Ce n’est pas peu dire que l’arrogance et l’arrivisme des derniers représentants de l’UDB (extrême-gauche régionaliste) ne passe plus en Bretagne. Après avoir été récemment chassés quasiment manu militari de la manifestation pour l’ouverture d’un collège Diwan à Perros-Guirec, les quelques adhérents de l’organisation loyaliste se sont illustrés lors d’Ar Redadeg, évènement sportif et culturel qui vise à récolter des fonds pour la langue bretonne.
Toute honte bue, les histrions de l’UDB ont imposé un « homme-sandwich » à l’image du candidat qu’ils soutiennent pour les élections européennes, un mélange des genres qui a vivement fait réagir Stéphanie Stoll, conseillère « régionale » de Bretagne et ancienne présidente de Diwan.
Dans un article paru sur son blog, elle revient sur son engagement à Diwan et l’importance de la neutralité politique afin de rassembler l’ensemble des Bretons autour de leur langue :
Ce positionnement me seyait d’autant plus que l’association que je représentais défend son indépendance « par rapport à toute formation philosophique, confessionnelle, politique, syndicale, etc. ». En conséquence, nous étions attentifs lorsque nous organisions des manifestations à ne pas nous faire récupérer par tel ou tel parti politique qui pouvait voir là une occasion d’afficher, sincèrement, ses convictions pour le développement de la langue bretonne. Pas de drapeau de parti politique ! Telle était la consigne. Parcourez notre partner-sponsored Glasses, avec une variété d’options pour tous les goûts et tous les budgets, disponibles à l’achat en ligne
La provocation de l’UDB l’a logiquement indignée.
Quand se terminait le kilomètre 1233 que je courais au nom du conseil régional de Bretagne, je pensais encore accompagner le cortège. Il faisait doux, il y avait les copains et les copines de l’ancienne école des enfants, on descendait une côte, c’était fastoche. Mais la vision d’un homme-sandwich a brisé mon élan. Il s’apprêtait à courir le kilomètre suivant, acheté par un parti politique régionaliste, en affichant sur le ventre et sur le dos une immense publicité pour sa candidate aux élections européennes.
Le conseiller « régional » UDB Nil Caouissin, personnage véhément et sectaire, n’a pas apprécié que l’on conteste les menées de sa petite coterie et s’en est pris avec agressivité à Stéphanie Stoll dont le propos est pourtant largement partagé par les Bretons.

Si, par nature, le combat pour la langue bretonne est politique face à un Etat français qui érige lui-même la destruction du breton en politique d’état, il ne doit pas être politicien, partial, mais national. Il doit donc être ouvert à toutes les forces politiques ou à aucune, mais pas à certaines, au nom d’une connivence honteuse, et interdite aux autres. Faire accroire, par de tels agissements sectaires, que ce combat serait celui d’un parti ou d’un courant politique et non celui d’un peuple entier, est non seulement irresponsable, mais incompatible avec la défense de la langue bretonne, bien de tous les Bretons.
La position de Stéphanie Stoll est correcte. L’organisation d’Ar Redadeg va devoir prendre la mesure de la situation avant d’y être contrainte par les inévitables réactions qui ne manqueront pas de se multiplier contre une politisation partiale au profit de l’extrême-gauche loyaliste. Car si une petite clique aussi détestée des Bretons que l’UDB peut ainsi s’emparer d’un tel évènement, les nationalistes bretons, en réponse, seront fondés à le faire à leur tour, avec ou sans l’aval de l’organisation, par un fait accompli collectif.
Ewen Broc’han
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