Déjà pointée du doigt par Olier Mordrel dans les années 1930 avec son habituelle sagacité, la « crise de volonté » qui frappe la Bretagne atteint désormais des proportions aux allures de nécrose. Le peuple breton n’est pas simplement avachi, il croupit au pied d’une France morte qui se trouve en état de putréfaction avancée. C’est cette pestilence qui empuantit tout en Bretagne et d’abord au plan ethnique, la France, démographiquement engrossée par l’Afrique, dégueulant son flot allogène dans nos villes à un rythme effrayant.
Cette année comme les autres, ce n’est certainement pas le folklorisme touristique estival qui a été de nature à exprimer une volonté bretonne, ni l’obsession festive qui tient lieu de culture à un peuple rendu sénile par la dénatalité et le vieillissement. Un bon docteur dresse un bon diagnostic et il ne s’embarrasse pas de formules creuses ou de vaines assurances au patient à l’agonie. Il doit parler clair, sous peine de guider son patient au tombeau. La Bretagne, arrimée à la société de consommation et de loisir hexagonale, pleinement assimilée à cette entreprise matérialiste où l’homme est réduit à ses instincts les plus primitifs, ne peut escompter de redressement national sans d’abord avoir pleinement conscience d’exister comme nation en dehors de cette société et de l’État qui l’encadre. C’est ici que l’action d’éveil par une propagande agressive joue un rôle essentiel.
Une nation est un peuple conscient de lui-même, mais elle est d’abord guidée par des hommes. Sans les avant-gardistes de l’Emsav, la Bretagne actuelle en serait au stade du Limousin. Si elle est intensément francisée, elle n’en a pas moins conservé l’idée d’une vie propre, fut-elle largement réduite dans son expression libre. Ce germe qui s’exprime de diverses façons, notamment au plan de la résistance linguistique, peut, dans les bonnes conditions, donner vie à une nouvelle élite nationale. Ces conditions sont justement la question qui nous intéresse, puisque la Bretagne ne les offre pas, étant saturée du poison français, mais aussi américano-occidental, processus porté à un niveau d’intensité inédite par les réseaux sociaux.
En d’autres termes, l’Emsav ne doit pas être une somme de revendications isolées, un navire dépourvu de vue d’ensemble, mais une insurrection organique, d’avant-garde, d’une élite naturelle qui veut faire de Breizh un nouvel ordre de choses qui soit en mesure de répondre au nihilisme ambiant que répand la société hexagonale sur notre terre. L’État breton est l’objet politique et historique de ce nouvel ordre de choses, il est la finalité concrète pour laquelle s’engagent les idéalistes de l’Emsav. Redisons-le : nous ne combattons pas pour la Bretagne actuelle, malade et dégénérée, mais pour celle demain, édifiée à notre façon.
Pour cela, nous devons aller chercher dans les masses bretonnes ces insurgés en devenir, un à un, pour forger cet état que les Bretons appellent de leur voeu sans le savoir, noyés qu’ils sont dans l’immédiateté de la déchéance française. Les Bretons ont encore en eux un souffle de vie, leur sang produit encore à cette heure des aventuriers à la mesure de la tâche pour peu que nous sachions les chercher avec la patience des porteurs. Cette oeuvre salutaire n’est pas sans nous rappeler nos glorieux ancêtres qui, à la chute de Rome, fondèrent Breizh en Armorique, redressant la culture celtique au moment où le latinisme s’effondrait sous les ruées du germanisme. Pourrie par son idéologie révolutionnaire et le mensonge égalitaire, la France, comme nation européenne, a disparu, submergée chaque année par un demi-million de colons afro-orientaux qui viennent grossir les rangs de ceux qui s’imposent progressivement comme les nouveaux maîtres du pays.
C’est au moment des grands effondrements que les grands peuples se révèlent et, pour nous Bretons, cette heure approche. Notre peuple est bien plus grand que sa seule masse numérique. Ce qui lui fait actuellement défaut sont sa pleine confiance en lui, son assurance nationale, sa fierté jalouse qui feraient à nouveau de lui le lion qu’il a toujours été par le passé, tenant les étrangers à distance de nos terres pendant un millénaire. Il nous faut à la fois le même élan créateur et la même volonté que les Bretons qui sauvèrent notre patrie de la disparition à de si nombreuses reprises au fil des siècles. Méditons sur le cas de l’Irlande qui dut lutter pendant 800 ans pour chasser les Anglais. Pour nous, après moins de cinq siècles d’occupation, l’heure de la libération et du redressement approche, mais elle ne sera pas sans douleurs, ni sans efforts. Volonté, courage et discipline sont les trois mots d’ordre dont dépend le salut de la nation bretonne en ce moment fatidique. Notre tâche est de les insuffler à de jeunes idéalistes, de les unir et d’aller audacieusement au combat contre la carcasse française qui prétend encore nous gouverner.
Budig Gourmaelon
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