La France, par la voie d’Emmanuel Macron, a déclaré son intention de reconnaître l’État palestinien en septembre prochain. Cette annonce fait suite à celle relative à la reconnaissance de l’État calédonien la semaine dernière. La Bretagne, nation celtique millénaire, berceau d’une souveraineté antérieure à ces deux États, et de beaucoup, reste enchaînée par l’État français, qui nie son droit à exister comme nation libre.
L’antériorité historique bretonne
La Bretagne, contrairement à la Palestine ou à la Nouvelle-Calédonie, porte une histoire d’État souverain unifié forgée dès le 9ème siècle. Sous Nominoë, père de la patrie bretonne, la victoire de Bain-sur-Oust contre Charles le Chauve, empereur des Francs, consacra l’indépendance du royaume de Bretagne, confortée par les rois bretons. Jusqu’en 1532, la Bretagne maintint sa souveraineté avec ses propres institutions nationales, et une diplomatie active. L’annexion par la France en 1532 fut une violation du droit, car jamais ratifiée par un consentement libre du peuple breton, comme l’a démontré le Dr Louis Mélennec : « La Bretagne demeure, en droit international, un État occupé, dont la souveraineté n’a jamais été légitimement transférée à la France. »
En comparaison, la Palestine, bien que légitime dans sa quête nationale, s’est constituée comme entité moderne au XXe siècle, sans antériorité d’État comparable. La Nouvelle-Calédonie, avant la colonisation française, n’avait pas de structure étatique unifiée, ni en fait de conscience nationale, et sa reconnaissance récente comme État associé à la France découle de négociations politiques tardives. La Bretagne, avec ses siècles de souveraineté et son identité celtique ancrée, surpasse ces deux cas en légitimité historique. Ignorer ce fait est une négation de l’histoire par Paris, un affront à la justice et au droit des peuples, mais aussi le témoignage de l’affaiblissement honteux de la nation bretonne au point de ne plus exister comme réalité politique.
Le droit inaliénable à l’autodétermination
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est le socle de notre revendication. La Bretagne, l’une des six nations celtiques avec l’Irlande, l’Écosse, le Pays de Galles, la Cornouaille et l’île de Man, possède une langue, une culture distincte, et une histoire d’État qui en font une nation à part entière. Pourtant, l’État français proclame qu’il n’existe qu’un seul « peuple français », niant l’existence même du peuple breton. Cette négation est une violence contre nos droits fondamentaux. La reconnaissance de la Palestine et de la Calédonie par la France ouvre une brèche : si Paris reconnaît la souveraineté de peuples dont les revendications sont relativement récentes, il ne peut refuser, en principe, ce droit à la Bretagne, dont l’antériorité historique est irréfutable.
L’indépendance nationale s’obtient par le combat
Mais l’histoire n’est pas écrite par des avocats. Le droit international n’intervient qu’après le politique, lorsque, dans les faits, une nation s’est donnée les moyens d’une indépendance réelle par la lutte. En Irlande, Michael Collins, architecte de la guerre d’indépendance (1919-1921), a prouvé qu’un peuple déterminé peut briser les chaînes d’un empire. Collins déclarait : « La liberté ne s’obtient pas par des pétitions, mais par le sacrifice et la lutte ». De même, Pádraig Pearse, lors de l’insurrection de Pâques 1916, proclamait : « Une nation qui renonce à son âme pour la paix est déjà morte ». Giuseppe Mazzini, père de l’unité italienne, affirmait : « Une nation est une âme collective, unie par une mission sacrée ». Les Bretons, aujourd’hui, se complaisent majoritairement dans un statut de peuple asservi, sinon servile, et ne peuvent prétendre à rien si, en premier lieu, ils ne se pensent pas en peuple libre qui doit accéder à la souveraineté. Ces voix nous rappellent que la Bretagne, pour renaître, doit s’unir sous une élite celtique déterminée à restaurer sa souveraineté.
L’heure de la nation bretonne
La lutte bretonne est d’une actualité brûlante et le peuple breton est traversé souterrainement d’une volonté d’affirmation. Les sondages montrent que 18 à 23 % des Bretons soutiennent l’indépendance pleine et entière, et une large majorité aspire à l’autonomie nationale. Ce réveil national, bien que trop timide, reflète une prise de conscience progressive. La reconnaissance de la Palestine et de la Calédonie par la France montre que l’autodétermination est possible politiquement si le peuple breton le veut. La volonté est ici la clef, et elle suppose de se traduire en actes, par des hommes déterminés, disciplinés, qui ne plient pas, et s’engagent. Comme l’écrivait Pearse, « un peuple qui ne se bat pas pour sa liberté ne la mérite pas ». La Bretagne doit mériter sa liberté, et donc combattre pour l’obtenir.
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