (M. Mar- chal. A. Gefflot, R. Creston, F. Eli\u00e8s&#8230;) qui essaient, sans succ\u00e8s durable, de fonder un nouveau journal \u00ab\u00a0La Bretagne F\u00e9d\u00e9rale\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Breiz Atao\u00a0\u00bb devient une petite revue mensuelle. Mais les \u00e9l\u00e9ments les plus d\u00e9cid\u00e9s qui l&rsquo;entourent (O. Mordrel, F. Debauvais, Y. Bricler, M. Guieyesse, C. Lain\u00e9&#8230;) ne vont pas tarder \u00e0 durcir leur position et \u00e0 abandonner le f\u00e9d\u00e9ralisme pour le nationalisme int\u00e9gral. Ils fondent le Parti National Breton (P. N. B.) en 1932.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.2.3. Le Parti National Breton<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes les Associations bretonnes sans exception, des r\u00e9gionalistes les plus mod\u00e9r\u00e9s aux nationalistes les plus avanc\u00e9s, protestent, en 1932, contre la tenue des f\u00eates qui doivent avoir lieu \u00e0 Vannes, le 7 ao\u00fbt 1932, sous la pr\u00e9sidence d&rsquo;\u00c9douard Herriot, Pr\u00e9sident du Conseil, pour c\u00e9l\u00e9brer le quatri\u00e8me centenaire de la r\u00e9union de la Bretagne \u00e0 la France. \u00c0 l&rsquo;aube du 7 ao\u00fbt, des inconnus, qui se font r\u00e9clament de l&rsquo;Association secr\u00e8te \u00ab Gwenn ha Du \u00bb, sauter \u00e0 Rennes le monument symbolisant l&rsquo;Union. Cet \u00e9v\u00e9nement donne un coup de fouet \u00e0 la propagande du P.N.B., qui en profite pour faire repartir avec succ\u00e8s Breiz Atao, bimensuel. Il a aussi une r\u00e9percussion internationale et attire l&rsquo;attention du monde entier sur les revendications du mouvement breton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En novembre 1932, Gwenn ha Du r\u00e9cidive en coupant la voie ferr\u00e9e \u00e0 Ingrandes, limite de la Bretagne, retardant consid\u00e9rable- ment le train du pr\u00e9sident Herriot qui se rendait \u00e0 Nantes inaugurer une plaque pour rappeler le quatri\u00e8me centenaire de l&rsquo;Union. Les nombreuses perquisitions et enqu\u00eates poli- ci\u00e8res restent sans r\u00e9sultat. Le P.N.B. d\u00e9clare n&rsquo;avoir rien de commun avec Gwenn ha Du.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">O. Mordrel, tant dans \u00ab\u00a0Breiz Atao\u00a0\u00bb que dans \u00ab\u00a0Stur\u00a0\u00bb, revue fond\u00e9e dans ce but, \u00e9labore la doctrine et la philosophie politique du mouvement nationaliste. Peu \u00e0 peu le P.N.B., malgr\u00e9 la r\u00e9ticence de certains \u00e9l\u00e9ments catholiques dont les fr\u00e8res Delaporte, s&rsquo;oriente vers le nationalisme int\u00e9gral et le s\u00e9paratisme, d\u00e9clarant n&rsquo;attendre plus rien de la France, incapable de se renouveler.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"https:\/\/pbs.twimg.com\/media\/FRgY_9yaUAE5eU5.jpg\" width=\"898\" height=\"898\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Olier Mordrel<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La position du P.N.B. se durcit d&rsquo;ailleurs \u00e0 mesure que la r\u00e9pression contre lui se fait plus s\u00e9v\u00e8re. En 1938, le gouvernement Daladier prend un d\u00e9cret-loi sp\u00e9cial pour r\u00e9primer les men\u00e9es autonomistes (le m\u00eame qui servira en Alg\u00e9rie !). Des condamnations \u00e0 la prison sont prononc\u00e9es contre certains militants. En novembre 1938, O. Mordrel et F. Debauvais sont condamn\u00e9s \u00e0 un an de prison, le premier avec sursis. Gwenn ha Du r\u00e9pond en faisant sauter \u00e0 Pontivy le monument de la F\u00e9d\u00e9ration. Alors que Debauvais sort de prison en juillet 1939, Breiz Atao est d\u00e9finitivement interdit. En ao\u00fbt, la police saisit le yatch Gwalarn, arr\u00eate son propri\u00e9taire l&rsquo;avocat Le Helloco et les militants bretons qui l&rsquo;accompagnaient, sous l&rsquo;accusation de transport d&rsquo;armes et de diffusion de tracts contre la guerre qui vient. A la veille de la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, O. Mordrel et F. Debauvais disparaissent pour \u00e9viter d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9s et essayer, \u00e0 l&rsquo;occasion du conflit, de jouer la carte bretonne sur le plan international.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.3 AUTRES TENTATIVES DE REGROUPEMENT<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.3.1. Sur le plan \u00ab\u00a0interne\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par l&rsquo;action qu&rsquo;il avait men\u00e9e au cours des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant la guerre, le P.N.B. avait pris une position de pointe par rapport \u00e0 l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Emsav. Beaucoup de militants cependant sentaient la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;unir toutes les forces bretonnes autour d&rsquo;un programme minimum et mod\u00e9r\u00e9. A la veille des \u00e9lections de 1936, un \u00ab Comit\u00e9 de Front Breton se cr\u00e9e pour demander aux candidats de former \u00e0 la Chambre, sans distinction de partis, un Groupe de D\u00e9put\u00e9s Bretons, dont la t\u00e2che serait de d\u00e9fendre plus efficacement les int\u00e9r\u00eats bretons, de r\u00e9clamer la cr\u00e9ation d&rsquo;une R\u00e9gion Bretonne et l&rsquo;enseignement de la langue bretonne \u00e0 tous les degr\u00e9s de l&rsquo;enseignement. 41 candidats, dont 15 sont \u00e9lus, approuvent ce programme. Un Comit\u00e9 de D\u00e9fense des Producteurs Bretons, pr\u00e9figuration du C. E. L. I. B., comprenant des d\u00e9put\u00e9s bretons de tous partis, se cr\u00e9e au Parlement. Pour appuyer ces efforts et veiller \u00e0 ce qu&rsquo;ils soient soutenus, toutes les Associations bretonnes sans exception, depuis la F\u00e9d\u00e9ration des Soci\u00e9t\u00e9s Bretonnes de Paris jusqu&rsquo;au P.N.B., en passant par l&rsquo;Acad\u00e9mie Bretonne, l&rsquo;U.R.B. et le Bleun-Brug, d\u00e9l\u00e9guent un des leurs pour les repr\u00e9senter \u00e0 Paris \u00e0 un Comit\u00e9 extra-parlementaire de Front Breton (secr\u00e9taire Y. Fou\u00e9r\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.3.2. Sur le plan international<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaucoup de militants pensaient aussi que le d\u00e9veloppement du droit et des institutions internationales, en abaissant progressivement les fronti\u00e8res et en limitant la souverainet\u00e9 absolue des grands \u00c9tats europ\u00e9eens, devaient b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 la Bretagne. A leurs efforts vont se joindre des militants de toutes les Associations bretonnes. \u00ab La Bretagne, avait dit le Professeur Le Fur, \u00e9minent sp\u00e9cialiste de droit international, au Congr\u00e8s du Bleun-Brug de Plougastel, en 1936, poss\u00e8de toutes les caract\u00e9ristiques d&rsquo;une minorit\u00e9 nationale. \u00bb Comme telle ses droits \u00e0 un traitement particulier et \u00e0 une l\u00e9gislation particuli\u00e8re devraient \u00eatre reconnus et garantis par l&rsquo;\u00c9tat dont elle fait partie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;effor\u00e7ant \u00e0 la fois de poursuivre l&rsquo;\u0153uvre du Comit\u00e9 des Minorit\u00e9s Nationales de France de 1927 et d&rsquo;\u00e9tendre plus largement ce combat \u00e0 toutes les minorit\u00e9s nationales et culturelles d&rsquo;Europe Occidentale non \u00ab\u00a0reconnues\u00a0\u00bb internationalement, la revue \u00ab\u00a0Peuples et Fronti\u00e8res\u00a0\u00bb, successivement dirig\u00e9e par Y. Delaporte et Yann Fou\u00e9r\u00e9, se cr\u00e9e en 1936. Des repr\u00e9sentants de toutes les minorit\u00e9s d&rsquo;Europe Occidentales des Iles F\u00e9ro\u00e9 et de l&rsquo;\u00c9cosse \u00e0 la Catalogne, en passant par le Pays de Galles, la Frise, la Flandre, l&rsquo;Alsace, la Bretagne, le Pays Basque, la Provence et de la Corse y collaborent r\u00e9guli\u00e8rement. La d\u00e9fense par la guerre du mythe de \u00ab\u00a0l&rsquo;Une et Indivisible\u00a0\u00bb, menac\u00e9 qui vient, incite toutefois le gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 interdire \u00ab\u00a0Peuples et Fronti\u00e8res\u00a0\u00bb en juillet 1939.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone aligncenter\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/8\/86\/Dh160911YannFouere.jpg\" width=\"353\" height=\"474\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Yann Fou\u00e9r\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9pression polici\u00e8re d&rsquo;une part, la mobilisation de l&rsquo;autre. mettent fin \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 apparente de l&rsquo;Emsav, en septembre 1939. Pendant les vingt ann\u00e9es qui s\u00e9parent les deux guerres, l&rsquo;Emsav de tendance \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb s&rsquo;est \u00e9largi et diversifi\u00e9. Il comprend d\u00e9sormais des mod\u00e9r\u00e9s (r\u00e9gionalistes et f\u00e9d\u00e9ralistes) et des avanc\u00e9s (nationalistes). Ses militants posent \u00e0 pr\u00e9sent la question bretonne en termes europ\u00e9ens, sinon mondiaux. Pour bon nombre d&rsquo;entre eux le probl\u00e8me breton a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un simple probl\u00e8me int\u00e9rieur fran\u00e7ais. Les \u00e9lites du monde entier savent d\u00e9sormais qu&rsquo;il existe une question bretonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5. LE MOUVEMENT CULTUREL ENTRE LES DEUX GUERRES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;action du mouvement culturel entre les deux guerres va se concentrer autour de la d\u00e9fense de la langue bretonne et la revendication de son enseignement dans les \u00e9coles. Dans ce domaine, comme dans le domaine politique et administratif. les conceptions unitaires et \u00ab\u00a0assimilatrices\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00c9tat et de l&rsquo;administration fran\u00e7aise vont s&rsquo;opposer \u00e0 celles des Bretons qui r\u00e9clament pour leur langue et leur culture les droits \u00e9l\u00e9mentaires reconnus \u00e0 tous les peuples civilis\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.1 PREMIERES D\u00c9MARCHES ET PREMIERS \u00c9CHECS<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5.1.1. Sans se d\u00e9courager par la fin de non recevoir qui avait accueilli la \u00ab P\u00e9tition pour le droit des langues et la libert\u00e9 des Peuples \u00bb, pr\u00e9sent\u00e9e par R. de l&rsquo;Estourbeillon \u00e0 la Conf\u00e9rence de la Paix, personnalit\u00e9s bretonnes et militants bretons recommencent leurs d\u00e9marches en faveur de l&rsquo;enseignement du breton dans les \u00e9coles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1919, Bouilloux-Lafont, d\u00e9put\u00e9 du Finist\u00e8re, rassemble et pr\u00e9sente au Ministre de l&rsquo;Instruction Publique une p\u00e9tition sign\u00e9e par les \u00e9l\u00e8ves des Lyc\u00e9es de Quimper. Les cinq conseils g\u00e9n\u00e9raux de Bretagne adoptent, en 1933, un v\u0153u pr\u00e9sent\u00e9 par la F. R. B. et la Conf\u00e9d\u00e9ration des Soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;Action Bretonne demandant l&rsquo;introduction du breton dans l&rsquo;enseignement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9put\u00e9s Inizan en 1921, Balanant en 1922, Tremintin en 1924, demandent, \u00e0 la Tribune de la Chambre, qu&rsquo;il soit fait droit aux demandes de la Bretagne de voir sa langue enseign\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Congr\u00e8s Interceltique de Quimper, en 1924, organis\u00e9 par R. de l&rsquo;Estourbeillon et P. Mocaer, avec le concours de I&rsquo;U. R. B., de l&rsquo;Association Bretonne, du Gorsedd, de la Chambre de Commerce et la Municipalit\u00e9 de Quimper, est l&rsquo;occasion pour l&rsquo;opinion bretonne de renouveler ces demandes en \u00e9voquant par comparaison le sort des autres langues celtiques &#8211; ga\u00e9lique et gallois &#8211; enseign\u00e9es dans toutes les \u00e9coles primaires et secondaires des pays o\u00f9 elles sont parl\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5.1.2. Face \u00e0 ces demandes bretonnes, l&rsquo;attitude hostile et anti-lib\u00e9rale du gouvernement et de l&rsquo;administration fran\u00e7aise se confirme: A. Rio et Yves Le Trocquer, ministres bretons du gouvernement Poincar\u00e9 entre 1920 et 1924, se font rappeler \u00e0 l&rsquo;ordre par le Pr\u00e9sident du Conseil pour avoir utilis\u00e9 le breton dans certains de leurs discours officiels en Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 20 d\u00e9cembre 1924, Fran\u00e7ois Albert, Ministre de l&rsquo;Instruction Publique, pr\u00e9cise dans une circulaire que l&rsquo;usage des \u00ab\u00a0idiomes locaux\u00a0\u00bb est \u00e0 prescrire dans les \u00e9coles, m\u00eame pour faciliter l&rsquo;enseignement du fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. de Monzie, successeur de Fran\u00e7ois Albert, renouvelle, dans une autre circulaire, l&rsquo;interdit contre la langue bretonne dont l&rsquo;usage doit \u00eatre strictement proscrit dans l&rsquo;enceinte des \u00e9coles. Inaugurant le Pavillon de la Bretagne \u00e0 l&rsquo;Exposition des Arts D\u00e9coratifs en Juillet 1925, il y prononce la phrase c\u00e9l\u00e8bre qui r\u00e9sume l&rsquo;attitude du gouvernement et de l&rsquo;administration : <strong>\u00ab Pour l&rsquo;unit\u00e9 linguistique de la France, la langue bretonne doit dispara\u00eetre \u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s la fin de 1925, les Conseils G\u00e9n\u00e9raux du Finist\u00e8re, des C\u00f4tes-du-Nord et du Morbihan protestent contre la circulaire de Monzie. En 1926, I&rsquo;U. R. B. proteste aupr\u00e8s du Pr\u00e9sident Poincar\u00e9 au moment des affaires alsaciennes. Cette m\u00eame ann\u00e9e, les d\u00e9put\u00e9s Inizan et Tr\u00e9mintin renouvellent sans succ\u00e8s leurs protestations devant la Chambre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a05.2. LA D\u00c9FENSE DU BASTION<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Proscrite de l&rsquo;\u00e9cole, combattue par l&rsquo;administration, battue en br\u00e8che par le service militaire et l&rsquo;envahissement de la presse et de la radio en fran\u00e7ais, la langue bretonne, si elle perdait lentement du terrain dans la population, ne voulait cependant pas dispara\u00eetre. Des \u00e9lites nouvelles se l\u00e8vent pour la d\u00e9fendre, en faire une langue \u00e9volu\u00e9e et un instrument moderne de culture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5.2.1. Les \u00e9lites bretonnes d\u00e9montrent que la langue bretonne n&rsquo;est pas un quelconque \u00ab\u00a0patois\u00a0\u00bb. Les trois vaillantes publications qui ne cesseront de para\u00eetre pendant toute cette p\u00e9riode l&rsquo;hebdomadaire d&rsquo;Yves Le Moal (Breiz) et la revue de l&rsquo;abb\u00e9 Perrot (Feiz ha Breiz). toutes deux publi\u00e9es en K. L. T., la revue de Loeiz Herrieu (Dihunamb) publi\u00e9e en vannetais s&rsquo;efforcent de maintenir dans le peuple la lecture du breton populaire. D&rsquo;autres publications, parmi lesquelles toutes celles de l&rsquo;Emsav et de nombreux Bulletins paroissiaux, les imitent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est en 1925, l&rsquo;ann\u00e9e de de Monzie, que para\u00eet le premier num\u00e9ro de Gwalarn, revue litt\u00e9raire r\u00e9dig\u00e9e exclusivement en breton et anim\u00e9e par Roparz Hemon. Son ambition est de doter la Bretagne d&rsquo;une langue litt\u00e9raire capable d&rsquo;exprimer toutes les nuances de la pens\u00e9e et de la technique moderne. \u00ab Pour ce faire, dit son \u00ab\u00a0premier et dernier Manifeste en fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, fermant la porte aux patois, elle adoptera une langue de forme classique et une orthographe rigoureusement unifi\u00e9e&#8230; Il s&rsquo;agit de savoir s&rsquo;il existe en Bretagne un public assez instruit du breton pour pouvoir comprendre la langue litt\u00e9raire, aussi distante de la langue du paysan breton que la langue d&rsquo;Anatole France l&rsquo;est de celle du paysan fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gwalarn, qui para\u00eetra sans interruption jusqu&rsquo;en 1939, poursuit ainsi l&rsquo;\u0153uvre de Le Gonidec. E. Ernault, F. Vall\u00e9e, Meven Mordiern&#8230; et contribue \u00e0 \u00e9purer et \u00e0 enrichir la langue bretonne. Elle la dote d&rsquo;une litt\u00e9rature d&rsquo;expression moderne et d&rsquo;ouvrages appartenant \u00e0 toutes les disciplines intellectuelles, des math\u00e9matiques \u00e0 la philosophie et \u00e0 la po\u00e9sie, en passant par des ouvrages litt\u00e9raires et des traductions d&rsquo;oeuvres classiques et \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.2.2. Litt\u00e9rature et po\u00e9sie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande majorit\u00e9 de la production litt\u00e9raire bretonne entre les deux guerres, \u00e0 part celle de F. Le Lay et de Tanguy Malmanche dont les \u0153uvres principales sont publi\u00e9es ou r\u00e9dig\u00e9es avant 1925, se rattachent de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Gwalarn. Des nouvelles, des romans et des contes (J. Riou, Y. Drezen, R. Hemon, Abeozen, K. Kongar, Y. Berthou&#8230;), des essais et souvenirs de voyage R. Hemon, F. Vall\u00e9e&#8230;), des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre (T. Mal- manche, R. Hemon&#8230;), des recueils de po\u00e9sie (X. de Langlais, F. Meaven, R. Hemon, L. Ar Floch&#8230;). des ouvrages historiques (M. Mordiern&#8230;). une g\u00e9om\u00e9trie (L. Kerjean), de nombreuses traductions du gallois, de l&rsquo;irlan- dais et d&rsquo;auteurs anciens et modernes sont publi\u00e9s par Gwalarn ou sous son \u00e9gide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Loeiz Herrieu poursuit pour le dialecte vannetais une action litt\u00e9raire de grand m\u00e9rite. Autour de Dihunamb se grou- pent d&rsquo;excellents \u00e9crivains : Y. Le Diberder, R. Le Masson, Le Bayon&#8230; Les \u00e9migr\u00e9s bretons de la R\u00e9gion parisienne, d&rsquo;autre part, cr\u00e9ent, dans les ann\u00e9es 30, une autre revue litt\u00e9raire, SAV. proche du breton populaire, mais r\u00e9dig\u00e9e dans la langue et l&rsquo;orthographe de Gwalarn.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En m\u00eame temps que ce mouvement de renaissance litt\u00e9- raire, un gros effort est fait pour multiplier l&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;ou- vrages de grammaire et de linguistique, de m\u00e9thodes de breton, etc&#8230;, afin de faciliter l&rsquo;\u00e9tude et l&rsquo;enseignement de la langue: grammaires, exercices, dictionnaires, lexiques breton-fran\u00e7ais et fran\u00e7ais-breton de R. Hemon; \u00ab Grand Dictionnaire fran\u00e7ais-breton \u00bb de Fran\u00e7ois Vall\u00e9e ; \u00ab\u00a0Grammaire galloise\u00a0\u00bb d&rsquo;Abezoen, etc&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.2.3. La propagande pour la langue<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Persuad\u00e9e de l&rsquo;importance capitale de la diffusion du livre breton parmi les enfants, Gwalarn fait un effort particulier pour publier en un breton simple, mais correct et pur, des contes et r\u00e9cits \u00e0 la port\u00e9e des enfants d&rsquo;\u00e2ge scolaire. Une \u0153uvre sp\u00e9ciale, celle de Brezoneg ar Vugale, est cr\u00e9\u00e9e pour la diffusion dans les \u00e9coles de ces livres d&rsquo;enfants. Le Brezoneg eeun ou \u00ab Breton simple \u00bb, de Roparz Hemon, et la publication d&rsquo;une grammaire \u00e9l\u00e9mentaire r\u00e9pondent \u00e0 la m\u00eame pr\u00e9occupation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anim\u00e9 des m\u00eames soucis, le Bleun Brug dote sa revue, en 1933, d&rsquo;un suppl\u00e9ment pour enfants: Feiz ha Breiz ar Vugale, dirig\u00e9 par les fr\u00e8res Caouissin. Les Congr\u00e8s du Bleun Brug sont l&rsquo;occasion de concours de r\u00e9citation en breton par les enfants des \u00e9coles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des troupes de chanteurs et d&rsquo;acteurs populaires, donnant des s\u00e9ances de chant, de d\u00e9clamation et des repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales en breton, des chorales paroissiales, fonctionnent sous l&rsquo;\u00e9gide de Dihunamb et du Bleun Brug. Les premiers cercles celtiques se cr\u00e9ent ainsi que la K. A. V. (Conf\u00e9d\u00e9- ration des Sonneurs de Biniou).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux ans avant la seconde guerre mondiale, des efforts sont tent\u00e9s sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo; Ar Brezoneg er Skol pour r\u00e9aliser l&rsquo;unification orthographique totale entre le vannetais et le K. L. T., afin de cr\u00e9er une langue litt\u00e9raire unique et faciliter ainsi un enseignement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 du breton dans toutes les \u00e9coles de Bretagne. Ces efforts \u00e9chouent en raison de l&rsquo;opposition de certains d\u00e9fenseurs du K. L. T., notamment de Meven Mordiern, R. Hemon et F. Vall\u00e9e. Les tenants de l&rsquo;unification orthographique n&rsquo;en continuent pas moins leurs efforts qui aboutiront quelques ann\u00e9es plus tard, en 1941.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.3 LES D\u00c9FENSEURS DU BRETON PRENNENT L&rsquo;OFFENSIVE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 tous ces efforts, l&rsquo;attitude obscurantiste du gouvernement fran\u00e7ais, qui persistait \u00e0 proscrire la langue bretonne des programmes d&rsquo;enseignement et des examens, devenait chaque jour plus anachronique et l&rsquo;injustice de cette position plus criante. Entre 1930 et 1939 la lutte des Bretons va s&rsquo;intensifier pour faire aboutir les revendications culturelles de la Bretagne et obtenir des r\u00e9sultats pratiques dans l&rsquo;enseignement de la langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.3.1 Ar Brezoneg er Skol\u00bb fait la preuve de la volont\u00e9 populaire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cr\u00e9\u00e9e en 1934 par un groupe d&rsquo;\u00e9tudiants bretons (Yann Fou\u00e9r\u00e9, R. Audic, J. Marzin, Y. Briand&#8230;). Ar Brezoneg er Skol, Union pour l&rsquo;enseignement du breton, d\u00e9cide de reprendre une tentative isol\u00e9e du Dr Le Cam aupr\u00e8s du Conseil Municipal de Guerlesquin, et d&rsquo;organiser parmi tous les Conseils Municipaux de Bretagne une campagne de v\u0153ux en faveur de l&rsquo;enseignement de la langue bretonne dans les \u00e9coles. Le v\u0153u propos\u00e9 aux Conseils Municipaux demande que la langue bretonne \u00ab soit enseign\u00e9e officiellement en m\u00eame temps que le fran\u00e7ais dans toutes les \u00e9coles publiques de Basse-Bretagne \u00bb et r\u00e9clame \u00ab\u00a0son entr\u00e9e officielle dans l&rsquo;enseignement secondaire \u00e0 titre de seconde langue facultative valable pour l&rsquo;obtention des titres et dipl\u00f4mes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le succ\u00e8s de la campagne d&rsquo; Ar Brezoneg er Skol est imm\u00e9diat. En trois ans et demi d&rsquo;une campagne \u00e9nergique et persistante, renouvel\u00e9e deux fois par an aupr\u00e8s de tous les Conseils Municipaux, 346 communes, dont 300 appartenant \u00e0 la Basse-Bretagne et repr\u00e9sentant plus de la moiti\u00e9 de la population de cette derni\u00e8re, avaient adopt\u00e9 le v\u0153u pr\u00e9sent\u00e9 par Ar Brezoneg er Skol. Ce m\u00eame v\u0153u avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 par les trois Conseils G\u00e9n\u00e9raux de Basse-Bretagne, les Soci\u00e9t\u00e9s savantes de Bretagne, toutes les Soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;action bretonne et de nombreuses associa- tions bretonnes de France et de l&rsquo;\u00e9tranger. Il \u00e9tait soutenu par les d\u00e9put\u00e9s bretons de tous les partis, qui participaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, sur la m\u00eame tribune, aupr\u00e8s des d\u00e9fenseurs d&rsquo; Ar Brezoneg er Skol, aux r\u00e9unions publiques organis\u00e9es par cette derni\u00e8re en faveur de l&rsquo;enseignement du breton. Le Comit\u00e9 de Front Breton (Secr\u00e9taire Yann Fou\u00e9r\u00e9), \u00e9manation de toutes les Soci\u00e9t\u00e9s bretonnes et qui avait fait siennes les revendications d&rsquo; Ar Brezoneg er Skol, demande, entre autres, dans le programme qu&rsquo;il propose aux candidats aux \u00e9lections de 1936, l&rsquo;enseignement \u00e0 tous les degr\u00e9s de la langue bretonne et sa reconnaissance aux examens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au mois de juin 1937, une d\u00e9l\u00e9gation du Comit\u00e9 de Front Breton demande au Ministre de l&rsquo;Education Nationale \u00e0 Paris, l&rsquo;application imm\u00e9diate des mesures pratiques suivantes : la lev\u00e9e de l&rsquo;interdiction de l&#8217;emploi du breton dans les classes et \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ; la possibilit\u00e9 d&rsquo;ouvrir des cours facultatifs de breton en dehors des heures de classe et pendant les loisirs \u00a0dirig\u00e9s ; enseignement obligatoire du breton dans les \u00e9coles normales primaires des trois d\u00e9partements bretonnants; reconnaissance du breton comme deuxi\u00e8me langue facultative au baccalaur\u00e9at.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00eame d\u00e9marche est renouvel\u00e9e en 1938 par les d\u00e9put\u00e9s Desgranges et Le Bail et les dirigeants d&rsquo; Ar Brezoneg er Skol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 30 juin 1937, impressionn\u00e9e par l&rsquo;ensemble des volont\u00e9s qui se manifestait et par l&rsquo;adh\u00e9sion massive des Conseils Municipaux de Bretagne, la Commission de l&rsquo;Enseignement de la Chambre des D\u00e9put\u00e9s adopte, \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9, le rapport du Chanoine Desgranges sur une Proposition de loi Tr\u00e9mintin et invite le gouvernement \u00e0 \u00ab \u00e0 mettre en application de mani\u00e8re progressive l&rsquo;enseignement de la langue bretonne parall\u00e8lement \u00e0 celui de la langue fran\u00e7aise dans les \u00e9coles primaires, les \u00e9coles primaires sup\u00e9rieures, les lyc\u00e9es et coll\u00e8ges du Finist\u00e8re et de la r\u00e9gion bretonnante des C\u00f4tes-du-Nord et du Morbihan, ainsi que dans les \u00e9coles normales primaires de ces trois d\u00e9partements\u00a0\u00bb. Le nombre des Conseils Municipaux apportant leur adh\u00e9sion aux revendications d&rsquo;Ar Brezoneg er Skol ne cessera de s&rsquo;accro\u00eetre dans les ann\u00e9es suivantes : il d\u00e9passera le cap des 500 \u00e0 la fin de 1939.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.3.2. Quelques r\u00e9sultats pratiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le domaine l\u00e9gal, malgr\u00e9 la volont\u00e9 nettement exprim\u00e9e des Bretons, le gouvernement fran\u00e7ais n&rsquo;avait pratiquement fait aucune concession en 1939. La seule mesure conc\u00e9d\u00e9e \u00e0 l&rsquo;opinion bretonne \u00e9tait l&rsquo;autorisation d&rsquo;ouvrir des cours facultatifs de breton et au cours des loisirs dirig\u00e9s dans les \u00e9coles primaires en dehors des heures de classe, comme il avait \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 pour l&rsquo;esp\u00e9ranto. Ar Brezoneg er Skol s&rsquo;organise imm\u00e9diatement pour tirer n\u00e9anmoins parti de cette concession. Abel Omn\u00e8s ouvre le premier cours de breton, en 1938, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Plougrescant. D&rsquo;autres s&rsquo;organisent gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;aide et \u00e0 l&rsquo;action d&rsquo; Ar Falz. Ar Falz, Bulletin mensuel des Instituteurs la\u00efques partisans de l&rsquo;enseignement du breton, cr\u00e9\u00e9 en 1933 par l&rsquo;instituteur Yann Sohier, continu\u00e9 par J. Kerlann et A. Keravel apr\u00e8s la mort de Sohier en 1935, s&rsquo;\u00e9tait donn\u00e9 pour objectif de convaincre les milieux de l&rsquo;\u00e9cole publique la\u00efque traditionnellement hostiles \u00e0 l&rsquo;enseignement de la langue. D&rsquo;une orientation sociale nettement situ\u00e9e \u00e0 gauche. Ar Falz revendique le breton comme langue usuelle de l&rsquo;enseigne- ment dans les \u00e9coles de Basse-Bretagne. le fran\u00e7ais y restant langue auxiliaire. Ar Falz publie des textes scolai- res, des le\u00e7ons d&rsquo;histoire, de g\u00e9ographie, d&rsquo;arithm\u00e9tique&#8230; en breton et organise des concours de breton entre \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles publiques. Il apporte en m\u00eame temps son con- cours \u00e0 la propagande pour les droits de la langue et pr\u00e9pare l&rsquo;\u00e9dition de livres et manuels scolaires pour les \u00e9coles la\u00efques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entra\u00een\u00e9e par l&rsquo;\u00e9volution des id\u00e9es, l&rsquo;\u00e9cole libre d\u00e9cide d&rsquo;entr&rsquo;ouvrir officiellement la porte \u00e0 la langue bretonne. Des instructions de 1930, renouvel\u00e9es en 1935, de l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 de Quimper, imit\u00e9es par les \u00e9v\u00each\u00e9s de Vannes et Saint- Brieuc, prescrivent dans les \u00e9coles de ces dioc\u00e8ses l&rsquo;organisation de cours consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;enseignement de la langue, de l&rsquo;histoire et de la g\u00e9ographie de la Bretagne. L&rsquo;association Breuriez ar Brezoneg er Skoliou, cr\u00e9\u00e9e en 1933 et dirig\u00e9e par R. Delaporte, s&rsquo;organise pour essayer de faire g\u00e9n\u00e9raliser l&rsquo;application de ces instructions, fournir aux ma\u00eetres et aux \u00e9l\u00e8ves les livres d&rsquo;enseignement n\u00e9cessaires, organiser entre les \u00e9coles libres des concours et examens de breton, dot\u00e9s de prix, pour les ma\u00eetres et les \u00e9l\u00e8ves. De son c\u00f4t\u00e9, le Comit\u00e9 des Classiques bretons publie des livres d&rsquo;enseignement du breton pour les \u00e9coles libres, dont la m\u00e9thode \u00ab Le Fran\u00e7ais par le Breton \u00bb de l&rsquo;abb\u00e9 Le Bozec. Un effort est \u00e9galement fait durant cette p\u00e9riode pour l&rsquo;organisation de cours d&rsquo;adultes par les cercles celtiques et associations culturelles. L&rsquo;Association Ar Simbol, cr\u00e9\u00e9e par Gwalarn, r\u00e9serve le port d&rsquo;un insigne sp\u00e9cial aux personnes ayant subi avec succ\u00e8s des \u00e9preuves \u00e9crites et orales de breton. Les premiers cours par correspondance s&rsquo;organisent et vont accomplir un progr\u00e8s d\u00e9cisif \u00e0 la suite de la cr\u00e9a- tion, en 1933, de Ober, dirig\u00e9e par Marc&rsquo;harid Gourlaouenn et K. Kongar. Un travail similaire est fait dans le vannetais par la Brediah Brehoneg Biu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me guerre mondiale n&rsquo;arr\u00eatera tous ces efforts que pendant quelques mois. D\u00e8s l&rsquo;armistice, la propagande en faveur de la langue bretonne va reprendre. Gr\u00e2ce au d\u00e9sarroi du gouvernement fran\u00e7ais dont les conceptions traditionnelles avaient chancel\u00e9 dans la d\u00e9faite et, de plus, divis\u00e9 par de profondes querelles intestines, gr\u00e2ce aussi aux efforts accrus des forces bretonnes et \u00e0 leur regroupement, des r\u00e9sultats concrets seront cette fois obtenus dans le domaine l\u00e9gal au cours de la p\u00e9riode 1940-1944.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Yann Fou\u00e9r\u00e9<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Emsav n&rsquo;est pas une cr\u00e9ation r\u00e9cente. Il n&rsquo;est n\u00e9 ni avec le XXe si\u00e8cle, ni m\u00eame avec le XIXe. 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