Éditorial : « Quand on est un patriote breton, on milite politiquement ! »

Aujourd’hui, plus que jamais, notre vieux pays, la Bretagne, est menacé dans son existence. Les raisons externes en sont connues, les raisons internes beaucoup moins. En définitive, une nation ne périt pas tant sous les coups de ses ennemis, que de la passivité, de l’indifférence, et, pire, de la trahison de ses propres membres.

C’est peu dire que militer pour la nation bretonne relève de l’héroïsme. Il ne s’agit pas seulement de faire face aux menaces qu’affrontent toutes les nations occidentales, mais encore de faire renaître une des plus vieilles nations d’Europe qui a fini par s’oublier elle-même. À la survie immédiate s’ajoute la renaissance de l’État breton, levier de notre régénérescence nationale. Ce n’est pas l’État français qui constitue le plus grand obstacle à la renaissance de la Bretagne, mais les Bretons eux-mêmes.

pin up pinup

La francisation méthodique et durable de notre peuple explique en partie son avachissement, mais cela ne saurait expliquer pourquoi, chez ceux des Bretons conscients ethniquement et nationalement, il y a une persistance dans les comportements les plus nuisibles et destructeurs : anarchisme comportemental, fainéantise, absence de sens pratique. Certes, les Bretons ont des qualités personnelles dont l’idéalisme est la plus solidement ancrée chez eux, mais le manque de volonté et un goût marqué pour le laxisme personnel obèrent gravement leurs chances de survie au 21e siècle, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Le Parti National Breton a repris, au tournant de l’année 2022, la bannière du nationalisme breton qui avait été abandonnée. Il a, avec peu de moyens et une poignée d’hommes résolus, redresser cette bannière en défiance d’un système et d’un ensemble de réalités. Les ennemis de la Bretagne n’en ont rien manqué et l’ont fait savoir par leurs menaces. C’est là parfaitement normal, et même bienvenu. Cependant, trop peu de patriotes bretons préfèrent encore se complaire dans l’inaction ou le commentaire plus que dans l’action politique, justifiant leur attitude nihiliste par une somme d’excuses grotesques, voire obscènes.

Si l’Emsav existe en premier lieu, c’est parce que des héros, le mot n’est pas trop faible, ont voulu l’impossible et souvent réalisé l’impossible, à un contre mille. Dans sa constitution, la qualité a toujours primé la quantité, la quantité étant du côté du loyalisme français pour des raisons évidentes d’opportunisme social, matériel, politique. Si notre siècle ne déroge pas à cette règle, nous constatons que la qualité objective a tellement baissé que l’Emsav a virtuellement cessé d’exister, si ce n’est pour la réaction du Parti National Breton qui a conjuré la déchéance régionaliste et brandi avec une nouvelle vigueur l’idée nationaliste.

Les patriotes bretons qui continuent de procrastiner, de botter en touche, de ne rien faire, ou de se borner à l’action non-politique (une spécialité mortifère du régionalisme), sont autrement plus responsables de la déréliction qui afflige la Bretagne que n’importe quel préfet. Nous ne redoutons pas nos ennemis, mais l’indifférence de nos amis. Cet apolitisme, renforcé par la propension d’une société individualiste à se contenter de réagir virtuellement sur les réseaux sociaux, paralyse les nécessaires réactions d’auto-défense. Une nation n’est pas virtuelle, mais réelle. Elle n’est pas un spectacle, mais une réalité vivante. Elle suppose de la part de ses membres un engagement actif pour sa défense, sa continuité, sa prospérité. Sinon, on reste le prisonnier de la société française, un simple contribuable de l’Hexagone inutile pour la cause nationale. 

Les patriotes bretons qui refusent de s’engager politiquement pour leur patrie, donc l’Emsav politique, perdent le droit de se plaindre de leur sort. Jamais probablement dans l’histoire un peuple n’a été aussi averti des menaces qui pèsent sur lui et ses enfants, et jamais n’a-t-il montré plus d’indifférence et d’apathie alors même que les moyens de l’action ne lui ont jamais été si accessibles. Que l’on songe aux trésors de volonté de nos anciens qui, dans les années 1920, montèrent le mouvement national sans quasiment d’automobiles, de téléphone, de médias de masse : quelle exemplaire ténacité ! À ces pionniers ont succédé un siècle plus tard des pousseurs de caddies plus préoccupés par leur prochaine sortie que par le salut de la patrie bretonne, comme s’ils pouvaient avoir un futur dissocié de celle-ci. Ne voient-ils pas que si la Bretagne sombre, ils sombreront avec elle ?

On pourra se plaindre tant que l’on voudra du gouvernement français, des politiciens français, ou du torrent migratoire qui submerge nos villes bretonnes : la culpabilité en incombe exclusivement à un peuple, le peuple breton, qui préfère ses petits plaisirs que le combat. Un grand peuple, peu importe lequel, est un peuple révolutionnaire, un peuple conscient de lui, de sa place, de sa dignité, et qui ne cède rien de son rang. Le salaire de l’indifférence et du m’en-foutisme est invariablement le même : la disparition.

Nous faisons face à une épreuve ultime pour déterminer si oui ou non nous, Bretons, méritons de vivre et de disposer d’un avenir pour nos enfants. Un authentique Breton s’engage pour son pays dans les rangs du nationalisme, il y consacre son temps et son argent, jusqu’à ce que la nation bretonne remporte victorieusement cette guerre pour la survie. Concrètement, son rôle est de militer dans les rangs nationalistes, de tout faire pour offrir une alternative à son peuple, sans se décourager, avec méthode et discipline, année après année, avec patience et résolution.

Budig Gourmaleon

Recevez notre newsletter par e-mail !

By La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×