Le député Marc Le Fur s’est fendu d’un plaidoyer aussi mal inspiré qu’hostile pour la patrie bretonne, le 3 avril 2025, en déplorant que les panneaux de la nouvelle 2×2 voies Trémorel-Plémet, se limitent au français et au breton. « Le gallo est oublié », gémit-il, exigeant du préfet une signalétique spécifique pour les bassins de Merdrignac, Plémet et Loudéac.
⚠️ Le gallo ne doit pas être oublié !
La Bretagne a deux langues régionales à part entière : le breton et le gallo.
➡️ L’Etat doit avoir conscience de cette réalité et en pays gallo, il doit intégrer la langue gallèse à sa signalétique. Or, dans la perspective de la mise en… pic.twitter.com/m6uTS3DL3m
— Corentin Le Fur (@LeFurCorentin) April 3, 2025
Derrière cette entreprise d’intoxication, une méprise grave : le parler gallo n’est pas une langue, mais un simple patois roman, un rejeton du français imposé en Bretagne par des siècles d’assimilation hostile. Le parler gallo, contrairement à la langue bretonne – langue celtique, héritage millénaire de notre peuple – est un dérivé du vieux français, implanté en Haute-Bretagne sous la pression des élites francophones du Moyen Âge. Le breton, lui, résiste comme un rempart face à cette submersion linguistique. Prétendre, comme Le Fur, que le gallo est une « langue à part entière » revient à travestir l’histoire : c’est une séquelle de l’influence française, pas un pilier de l’identité bretonne.
Pire, cette lubie menace directement le breton. Les fonds publics pour les langues régionales – déjà maigres – sont une ressource disputée. Chaque euro gaspillé à ériger des panneaux en gallo, à financer des cours ou des publications pour ce patois moribond, est un euro volé au breton, qui lutte pour son enseignement, ses médias, sa présence dans toute la Bretagne, de Brest à Nantes.
La poignée d’éléments fransquillons qui attaquent les maigres acquis arrachés à l’État français en faveur de notre langue, notamment en détruisant les panneaux en langue bretonne, visent explicitement à priver la langue bretonne de fonds dans la moitié orientale du pays au profit de ce français rural suppuré depuis l’Anjou. Le patois gallo est l’instrument du parti francophone, du parti français.
[Exclu Breizh Info] Un collectif de défense du Gallo déplace les panneaux bilingues bretons depuis Le Verger (35) vers…le collège Diwan de La Bouëxièrehttps://t.co/42xTqw3MDP
— Breizh-Info (@Breizh_Info) March 5, 2025
Le Fur, en agitant ce faux drapeau culturel, disperse les efforts et dilue les moyens. Sa circonscription, qu’il prétend « à 90 % gallèse », est aussi bretonne par son histoire et ses racines profondes, que ce patois de ferme ne saurait effacer.
L’État français, ravi de ce brouillard, n’attend que ça pour justifier son inertie. En accolant le patois gallo à la langue bretonne, Le Fur légitime une équivalence fallacieuse qui affaiblit notre combat linguistique. Pendant qu’il joue les défenseurs d’un folklore désuet, les écoles Diwan manquent de subventions, et le breton recule face au rouleau compresseur francophone. Les Bretons par ailleurs n’ont que faire de ce gallo dont ils se détournent résolument. Nulle part quelqu’un ne veut perdre son temps avec ce sous-français dépourvu de littérature et dont le son trahit le comique rural. Marc Le Fur, par ignorance ou calcul, sert les intérêts de Paris, pas ceux de la Bretagne.
Pour les nationalistes bretons, il est important de se mobiliser pour en finir avec cette imposture qui depuis trop longtemps, sur fond de relativisme culturel, a été exploitée par les ennemis de Breizh, notre patrie, pour affaiblir le réveil de sa conscience celtique. Cette subversion fransquillonne, si elle n’est pas enrayée, se traduira par la fin du financement de la langue bretonne dans la moitié du pays, et le maintien institutionnel contre elle de ce sabir honteux qui, paradoxalement, est déjà mort. Car aujourd’hui, en 2025, c’est bien la langue bretonne que les Bretons de Rennes ou Nantes veulent apprendre. Seule la langue bretonne peut répondre à l’appel du sang qui traverse les Bretons en quête de renaissance celtique, ce dont ce français grotesque, symbole d’aliénation, est incapable par définition.
Riwanon Tudual
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