Loudéac : deux prêtres congolais visés par une plainte pour viol

« Je pense à eux tous les jours. » Derrière le comptoir de sa bijouterie, Irène accuse le coup. Avec tendresse, elle pointe du doigt les visages des deux prêtres qu’elle « adore » sur une vieille photo découpée dans le journal local qu’elle a pris soin de conserver précieusement sous Plexiglas. L’annonce de leur suspension par l’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier (Côtes-d’Armor), Denis Moutel, l’a vraiment choquée.

Dans un communiqué daté du 11 janvier, ce dernier révèle qu’avant Noël, « deux femmes adultes se sont manifestées auprès de l’Église pour se plaindre de leur comportement. Conformément au protocole signé entre le diocèse et le parquet de Saint-Brieuc, j’ai informé le procureur de la République. »

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Les faits qui leur sont reprochés sont graves. Selon le procureur de la République de Saint-Brieuc, Nicolas Heitz, « une enquête préliminaire est en cours du chef de viols à la suite d’une plainte d’une victime majeure ». Les investigations, sous la direction du parquet de Saint-Brieuc, ont été confiées à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie Saint-Brieuc. Le procureur précise au Parisien que la plainte « a été déposée contre deux prêtres différents ».

« On est tous touchés et meurtris »

Irène avait vu l’un d’entre eux quelques jours avant les révélations. « Ils passaient souvent tous les deux me voir, me dire bonjour. Ils bénissaient aussi les croix que je vendais », explique-t-elle. Chargée d’ouvrir et de fermer l’église tous les jours, elle décrit deux hommes « très bien intégrés » à la personnalité différente, l’un d’entre eux plutôt réservé et l’autre blagueur.

Originaires du Congo et membres de la congrégation des Missionnaires serviteurs des pauvres, ils étaient arrivés en centre Bretagne en 2019 dans le cadre d’une coopération. Le plus âgé venait d’être nommé, il y a quelques mois seulement, curé des paroisses de Loudéac, Plémet, Plouguenast et Mûr-Uzel.

« On est tous touchés et meurtris, confie Kristel, la boulangère. C’est un drame aussi bien pour les victimes présumées que pour les prêtres dont la réputation est entachée. » Elle, pourtant, n’a rien à leur reprocher. Cette catholique a été confessée à deux reprises par le curé. « On était seuls dans l’oratoire, assis l’un à côté de l’autre. Il aurait pu en profiter. Il m’a seulement écoutée, sans même me regarder. »

Les deux prêtres, « présumés innocents », ont quitté le presbytère

C’est aussi l’incrédulité qui prévaut à la Maison paroissiale ou au presbytère où un bénévole, occupé à désherber, salue la transparence dont a fait preuve l’évêque. Ce dernier est venu dimanche dernier à Loudéac à la rencontre des fidèles pour les informer à l’occasion de la messe.

Dans son communiqué, il tient à assurer les deux femmes qui ont dénoncé les faits de son soutien, de sa disponibilité et de sa prière. « Pour elles comme pour leurs proches, je souhaite que la vérité soit faite sur les agissements dénoncés. » Selon le diocèse de Saint-Brieuc, les deux prêtres, « présumés innocents », ont quitté le presbytère où ils étaient jusqu’alors logés.

Source : Le Parisien

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By La rédaction

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