Olivier Siou, l’exemple de servilité d’un Breton perdu à Paris

Suite à un commentaire d’Olivier Siou, rédacteur en chef de l’émission Télé Matin, de France 2, un de nos contributeurs a réagi.

En lisant le message de ce descendant de Bretons vivant à Paris, rédacteur de l’émission télévisée « Télé Matin » de la chaîne France 2, je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde indignation. « La France les a physiquement sortis du purin et je l’en remercie chaque jour », dit-il, en parlant de ses grands-parents bretons qui ont appris à lire « grâce » à l’école française et de conclure en se disant fier d’être à la fois Français et Breton. Mais quelle triste servilité que de remercier ainsi un état oppresseur !

Dire que la Bretagne et les Bretons doivent leur éducation et leur émancipation à la France, c’est insulter l’histoire même de notre patrie. Les Bretons ont une longue tradition culturelle et linguistique – en atteste le Catholicon de 1464, premier dictionnaire en langue bretonne, premier dictionnaire en langue française et premier dictionnaire trilingue d’Occident – une tradition qui s’est développée bien avant l’annexion par la France.

Catholicon, édition de 1499, Tréguier

Cette assimilation forcée par la France révolutionnaire, celle qui a introduit en Bretagne la terreur et la décapitation de masse pour nos représentants les plus respectés, n’a pas libéré les Bretons du « purin » ; elle les a dépossédés de leur identité, de leur langue et de leur fierté nationale.

La misère en Bretagne a une origine bien identifiée : l’annexion française. Ce n’est pas parce que la Bretagne était rongée par une misère noire que la France a engagé un effort militaire constant et massif contre la Bretagne pendant près de mille ans, poussant nos rois et nos ducs à bâtir une large réseau défensif à notre frontière orientale qui est encore aujourd’hui visible, comme à Fougères, Clisson ou Nantes – entre autres. C’est parce que puissante et située stratégiquement, la Bretagne était au contre prospère et faisait l’envie des Français.

Annexée, la Bretagne a encore pu prospérer grâce à une autonomie nationale que Paris ne pouvait écraser d’emblée. Il a fallu attendre la désastreuse politique belliciste de Louis XIV et de son blocus économique contre l’Angleterre, à la fin du 17e siècle, pour que la Bretagne passe progressivement du statut d’un des moteurs économiques et financiers de l’Europe occidentale – la Bretagne a la plus grande flotte marchande du continent à la veille de son annexion – à celui de région isolée gagnée par le sous-développement. Privée de la formation d’une bourgeoisie nationale au 18e et 19e siècle, elle rate tous les stades du développement technique et économique qu’elle aurait naturellement dû connaître et entre dans une phase aggravée de dépendance vis-à-vis de Paris. La France n’a pas « tiré du purin » la Bretagne, c’est la France qui l’a immergée dedans depuis l’origine.

Traîtres et laquais de l’État français

Promu par le régime républicain, foncièrement hostile à la Bretagne depuis 1789, ces représentations d’une France révolutionnaire « salvatrice » ont placé les Bretons dans un état de sidération collective, mais aussi de soumission sur fond de complexe d’infériorité dont leur sauveur n’étant en réalité que la cause première. Le loyalisme vis-à-vis de la France en Bretagne n’a pour cette raison jamais été un fait d’égalité, mais un rapport de colonisé à suzerain, république ou non.

Comment un Breton peut-il se flatter d’être un laquais de l’État français, celui-là même qui a cherché à effacer notre culture et notre langue ? Cette attitude de servilité est non seulement honteuse, mais elle trahit nos ancêtres qui ont combattu pour préserver notre identité, à l’instar de La Rouerie, Cadoudal et de nombreux autres, issus de toutes les classes, demeurés fidèles à la Bretagne, notre mère à tous. Les véritables Bretons, ceux qui ne se renient pas pour complaire à leurs maîtres français, doivent dénoncer ces traîtres qui, par ignorance ou par intérêt, soutiennent encore l’oppression française.

Redonner leur fierté aux Bretons

Il est impératif de redonner leur fierté aux Bretons. Pour cela, il faut d’abord reconnaître notre histoire, nos souffrances et notre résilience. Il faut rejeter ce discours de soumission et d’obligation envers la France. La Bretagne a ses propres héros, ses propres réussites. Nous n’avons pas besoin de l’assimilation  hexagonale pour prospérer, au contraire : nous avons besoin de liberté et de reconnaissance.

L’indépendance comme solution

La solution pour la Bretagne est claire : l’indépendance. Se libérer de l’occupation française et des traîtres qui servent la France est une nécessité. C’est seulement ainsi que nous pourrons véritablement renouer avec notre culture, notre langue et notre dignité. Les Bretons doivent se lever contre cette servilité et réclamer ce qui leur appartient de droit : une Bretagne libre, fière et indépendante.

Ce n’est qu’en s’émancipant de la tutelle française que nous pourrons retrouver notre véritable grandeur. Il est temps pour les Bretons de reprendre leur destin en main, de se libérer de ceux qui les oppriment, et de marcher vers un avenir où ils seront enfin maîtres de leur propre terre.

Alan Kerzu

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By La rédaction

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