Le Vendéen Bruno Retailleau entre au gouvernement français en tant que ministre de l’intérieur. Admirateur du non moins vendéen Clémenceau, républicain enragé, Retailleau incarne le versant réactionnaire du nationalisme jacobin, une tradition pour les Vendéens ralliés à leurs bourreaux révolutionnaires. Sa politique sera simple : défendre l’ordre bourgeois contre toute forme de changement, quel qu’elle puisse être.
Qu’on en juge rapidement.
« Attention à ne pas introduire à l’école de la République une nouvelle forme de communautarisme, après le communautarisme culturel et confessionnel : le communautarisme linguistique… Attention à ne pas créer une fuite en avant identitaire où chaque groupe culturel exigerait d’utiliser dans l’espace public la langue à laquelle il est attaché, plutôt que la langue française. L’unité linguistique a toujours été le socle de l’unité française. Fragiliser la langue française, c’est fragiliser la France » vocifèrait-il en 2015 à propos de la Charte des Langues Régionales et Minoritaires, jamais adoptée par l’État français. Du Monzie dans le texte.
Le processus de timide autonomie engagé par le gouvernement précédent ne survivra pas davantage. En mars 2024, Retailleau peste : « sur le fond, il y a deux difficultés absolument majeures. D’une part, la reconnaissance d’une communauté historique, culturelle, linguistique, liée à une terre. Ce serait la constitutionnalisation du communautarisme. La Constitution ne reconnaît qu’une seule communauté : c’est la communauté nationale ». Et d’ajouter un crachat en direction des Bretons, « contourner le Parlement et faire en sorte qu’il n’y ait pas d’habilitation, c’est dangereux. La preuve : dès hier, Gérard Larcher a reçu un courrier du président de la région Bretagne pour demander de modifier aussi la Constitution pour la Bretagne. C’est la boîte de Pandore. »
Retailleau est le gourdin aussi inévitable qu’obsolète d’une république profondément affaiblie par l’immigration extra-européenne, l’incompétence de ses élites dirigeantes et un endettement hors de contrôle. Instrument d’un régime inquiet assis sur une une large couche de retraités inquiets (20 millions d’électeurs), ses accès d’autoritarisme seront à l’image des mouvements du poulet sans tête qu’est la république française. Croyant son heure venue, ce petit maître d’école vaniteux aura tôt fait de faire éclater les innombrables oppositions larvées. Certain qu’aucun problème ne puisse être réglé par un de ses coups de menton, la situation en Kanaky devrait rapidement lui donner l’occasion d’aggraver sa première crise.
Si pour la Bretagne cela rien de fondamentalement nouveau, nous pouvons compter sur la rigidité pétrie d’aigreur d’un tel chef de bureau pour éveiller les colères libératrices.
Ewen Broc’han
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