Breizh face au latinisme : la lutte pour la receltisation contre l’imposture fransquillonne du patois gallo (Éditorial)

Depuis sa fondation, l’Emsav s’est donné pour objectif, comme son nom l’indique, de receltiser la Bretagne, exposée à une colonisation culturelle étrangère : la colonisation française. Cette colonisation poursuit indirectement l’effort de Rome, entamé à Alésia, lorsque le monde méditerranéen, par le latinisme, entreprit de détruire le monde celtique qui l’avait si longtemps contenu. La francisation est, et sera toujours, foncièrement un mouvement du Sud contre le Nord, un mouvement qui, de culturel, devient sous nos yeux démographique, la France étant devenue la porte d’entrée de l’Afrique en Europe.

Les Français, trop acculturés et trop arrogants, refusent d’admettre la réalité de ce processus historique qui a tout, effectivement, d’une honteuse dégénérescence. Pourtant, la réalité de la langue française est qu’elle est aujourd’hui principalement parlée hors de France, en Afrique, et que la colonisation passée de ce continent se transforme en une colonisation à rebours. Face à cela, la Bretagne, par sa persistance linguistique, incarne le dernier bastion du celtisme sur le continent, un bastion qui, depuis des siècles, excite la haine du latinisme dont Paris est le vecteur. Les nationalistes bretons doivent comprendre ces deux grands mouvements historiques pour situer Breizh au XXIe siècle, saisir sa part dans la sauvegarde de l’Europe face à la grande submersion.

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C’est dans ce contexte général que le parti franco-latin tente, par un mouvement en étau, d’étouffer cette résistance inattendue des Bretons qu’est leur nationalisme linguistique. Par le haut, la France, à travers l’État français, exerce une dictature linguistique féroce, interdisant au breton de s’affirmer partout : administration, enseignement obligatoire, médias. Par le bas, le parti franco-latin a développé un contre-feu en mimant le combat de l’Emsav autour de la langue bretonne – flamme de la renaissance celtique – en prétendant faire du patois gallo, une forme de français rural, une « langue de Bretagne », c’est-à-dire une langue indigène qu’il conviendrait d’imposer partout. À ce compte-là, on pourrait tout aussi bien dire que le français est « une langue de Bretagne ».

Bien que timide au début, le petit carré des illuminés partisans du patois gallo a rapidement dévoilé les intentions que les nationalistes bretons ont toujours identifiées : empêcher la receltisation linguistique de l’ensemble de la Bretagne sous prétexte de promouvoir ce créole angevin, qui n’a débordé en Bretagne que sous la pression de l’État français. Face à une Bretagne qui s’éveille, la clique atteinte de gallomanie baisse le masque et se dévoile : le français oui, le breton non.

La logique inhérente à la promotion du parler gallo est la défense du latinisme, c’est-à-dire la défense du statu quo français contre Breizh. Aucun de ces quelques histrions atteints de gallomanie ne s’offusque de la francisation de la Bretagne. La francisation des noms de communes bretonnes ne trouve chez eux aucun opposant indigné. Ils ne réagissent que face à la receltisation de la Bretagne, au retour de la langue bretonne sur l’ensemble de sa terre, avant qu’elle ne recule sous les assauts de la France voisine. Leur argument, comme on le sait, repose sur le caractère « artificiel » de la présence de la langue bretonne dans telle ou telle région orientale, tout en gardant le silence sur le monopole du français standard partout. Cet argument, nous le savons, est nul et non avenu : les quatre cinquièmes de la Bretagne ont été des zones bretonnantes, et le breton, en tant que langue celtique, est la langue de la renaissance celte après des siècles de colonisation latine ; partant, sa légitimité, partout, est totale.

C’est ici que l’imposture se dévoile : il ne s’agit pas tant du « gallo » que d’empêcher les Bretons d’affirmer leur langue partout. Ce créole a depuis longtemps été abandonné par les campagnes, le français moderne étant la langue romane par excellence. Qu’auraient pu opposer des paysans, dont l’horizon se limitait à la lisière de leur parcelle, à une langue d’État qui avait déjà généré une abondante production culturelle au XVIIe siècle ? La farce du gallo est exposée au grand jour : ce parler roman n’a aucune valeur ajoutée par rapport au français, ni dans sa production, ni dans son esthétique, ni dans le prestige qu’il pourrait exercer sur les masses. C’est là toute la différence avec la langue bretonne, qui éveille chez les Bretons quelque chose d’inexplicable pour l’observateur inattentif et qui exerce sur eux une mystérieuse attraction. Alors que le patois roman, redondant, ne peut que « latiniser davantage », le breton receltise, c’est-à-dire reconnecte les Bretons à leur mémoire ancestrale celtique et les émancipe. C’est pourquoi des écoles en langue bretonne se développent dans l’est de la Bretagne, jusqu’à Naoned, là où le parler gallo ne peut se targuer d’aucune école dans son soi-disant territoire. Cette réalité vaut toutes les condamnations.

Le parti franco-latin compte bien utiliser l’imposture du patois gallo pour contrer systématiquement la progression de la langue bretonne partout en Bretagne, levier du réveil ethnique et national breton. La gauche régionaliste, en développant son habituel relativisme culturel sur fond de misérabilisme, a largement contribué à faire de cette imposture une politique. Dans les milieux linguistiques bretons, sous l’effet d’une désastreuse dénationalisation – que l’on doit à l’affaiblissement de l’Emsav parallèlement à cinquante ans d’influence gauchiste –, on a soutenu cette absurdité au nom du mythe grotesque de la « diversité culturelle ». Il est désormais temps de clarifier la situation, de s’opposer méthodiquement et radicalement à l’imposture du patois gallo comme aux initiatives de ses promoteurs. Derrière ce qui pourrait paraître une querelle sans importance se joue fondamentalement la capacité de Breizh à survivre et à poursuivre sa marche en avant.

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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