Fidèle à sa ligne anti-européenne, le RN a violemment attaqué l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, arguant notamment des menaces qu’il ferait peser sur les agriculteurs de l’Hexagone. La Bretagne, terre agricole s’il en est, est visée au premier chef par cette rhétorique lepéniste.
🔵 Le Var dit NON au #Mercosur !
Merci à la mobilisation de nos nombreux militants partout dans le département. pic.twitter.com/11qNaW4RWM
— RN Var (@RNVar_officiel) February 10, 2025
Le PPE, le groupe de LR au Parlement européen soutient le Mercosur.
Les agriculteurs sont floués, trahis par une droite qui multiplie les déclarations de soutien à Paris mais les condamne à Bruxelles ! https://t.co/KA5ulfelYw
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) February 13, 2025
Qu’en est-il vraiment ? Si l’on étudie l’accord de libre échange signé en 2019 entre l’UE et le Canada (CETA) qu’a violemment dénoncé le RN, ses affirmations catastrophistes de l’époque ont été platement démenties.
#BonjourChezVous « Le Sénat a voté contre le CETA. Et bien Valérie Hayer a dit qu’on l’appliquera quand-même. Nous, nous reviendrons sur tous les accords de libre échange car globalement nous y perdons » explique @ljacobelli, porte-parole du #RN, pic.twitter.com/v1fTsTAGHL
— Public Sénat (@publicsenat) April 25, 2024
Les exportations agricoles de l’UE vers le Canada ont en effet augmenté significativement. Par exemple, les exportations françaises de fromage vers le Canada ont augmenté de 57% entre 2016 et 2022. Globalement, les exportations de biens de l’UE vers le Canada ont augmenté de 7% en valeur entre septembre 2017 et juillet 2018. Les exportations françaises vers le Canada ont grimpé de 33% entre 2017 et 2023.
Des importations canadiennes limitées
À l’inverse, les exportations de viande bovine et porcine du Canada vers l’UE restent limitées. Par exemple, la France a importé seulement 1.577 tonnes d’équivalent carcasse de viande bovine canadienne en 2021, tandis qu’elle a exporté 21.000 tonnes de bœuf vers le Canada, soit 21 fois plus qu’avant le CETA. Il n’y a quasiment aucune importation de viande de volaille ou de porc canadienne en France depuis l’entrée en vigueur du CETA.
Les bénéfices par secteur
Le secteur des vins et spiritueux ainsi que la filière laitière sont les grands bénéficiaires du CETA. Les exportations de vin français vers le Canada ont par exemple augmenté de 24% et celles de fromage de 60%. Les contingents ouverts par le CETA pour les produits laitiers sont de 18 500 tonnes par an, avec une augmentation progressive des quotas sur les cinq premières années de mise en œuvre de l’accord.
Balance commerciale
La balance commerciale agricole de la France avec le Canada est excédentaire pour plusieurs produits, notamment la viande bovine, la viande porcine et les produits sucrés, même si les montants demeurent relativement faibles.
Le CETA : un puissant soutien pour l’agriculture bretonne
La Bretagne est une grande productrice de lait et de produits laitiers. Le CETA a notamment permis l’augmentation des quotas d’exportation de fromages vers le Canada, ce qui a directement bénéficié aux producteurs bretons. Les exportations de fromages français ont augmenté de 60% depuis l’application du CETA, avec une part non négligeable provenant de Bretagne.
Les agriculteurs bretons bénéficient d’un accès facilité au marché canadien pour divers produits, y compris les produits agroalimentaires transformés. Les normes de qualité et les appellations d’origine protégées (AOP) ont conservé leur valeur, permettant aux produits bretons de se démarquer.
En ouvrant le marché canadien, le CETA a permis aux agriculteurs bretons de diversifier leurs débouchés commerciaux, ce qui est crucial pour la stabilité économique des exploitations agricoles. Cela réduit la dépendance aux marchés européens traditionnels et offre de nouvelles opportunités de croissance.
La démagogie du RN menace l’agriculture bretonne
Face à ce démenti cuisant, le RN préfère mentir et martèle que cet accord est néfaste, sans apporter de réponse aux chiffres qui démontrent les profits considérables réalisés par les agriculteurs français grâce au CETA. Le populisme hexagonal ne s’embarrasse pas de détails et préfère réitérer les mêmes mensonges à propos de l’accord signé avec le Mercosur, quitte à menacer les intérêts des agriculteurs bretons. Une réalité très éloignée de ce que prétend être le RN hexagonal.
Ewen Broc’han
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