Les dernières mesures anti-tabac du gouvernement français sont venues confirmer ce que beaucoup pressentaient depuis longtemps : l’hygiénisme et le paternalisme sont devenu le nouvel habit de l’uniformisation. Ne nous y trompons pas : ce n’est pas le tabac qu’ils veulent tuer, c’est l’homme libre, debout, qui choisit – fût-ce au détriment de sa santé – de vivre à sa façon. Derrière une politique de santé publique qui se veut protectrice, c’est une logique de contrôle social et assurer la main mise complète de l’État français sur l’individu, avec toujours la même méthode : décider depuis Paris, imposer uniformément, sans considération pour les réalités locales ni pour les modes de vie enracinés.
À compter du 1er juillet, les plages, parcs et jardins publics, abords des écoles, abribus ou équipements sportifs seront, « partout en France », « des espaces sans tabac ». Fumer y sera donc interdit. Un pas de plus vers une société sous cloche, aseptisée, où tout ce qui dérange l’œil ou la morale hygiéniste de Paris est prié de disparaître. Le prétexte est connu : sauver des vies. Qui pourrait être contre ? Mais à force de gouverner les corps, c’est l’esprit qu’on asphyxie. Car ce n’est pas seulement le tabac que l’on vise ici. C’est une certaine idée de la liberté individuelle, du libre arbitre et, osons le dire, de la culture populaire — celle qui ne passe pas par les filtres aseptisés de la République gestionnaire.
En Bretagne, le tabac n’est pas une lubie parisienne de salon. Il a longtemps accompagné la vie agricole, les traditions rurales, les échanges dans les bistrots, les fêtes locales. Il fait partie d’un certain art de vivre, que l’on peut bien sûr interroger, mais qu’on ne peut balayer d’un revers de décret sans mépris ni ignorance. Ce n’est pas rendre service à la santé publique que de gouverner par l’interdiction pure, sans pédagogie, sans nuance, et surtout sans respect pour la diversité des modes de vie.
Pour nous, nationalistes bretons, ce débat dépasse largement la question du tabac. Il touche au cœur même de notre revendication : le droit de décider pour nous-mêmes, selon nos réalités et notre mode de vie. Le combat pour la liberté passe aussi par ces petits gestes du quotidien qu’on veut aujourd’hui rendre honteux : fumer sa pipe dans son jardin, partager une cigarette entre amis, choisir pour soi-même ce qui vaut la peine d’être vécu. L’État français a choisi la norme. Nous choisissons la liberté.
Ronan Morvan
Recevez notre newsletter par e-mail !
