En Kanaky, une dixième personne a été assassinée par les troupes d’occupation françaises.
🇳🇨 Un homme a été tué ce mercredi par les forces de l’ordre dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, ce qui porte à dix le nombre de morts depuis le début des troubles dans l’archipel il y a près de deux mois, a indiqué le parquet de Nouméa #AFP pic.twitter.com/vLevawSvwv
— Agence France-Presse (@afpfr) July 10, 2024
Rock Victorin Wamytan a été tué par un sniper de la police militaire française alors qu’il se trouvait sur un barrage routier.
Ce mercredi 10 juillet au matin, il a reçu une balle en pleine poitrine, tirée par un sniper du GIGN. Les faits se sont produits sur la commune du Mont-Dore, à la tribu de Saint-Louis, lors d’une opération de déblocage d’une route stratégique, la seule qui relie le sud de la Grande Terre au reste du territoire.
Il est le dixième mort lors des révoltes qui touchent la Kanaky-Nouvelle-Calédonie depuis le 13 mai dernier : deux gendarmes, dont l’un tué par un tir accidentel d’un collègue, et huit jeunes Kanaks, tous tués par balles, soit par les gendarmes, soit par des miliciens armés. L’un d’eux s’étaient rendu à la police en mai après le meurtre du jeune Jybril, âgé de 19 ans.
Selon le parquet de Nouméa, le GIGN a procédé à un « tir de riposte ». « A ce stade de l’enquête, et sous réserve des investigations en cours, l’hypothèse d’une action de légitime défense pourrait être privilégiée au vu des circonstances ayant amené le gendarme à faire usage de son arme de service », a estimé le procureur.
Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet, l’une pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
La veille des faits, le Haut-commissaire de la République, Louis Le Franc, avait à nouveau menacé les jeunes. En mai, il avait déclaré qu’ « ils prennent le risque de se faire tuer. Des unités d’élite de la gendarmerie sont sur zone, comme le GIGN ».
Le nom de Wamytan est connu sur l’archipel : Rock Victorin Wamytan est le neveu de Roch Wamytan, grand chef de la tribu de Saint-Louis, président du Congrès de Kanaky-Nouvelle-Calédonie (l’assemblée du territoire), une figure indépendantiste, signataire des Accords de Nouméa de 1998. En mai, il estimait que les dirigeants politiques indépendantistes avaient été « dépassés par la jeunesse » kanak, qui paie un très lourd tribut lors de ces révoltes anticoloniales.
La répression coloniale va en s’intensifiant en Kanaky et l’impasse politique est désormais totale.
Ewen Broc’han
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