Les 22 et 23 août 2026, sur les terres historiques de Steenstrate, près d’Ieper (Ypres) en Flandre occidentale, s’est tenu l’IJzertreffen. Successeur de l’IJzerwake, cet événement annuel perpétue une tradition née des tranchées de la Première Guerre mondiale. Une délégation du Parti National Breton (PNB), menée par son président Erwan Pradier, y a pris une part active.
Ur dileuridigezh eus @pnbsbb a gemeret perzh gant valc’hder e @IJzertreffen. Degemeret tomm ha kalonek gant ar vrogarourien flamank, dreist-holl re @voorpost ha @nsvnationaal, hor stourmerien o deus bevet ur mare kreñv a vreudeuriezh evit un Europa ar pobloù.#IJzertreffen pic.twitter.com/MZsjRaDC0v
— Parti National Breton | Strollad Broadel Breizh (@pnbsbb) September 1, 2026
Accueillis chaleureusement par les patriotes flamands, notamment ceux de Voorpost et du NSV, les militants bretons ont vécu un moment intense de fraternité, symbolisé notamment par leur présence dans la parade des drapeaux. Ce rendez-vous illustre la continuité d’un combat nationaliste partagé entre deux peuples européens attachés à leur identité, leur langue et leur droit à l’autodétermination.
Les racines historiques de l’événement
L’histoire de l’IJzertreffen plonge ses racines dans le front de l’Yser. Pendant la Grande Guerre, des milliers de soldats flamands, souvent commandés par des officiers francophones, ont combattu et souffert dans des conditions terribles. De cette expérience est née la Frontbeweging, qui revendiquait le respect de la langue et de la culture flamandes. Après 1918, cette aspiration s’est cristallisée dans l’IJzerbedevaart, pèlerinage annuel inauguré en 1920 pour honorer les morts flamands. Le message des frontsoldats – « Nooit meer oorlog » (plus jamais de guerre), « Zelfbestuur » (autonomie) et « Godsvrede » (trêve de Dieu) – est resté le fil rouge.
En 2003, une aile plus résolument nationaliste a créé l’IJzerwake à Steenstrate, près du monument des frères Van Raemdonck, soldats flamands tombés en 1917. En 2025, l’événement a évolué vers une formule plus familiale et festive sous le nom d’IJzertreffen, tout en conservant le cœur traditionnel : la veille solennelle (IJzerwake), les hommages, la culture populaire et l’affirmation identitaire. Le lieu n’est pas anodin. Steenstrate, dans le Westhoek, incarne le souvenir des combats de 1914-1918 et demeure un haut lieu de mémoire pour la cause flamande.
Le programme et les organisations présentes
Le programme 2026 s’est déroulé sur deux jours. Le samedi a offert un cadre convivial : ouverture du camping, randonnées guidées, parcours vélo et moto, jeux traditionnels (volksspelen), village des enfants (kinderdorp), stands associatifs et commerciaux, musique et soirée de chants avec le Groot Vlaams Zangorkest. Le dimanche a concentré les moments forts : l’IJzerwake de 11h à 12h15, un panel-débat sur le thème « Un climat de peur » avec Lode Goukens, Michael Verstraeten et Ferdinand Meeus (modéré par Roan Asselman), la parade des drapeaux (vlaggenparade) à 14h40, des démonstrations d’artisans traditionnels (ambachtendorp), des expositions et des prestations musicales.

Parmi les organisations présentes figuraient notamment Voorpost, le NSV (Nationalistische Studentenvereniging) et d’autres associations de la mouvance nationaliste flamande. Ces groupes ont contribué à l’ambiance fraternelle et déterminée qui a marqué le week-end.
Les liens historiques entre Bretons et Flamands
Bien avant les combats nationalistes modernes, la Bretagne et la Flandre entretenaient des relations étroites à l’époque où elles jouissaient encore d’une large indépendance. Dès le XIIe siècle, une tradition d’alliances matrimoniales unit les deux principautés. Au XIVe siècle, ces liens se renforcent nettement : en 1323, Jeanne de Bretagne épouse Robert de Cassel, fils du comte Robert de Béthune ; vers 1329, Jean de Montfort épouse Jeanne de Flandre, sœur de Louis de Crécy. Ces mariages ne sont pas de pure formalité. Pendant la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365), le soutien flamand à la cause des Montfort s’avère concret. Lorsque Jean de Montfort est capturé, sa femme Jeanne de Flandre lève une armée composée de Bretons et de Flamands pour reprendre Redon et Guérande. Plus tard, Jean IV trouve refuge à plusieurs reprises à la cour de Louis de Male, comte de Flandre, et bénéficie de sa médiation face au roi de France Charles V. Sur le plan économique, le cabotage breton joue un rôle essentiel : les navires bretons assurent le transport du vin, des draps et d’autres denrées entre les ports bordelais, bretons et flamands. La position stratégique de la Bretagne, contrôlant les routes maritimes de l’Atlantique, intéresse directement les Flamands, dont la prospérité repose en grande partie sur le commerce textile et les échanges avec l’Angleterre. À la fin du Moyen Âge, l’alliance se poursuit sous les ducs de Bourgogne, héritiers des comtes de Flandre. Philippe le Hardi intervient comme arbitre dans les conflits bretons et devient même régent du duché en 1402. Les deux principautés resserrent leurs liens face à l’affirmation progressive de la monarchie française. En 1487 encore, des troupes flamandes débarquent à Saint-Malo pour soutenir les Bretons contre l’invasion française. La logique stratégique est claire : deux États princiers riches, ouverts sur la mer, cherchent à préserver leur indépendance face à la pression capétienne puis valoisienne. En s’appuyant mutuellement, et parfois sur l’Angleterre, ils tentent de maintenir un équilibre favorable à leur indépendance. Ces relations entre États breton et flamand constituent un précédent significatif des solidarités qui se retrouvent encore aujourd’hui.
Les liens dans le combat nationaliste moderne
Les relations entre nationalistes bretons et flamands ne datent pas d’hier. Dès les années 1920, le mouvement breton s’intéresse au réveil flamand. En juillet 1921, Olier Mordrel écrit dans Breiz Atao sur « le réveil flamand ». En février 1925, Mordrel, Morvan Marchal et le chanteur Emile Cueff se rendent en Belgique pour rencontrer des étudiants nationalistes flamands. Le congrès de Rosporden des 10 et 11 septembre 1927 constitue un moment clé : des représentants flamands y assistent aux côtés d’Alsaciens, de Corses et de Celtes. Breiz Atao et les militants de l’époque défendent une Europe des peuples où chaque nation pourrait s’épanouir librement.
L’accueil chaleureux et la participation des Bretons
La délégation du PNB a été reçue avec une chaleur sincère. Les militants de Voorpost et du NSV ont multiplié les gestes de fraternité, soulignant la communauté de destin entre les deux peuples. Erwan Pradier, président du Parti National Breton, a incarné cette présence en compagnie des autres militants du Parti. Les Bretons ont pris part avec émotion à la parade des drapeaux du dimanche après-midi. Les Gwenn-ha-Du claquaient au vent aux côtés des drapeaux flamands, symbole fort d’une Europe des nations souveraines.









Les militants du PNB ont exprimé leur profonde satisfaction. Ils ont salué l’organisation impeccable, l’atmosphère familiale et patriotique, et surtout la qualité des échanges. Les remerciements adressés aux hôtes flamands ont été chaleureux et sincères : « Merci aux patriotes flamands pour cet accueil fraternel. Notre combat est commun. »Une note positive pour l’avenirL’IJzertreffen 2026 restera dans les mémoires comme un moment de communion authentique. Loin des polémiques médiatiques, Bretons et Flamands ont réaffirmé leur attachement à leurs racines, à leur langue et à leur droit à disposer d’eux-mêmes. Dans une Europe où les identités sont souvent malmenées, de telles rencontres rappellent que la fraternité des peuples libres demeure possible et nécessaire.
Le Parti National Breton repart de Steenstrate plus déterminé que jamais. L’invitation a été lancée : les patriotes flamands seront les bienvenus en Bretagne. Ensemble, pour une Europe des peuples, où chaque nation pourra enfin vivre pleinement sa destinée.
Breizh atav ! Vlaanderen vooruit !
Budig Gourmaelon
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