Éditorial : Breizh, volonté d’une nation vivante et agissante (Par Budig Gourmaelon)

La Bretagne n’est pas un simple coin de terre, ni une « région » ; c’est, comme son nom l’exprime, une réalité vivante, faite de la chair et du sang des Bretons, qui, à travers l’histoire, a exprimé une volonté. C’est une nation, mais une nation enfouie sous une administration étrangère, étouffée par une amnésie collective qu’a théorie et qu’entretient un État ennemi, l’État français, qui lutte quotidiennement, de cent façons différentes, contre la nationalité bretonne. Pour vivre, cette doit vouloir vivre, et exprimer sans détour cette volonté nationale.

La force d’un peuple ne se mesure pas qu’à ses armes, ou à son économie, mais d’abord à sa volonté d’être et de se dire lui-même. Breizh, envahie, annexée et réduite à un rôle de région périphérique de l’Hexagone, doit retrouve la voix qui exprime sa volonté d’agir. Elle doit parler dans les choix quotidiens que tous les Bretons ont la liberté de faire : un parent qui donne un prénom breton à son enfant et qui s’assure qu’il reçoive un enseignement en langue bretonne maintient le fil de cette volonté. C’est une affirmation qui ne demande pas la permission d’une préfecture, qui se fait par la persévérance, par le refus de plier face à une volonté opposée, la volonté française d’écrasement total de notre nationalité.

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Un peuple vivant ne se contente pas de se souvenir ; il se recrée. La Bretagne, comme l’Irlande de Yeats, qui dans The Rose Tree (1917) voyait dans le sacrifice des nationalistes fusillés par la couronne britannique la graine d’un renouveau irlandais, ne cherche pas à imiter un passé révolu. Elle forge une identité agissante qui, si elle a la mémoire de ses origines, regarde vers l’avenir avec imagination et audace. Cette recréation permanente passe par des actes concrets et d’abord par l’engagement, ferme, du plus grand nombre des Bretons pour que la Bretagne nationale redevienne un État libre en Europe.

Ce combat collectif pour la renaissance de Breizh est indissociable du redressement de la Celtie, la collectivité des peuples celtiques. Notre patrie a toujours dialogué avec l’Écosse, le pays de Galles, l’Irlande, la Cornouaille, l’île de Man, unis que sont nos peuples dans un faisceau spirituel lié par le sang et l’héritage commun, conscient des dangers qui pèsent invariablement sur nous en ce 21e siècle. La Bretagne n’est pas seule, mais elle doit se tenir debout et être digne du rang de nation auquel elle doit aspirer légitimement si elle veut pleinement prendre part à la fondation de cette Celtie nouvelle, elle-même insérée dans l’Europe européenne.

L’idée du sang est nouvelle en Bretagne. Cette idée est une réponse à l’appel d’un peuple qui sait qu’il est davantage que ce que les Français leur ont dit et sommé d’être. La nation bretonne, par sa langue, sa culture, sa sensibilité unique, en puisant dans la mémoire de la terre et des ancêtres et en exaltant les qualités de la race, peut être ranimée par ce souffle, qui n’est pas qu’un souvenir, mais bien une puissance tangible qui peut se mettre en mouvement, volonté agissante qui rendra à notre patrie sa place qui lui revient dans l’histoire.

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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