Parfait symbole de la discrimination généralisée qu’impose l’État français aux enfants bretons scolarisés dans leur langue, Diwan continue de faire face à la précarité financière.
Le réseau scolaire Diwan enregistre une baisse d’inscrits en cette rentrée 2024. Certes plus légère que dans d’autres filières mais avec 40 éléments en moins dans le primaire et 40 dans le secondaire (chiffres à consolider) – ce qui porterait l’effectif total à environ 3 930 élèves -, ce sont des recettes en moins qui pèsent leur poids.
En cette période de hausse des coûts de fonctionnement, l’association, qui avait déjà bouclé l’année 2023 sur un déficit, se retrouve avec un problème de finance à régler urgemment. « Nous avons besoin de 500 000 € pour boucler le budget 2024 », a annoncé Yann Uguen, ce jeudi matin, à Brest, à l’occasion de la conférence de presse de rentrée. Pour le président du réseau de l’école bretonne associative, alors que la participation des partenaires publics a décru tout en subvenant néanmoins à 46 % du budget actuel de 6,20 M€, le salut viendra des donateurs.
« Aujourd’hui, nous lançons un cri d’alarme pour que cela mobilise et nous évite de devoir faire des arbitrages budgétaires en fin d’année », explique Yann Uguen. Avertis de cette situation financière préoccupante, des parents de comités de soutiens montrent déjà l’exemple : « Certains ont décidé d’organiser un fest-noz. La solidarité du réseau, c’est la force de Diwan », se rassure Soaz Plantec-Rousic, de la direction du second degré de Diwan.
Il faudra sans doute davantage de contributions extérieures pour atteindre l’objectif. En espérant toujours la reconnaissance de l’école immersive par la Constitution (ce qui réglerait, en grande partie, son problème récurrent de financement) Skol Diwan sollicite également la générosité des sympathisants à ce modèle (mécénat et versement de la taxe d’apprentissage possibles).
Le bouclage budgétaire permettrait de poursuivre les efforts d’attractivité des 46 écoles, six collèges et deux lycées répartis dans les cinq départements bretons historiques.
La qualité de l’accueil et le développement du réseau par la création de nouveaux sites (notamment en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d’Armor) représentent deux axes de travail prioritaires. À ce titre, l’inauguration du nouvel internat au collège de Quimper, l’ouverture d’une filière AEPA (animation-enfance et personnes âgées) au lycée de Carhaix et des projets d’ouverture de cinq établissements (Orvault, Hennebont, Tréguier, Plésidy) fondent des motifs de satisfaction, chez Diwan, en cette rentrée.
Il est possible de faire un don en ligne à Diwan ici.
La situation de Diwan résulte de l’absence d’opposition nationaliste en Bretagne qui soit en mesure de créer un rapport de force favorable pour la défense des intérêts primordiaux de la nation bretonne. Sans une telle opposition organisée et pleinement engagée à tous les échelons politiques, la précarité sera la règle, faute de pression pour faire plier l’État français. C’est à cela qu’il faut s’atteler, associer à la question ethno-culturelle l’instrument de combat qui manque à sa progression.
Ewen Broc’han
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