En voulant passer en force en Kanaky, l’État français a déclenché un soulèvement national que Paris tente, en vain, de réprimer au terme d’une campagne de pacification coloniale. Après trois mois de répression qui a déjà fait 11 morts, l’ONU s’est officiellement exprimée sur la situation et a appelé la France à tenir son engagement à décoloniser la Kanaky.
« Le ministère français de l’Intérieur a élaboré et présenté un autre projet de loi, connu sous le nom de « projet Marty », qui menace de démanteler les autres acquis majeurs de l’Accord de Nouméa liés à la reconnaissance de l’identité Autochtone Kanak, des diverses institutions coutumières Kanakes, ainsi que du droit coutumier, et des droits fonciers » déclare le communiqué des Nations-Unies.
« Le Peuple Kanak occupe la région de la Nouvelle-Calédonie depuis des milliers d’années, soit depuis 3000 ans avant Jésus-Christ » ajoute l’ONU. « La tentative de démantèlement de l’Accord de Nouméa porte gravement atteinte à leurs droits humains et à l’intégrité du processus global de décolonisation » prévient-elle.
« Nous sommes particulièrement préoccupés par les allégations concernant l’existence de milices lourdement armées de colons opposés à l’indépendance » poursuit le communiqué avant d’ajouter que « le fait qu’aucune mesure n’ait été prise par les autorités pour démanteler et poursuivre ces milices soulève de sérieuses inquiétudes quant à l’état de droit ».
« Les accords conclus dans le cadre de l’Accord doivent être garantis constitutionnellement jusqu’à ce que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté, conformément à l’engagement de la France » conclut l’ONU.
Cette déclaration de l’ONU isole un peu plus la France dans le Pacifique. Sur le terrain, avec déjà 6,000 départs de colons pour la métropole, le rapport de force démographique entre Français et Kanaks tourne irrémédiablement à l’avantage de ces derniers. En optant pour la résistance armée face au passage en force de Paris, les Kanaks ont porté un coup décisif aux ambitions de l’impérialisme français en Kanaky.
Ewen Broc’han
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