7 août 1932 : le groupe armé Gwenn ha Du détruit l’infâme monument célébrant l’annexion de la Bretagne

Le 7 août 1932, l’organisation Gwenn ha Du lave l’honneur de la nation bretonne en faisant sauter à Rennes le monument célébrant l’annexion de la Bretagne par les Français.

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La statue est une œuvre de propagande de Jean Boucher représentant la duchesse Anne de Bretagne agenouillée devant le roi de France Charles VIII, et symbolisant l’annexion de la Bretagne par la France. Elle est inaugurée le 29 octobre 1911 à Rennes pour marquer le 420e anniversaire du mariage des deux souverains, et par décision du conseil municipal elle occupe une niche de l’hôtel de ville de Rennes où, jusqu’à la Révolution française, était présente une autre statue figurant Louis XV, qui figurait déjà le thème de l’annexion de la Bretagne et de la France.

Le 7 août sont prévues à Vannes des célébrations pour marquer le 400e de l’annexion de la Bretagne à la France, auxquelles doit participer le président du gouvernement français Édouard Herriot. Depuis la veille au soir, des militants bretons de différents partis ayant fait le déplacement pour perturber les célébrations — dont le président du PNB François Debeauvais — sont retenus en garde à vue à titre préventif et ne sont relâchés que le 7 au matin.

La bombe utilisée est préparée par Célestin Lainé, ingénieur chimiste de formation, et c’est un autre militant, André Geffroy, qui place le mécanisme dans le monument, au niveau de la couronne. Lainé aurait testé un premier engin dans la lande à Saint-Aubin-du-Cormier un peu auparavant, y brûlant sa veste au passage, en raison de son manque d’expérience dans le domaine des explosifs. La bombe qu’il fournit à Geffroy est composée d’une boîte de lait de marque « Gloria » remplie de nitroglycérine. Le détonateur aurait été fourni par Jeanne Coroller. L’explosion retentit à 4 h 40, projetant au sol la statue et la fragmentant en plusieurs morceaux, pulvérisant par la même occasion les fenêtres dans un rayon de 100 mètres. Aucune des deux personnes présentes dans l’hôtel de ville n’est blessée.

Dans une lettre envoyée à la presse pour revendiquer l’action, le signataire Gwenn ha Du indique : « Nous ouvrons la lutte pour l’indépendance de notre pays en ce jour anniversaire de notre annexion par la destruction du symbole de notre asservissement qui trône au centre de notre capitale. ». D’autres activistes, en plus de Lainé, composent le groupe à cette époque, comme Le Helloco ou Fant Rozec.

La destruction de ce monument de propagande infamant est depuis devenu un des symboles de la résistance à l’occupation française pour l’Emsav.

Bretons, souvenons-nous !

Ewen Broc’han

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By La rédaction

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