En 2026, Christopher Nolan ne se contente pas d’adapter L’Odyssée d’Homère : il veut la détruire. Sous couvert d’ambition visuelle et de production IMAX, ce blockbuster hollywoodien, avec Matt Damon en Ulysse, constitue une entreprise de sabotage idéologique délibérée contre l’un des piliers de la culture européenne. Loin d’être une simple transposition cinématographique, cette Odyssée est un acte de guerre culturelle. Elle s’attaque frontalement à la matrice narrative qui a structuré l’imaginaire européen pendant des millénaires. Il ne s’agit plus ici d’adaptation, mais de profanation assumée.
L’Odyssée homérique : pilier de la vision du monde indo-européenne
L’Odyssée d’Homère s’enracine dans la structure profonde de la mythologie indo-européenne, commune aux peuples européens anciens. Georges Dumézil a mis en lumière la tripartition fonctionnelle – souveraineté sacrée, force guerrière et fécondité productive – qui organise le récit. Ulysse incarne la première fonction par sa mètis (ruse intelligente) et sa royauté légitime, tout en mobilisant la seconde comme guerrier rusé. Les prétendants, eux, pervertissent la troisième fonction en pillant le foyer et en menaçant la lignée.
Le poème dessine une cosmogonie cohérente : un univers ordonné par le destin (moira), la volonté des dieux et l’action héroïque. Les errances d’Ulysse figurent le passage initiatique à travers le chaos (mer déchaînée, monstres, îles de la tentation) vers la restauration de l’ordre : retour au sol ancestral, reconquête du trône et fidélité conjugale. Athéna protège l’intelligence ordonnatrice ; Poséidon incarne la fureur aveugle. Cette structure fonde la représentation du monde européen pré-chrétien. Elle valorise le kleos (gloire mémorielle), l’enracinement territorial, la fidélité lignagère et la victoire de l’ordre sur le chaos. Ithaque n’est pas un décor : c’est la terre des pères, centre d’un cosmos où l’homme négocie sa place entre dieux et nature.
Avant le christianisme, ces épopées constituaient le socle narratif des Européens : Grecs, Celtes, Italiques, Germains. Elles unifiaient un imaginaire commun fait de héros, de voyages périlleux et de retour triomphal. L’Odyssée transmet une anthropologie spécifique : l’homme européen comme être enraciné, rusé et responsable face au sacré.
Le film de Nolan : sabotage conscient et anti-européanisme militant
Face à cette tradition millénaire, le film de Christopher Nolan (2026) constitue une entreprise de destruction délibérée. Matt Damon campe Ulysse, Tom Holland Télémaque et Anne Hathaway Pénélope, mais le reste du casting révèle un sabotage systématique.
Lupita Nyong’o
Lupita Nyong’o, actrice noire, incarne Hélène de Troie (et sa sœur Clytemnestra), figure emblématique de la beauté grecque. Zendaya, actrice métisse, joue Athéna, déesse de la sagesse et de la guerre. Elliot Page, actrice transexuelle, est choisie pour un rôle de guerrier (Achille ou Sinon). Le rappeur afro-américain Travis Scott apparaît comme un barde, introduisant une dimension contemporaine et urbaine dans la tradition orale homérique.
Travis Scott
Ces choix ne relèvent pas d’un hasard artistique mais d’un programme conscient de subversion. Nolan et ses producteurs imposent une diversité ethnique et sexuelle totalement anachronique. Hélène de Troie, dont l’enlèvement justifie la guerre de Troie, devient noire ; Athéna, protectrice des Achéens blonds aux longs cheveux décrits par Homère, est jouée par une actrice non européenne ; un guerrier homérique est incarné par une personne transgenre. Ces « race-swapping » et « gender-swapping » visent à déconstruire l’identité ethnique et sexuelle du monde grec ancien, donc européen. Le film transforme le nostos en allégorie psychologisante moderne : trauma, désillusion, fluidité identitaire. Ulysse n’est plus le roi rusé restaurant l’ordre cosmique, mais probablement un anti-héros ambigu dans un univers relativiste. Les dieux deviennent des projections mentales ou des métaphores. Le massacre des prétendants, acte de justice restauratrice, risque d’être présenté comme une violence toxique. Ce sabotage est foncièrement anti-européen. Il nie l’enracinement ethnique et culturel du mythe indo-européen, l’ordre hiérarchique et sexué (roi, guerriers, lignée), la transcendance sacrée au profit d’un universalisme abstrait et progressiste.
Échos bretons
Cette trahison du mythe apparaît d’autant plus criante quand on mesure les liens historiques et mythiques profonds entre l’univers homérique et la Bretagne. Au-delà des spéculations géographiques modernes, la tradition bretonne elle-même s’est explicitement revendiquée d’une filiation troyenne, inscrivant ainsi l’Iliade et l’Odyssée au cœur de son identité historique.
Comme les Bretons insulaires (et les Francs ou les Normands), les Bretons d’Armorique ont repris et adapté la légende d’origine troyenne popularisée par Geoffroy de Monmouth au XIIe siècle dans son Historia Regum Britanniae. Selon cette tradition, Brutus de Troie, descendant d’Énée (lui-même survivant de la chute de Troie chantée par Homère), aurait fondé la Bretagne insulaire après la guerre de Troie. Ses descendants, chassés par les Saxons, auraient traversé la Manche pour s’installer en Armorique, donnant naissance à la Bretagne continentale. Les Bretons se voyaient ainsi comme les héritiers directs des Troyens, porteurs de la grandeur homérique sur les rivages atlantiques.
Cette filiation mythique n’était pas anecdotique : elle légitimait leur identité face aux Francs et aux pouvoirs continentaux. Elle intégrait la guerre de Troie et les errances d’Ulysse dans la mémoire collective bretonne. La Matière de Bretagne, avec ses chevaliers, ses quêtes et ses figures héroïques, prolonge naturellement l’esprit de l’Odyssée : errance maritime, fidélité, combat pour restaurer un ordre perdu. Ses légendes, ses saints navigateurs et son attachement viscéral au sol ancestral résonnent avec le nostos d’Ulysse.
Ne pas accepter l’inacceptable
En imposant des conceptions wokes américaines sur des figures archétypales européennes pour la subvertir, le film dénature l’européanité du récit. Il ne s’agit plus d’adapter Homère, mais de le rendre compatible avec l’idéologie américaine dominante : déconstruction des identités historiques, promotion de la « fluidité sexuelle » et dissolution des racines. Face à cette volonté permanente de détruire la civilisation européenne, il est temps de nous tourner vers notre culture et de la défendre à chaque fois qu’elle est attaquée.
Budig Gourmaelon
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