« La langue bretonne, c’est du folklore » : Stéphane Larhant, joaillier de Quimper, dénonce violemment la promotion du breton

Dans les ruelles étroites de la rue Haute, au cœur du vieux Kemper (Quimper), se niche l’atelier de Stéphane Larhant, artisan joaillier. Les avis sur Pages Jaunes le dépeignent en « joaillier créatif », un artisan qui a reçu la distinction de maître artisan en 2013, une reconnaissance qui devrait, en théorie, honorer le savoir-faire breton. Mais derrière ces façades polies, Stéphane Larhant révèle un visage bien plus sombre : celui d’un camelot qui tire profit de l’image de la Bretagne tout en crachant ouvertement sur l’un de ses piliers essentiels, la langue bretonne.

L’affaire a éclaté publiquement sur Facebook, sous un post anodin de la campagne départementale « Tout commence en Finistère » (lire ici). Une simple question d’une internaute, « Où est la langue bretonne dans la communication du département ? », a suffi à déclencher la bile de M. Larhant. Ses réponses, postées sans filtre et sur un ton véhément, sont un concentré de mépris pour la dernière langue celtique du continent :

« La langue bretonne, c’est bien pour le folklore, le fest-noz. Pour 0,5 %, ça devient du grand n’importe quoi. »

Pour M. Larhant, notre langue millénaire en grand danger, n’est qu’un gadget bon pour distraire les touristes. Mais il ne s’arrête pas là. Poursuivant ses attaques, il assène à ceux qui se lamentent d’un tel mépris :

« Avec des personnes comme vous, nous serons bientôt dans l’obligation de parler le breton. »

Il est en effet urgent que la langue de la Bretagne et de son peuple, le breton, soit enfin enseigné obligatoirement à l’école, comme il est d’usage dans toute l’Europe. Si le français, l’anglais ou l’espagnol le sont, rien ne justifie que notre langue nationale ne le soit pas, sauf à être un représentant des intérêts français en Bretagne, ceux que M. Larhant semble embrasser avec zèle. Ce dernier ajoute :

« J’en ai marre des clichés bzh. La langue est clairement visible partout donc inutile d’en rajouter. »

Cette prétendue omniprésence de la langue bretonne est un mensonge éhonté. La langue bretonne lutte pour sa survie face à un système étatique et éducatif qui la relègue activement aux marges dans le but avoué de la faire disparaître. Sur les panneaux de Bretagne, elle est un épiphénomène. Larhant achève son intervention par un « Parlez-moi d’un sujet totalement éclipsé de la Bretagne », comme si la question de la survie d’une des dernières langues celtiques n’était qu’une fantaisie marginale.

La riposte d’un autre internaute ne se fait pas attendre, et elle est cinglante :

« Les clichés ? Donc le français est un cliché de la France ? L’allemand est un cliché de l’Allemagne ? Etc… Vous riez surtout sur des effets de l’interdiction de la langue. Superbe mentalité. »

Et de conclure :

« Oui c’est ça, cachez votre intolérance par un enduit supposé d’intelligence. Vous vivez au 19ᵉ. Tous les pays occidentaux reconnaissent les autres langues sur leur territoire. Seule la France refuse. »

Des mots qui tombent juste. En effet, pendant que l’Espagne intègre le catalan dans ses institutions, que le Royaume-Uni revitalise le gallois, la France – et ses relais d’influence comme ce joaillier – s’accroche à un nationalisme fransquillon poussiéreux.

Mais tout s’expliquer lorsque l’on apprend, sur la page du commerce de M. Larhant, qu’il est un adepte revendiqué de la pire droite française représentée par Bruno Retailleau qu’il a flatté en lui offrant une médaille glorifiant l’impérialisme français ? 

En tant que commerçant ancré à Kemper, Stéphane Larhant n’est pas un simple passant indifférent. Son atelier au 12 rue Haute, dans le quartier Locmaria – fief historique de l’art et de la faïence bretonne –, profite directement de la réputation culturelle qui fait vivre la capitale de la Cornouaille.

Image Google Maps

Dans une Bretagne où de nombreuses familles bretonnes luttent pour transmettre notre langue, où des associations comme l’Office public de la langue bretonne mènent un combat quotidien pour sa survie, où encore récemment de nombreux artistes se mobilisaient pour qu’une politique linguistique qui respecte la dignité de la nation bretonne soit enfin adoptée, les propos haineux de Larhant jettent de l’huile sur le feu. Ils stigmatisent les jeunes apprenants, renforcent les stéréotypes négatifs véhiculés par Paris et fragilisent l’image des commerçants bretons qui repose en partie sur l’attractivité culturelle de notre pays. Pour un maître artisan, censé incarner l’excellence et le respect de la Bretagne, c’est un suicide réputationnel.

Qui voudrait confier ses alliances ou ses colliers à un homme qui méprise l’âme du pays où il vit ? Les clients potentiels, en lisant ces commentaires publics – toujours accessibles sur Facebook –, pourraient bien se tourner vers d’autres bijoutiers, ceux qui honorent vraiment leur héritage. Stéphane Larhant a le droit à la liberté d’expression, comme tout un chacun. Elle est même indispensable pour que les Bretons et les amis de la Bretagne bretonne sachent à qui ils ont affaire.

Les Bretons peuvent protester auprès des Vitrines de Quimper, l’association des commerçants de la ville, pour exiger une condamnation ferme de ces propos qui nuisent gravement aux intérêts moraux du peuple breton, tout comme à l’image de la capitale de la Cornouaille : http://www.vitrines-quimper.fr/contact/

Budig Gourmaelon

« Capture d’écran – Facebook / Bijouterie Larhant, nov. 2025 »

 

Recevez notre newsletter par e-mail !

By La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×