Un ancien joueur du Stade Rennais Football Club a demandé au tribunal administratif de Rennes, jeudi 12 septembre 2024, d’annuler l’assignation à résidence en Ille-et-Vilaine dont il fait l’objet en raison de sa fréquentation d’une mosquée « salafiste » de Brest (Finistère).
Les services du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avaient en fait pris un premier arrêté, le 24 mai 2024, qui imposait à ce Rennais de 24 ans de rester dans sa ville dans le cadre d’une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (Micas). Cette mesure destinée à « prévenir la commission d’actes de terrorisme » a été renouvelée le 12 août 2024, poussant le jeune homme à saisir le tribunal administratif de Rennes pour obtenir l’annulation pure et simple de ce second arrêté.
En l’occurrence, une note blanche des Renseignements généraux avait consigné l’activité du jeune homme sur les réseaux sociaux : il était abonné à « des comptes Instagram radicaux » condamnant « le vote, la démocratie et le droit des femmes ». L’ancien joueur du Stade rennais avait aussi affiché sur son profil « un lien Youtube de propos prosélytes ».
Le jeune homme – qui a évolué en U19 au Stade rennais et qui s’est converti en 2021 à l’Islam – avait par ailleurs rebaptisé son compte au nom d’un gouverneur opérant en Syrie quand le pays était sous le joug de l’État islamique et qui s’était rendu coupable de décapitation.
Il était aussi en relation avec un autre sportif de haut niveau de Rennes, originaire de Brest, où il encadre toujours de jeunes adeptes au MMA. Ce dernier – qui fait lui-même l’objet d’une Micas renouvelée pour trois mois le 19 août 2024 – a été condamné en comparution immédiate à trois mois de prison avec sursis le 2 juillet 2024 pour être justement sorti de son périmètre d’assignation. Il avait en fait été retrouvé par les gendarmes à Châteaubourg alors qu’il se rendait à un entretien pour un job d’été.
Les services de renseignements avaient par ailleurs remarqué que le Rennais fréquentait la mosquée Sunna de Brest « administrée par une association salafiste », a détaillé le rapporteur public. Il s’était aussi intéressé à la lettre de Ben Laden dénonçant le soutien à Israël et avait fait des recherches sur un prédicateur salafiste des Yvelines, dont la mosquée avait été fermée en novembre 2016.
Source : Côté Brest
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