Si les juges espéraient des explications : c’est raté. Le prévenu de 19 ans, dans cette affaire de corruption de mineur, jugée le 12 décembre 2024 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), n’est pas bien loquace. Il y a six mois, il a envoyé des photos de son sexe via Snapchat à un mineur de 16 ans et il doit aujourd’hui s’en expliquer.
L’homme reconnaît les faits, tout en ne sachant pas très bien ce qu’est une corruption de mineur. Est-ce que le jeune était d’accord pour recevoir de telles photos ? « Plus ou moins… Il ne disait pas non », répond le prévenu.
Me Sourdin, qui représente les parents du garçon qui a reçu ces photos, évoque l’anxiété de la victime depuis les faits, qui a aussi été destinataire de menaces de violences.
L’expert psychiatre estime que le prévenu n’a pas de tendance pédophile, mais le qualifie de « froid, calculateur, sociopathe, pervers narcissique ». Il faut dire que durant leur entretien, l’homme n’avait pas franchement envie de parler de sa vie sexuelle et de ses fantasmes… pas plus que devant les magistrats.
Pierre Leguillon qui le défend essaie d’adoucir le portait qui est dressé : « C’est particulièrement difficile pour un homme musulman de s’exprimer sur sa sexualité. Ce n’est pas le psychiatre qui va réussir à creuser la question en 20 minutes ! »
Et puis selon lui, il manque sérieusement de contexte aux captures d’écran des SMS… le mineur n’aurait pas été très neutre dans la discussion. Bref, pas de quoi caractériser une corruption de mineur devant la justice.
Ce sera finalement l’avis du tribunal de Saint-Malo qui requalifie les faits en diffusion de messages contraires à la décence sans demande préalable du destinataire. Le prévenu est également condamné pour les menaces. Il repart en fin d’après-midi avec une condamnation à 300 euros d’amende.
Source : Actu.fr
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