Fabien Mandon, chef de l’état-major hexagonal, l’a formulé avec la précision d’un acte notarié : un conflit de haute intensité contre la Russie à l’horizon de 3 ou 4 ans impliquerait « le sacrifice de nos enfants ». Traduisons : au très bas mot des dizaines de milliers de jeunes Bretons morts ou mutilés pour des objectifs stratégiques qui ne concernent en rien la Bretagne et sa défense.
🗨️ « Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants (…) alors on est en risque. »
L’alerte du chef d’état-major des armées françaises, Fabien Mandon, esquissant devant les maires le retour d’un conflit « sur notre continent »#canal16 pic.twitter.com/tQEapOUVJN
— franceinfo (@franceinfo) November 20, 2025
Depuis 1532, chaque fois que la France a engagé une guerre majeure, la Bretagne a payé un tribut disproportionné :
- 1870 : camp de Conlie, 40 000 mobilisés bretons délibérément sacrifiés.
- 1914-1918 : 600 000 mobilisés, 200 000 tués.
- 1939-1945 : des centaines de milliers de prisonniers bretons, nos villes bombardées.
À chaque fois, en violation de la neutralité de la Bretagne qui demeure un État indépendant occupé par la France. Aujourd’hui, les données sont les mêmes. Paris utilise la Bretagne comme réservoir humain à bas coût politique : les manifestations contre les guerres y sont rares, la mémoire collective traumatisée, la classe politique servile.
Quoi que l’on pense de la guerre en Ukraine, aucun intérêt vital breton n’y est engagé. Il n’y a pas de menace directe sur le territoire breton, pas de dépendance énergétique critique vis-à-vis de l’Ukraine, pas d’enjeu culturel ou économique. Rien ne justifie que la Bretagne soit engagée directement dans un conflit avec la Russie, sinon notre sujétion actuelle vis-à-vis de la France.
L’engagement français relève exclusivement d’une tentative de préservation de son rang par une puissance très déclinante. La Bretagne n’a rien à gagner et tout à perdre dans un tel conflit.
Rester dans le cadre français, c’est accepter trois certitudes :
- Nous, Bretons, n’aurons jamais voix au chapitre sur les décisions de guerre.
- Nous fournirons toujours un contingent supérieur à notre poids démographique, sans gain politique.
- Nous n’obtiendrons jamais de compensations proportionnelles (reconstruction, investissements, statut).
La seule réponse rationnelle est la rupture institutionnelle complète. Une Bretagne redevenue un État souverain en Europe disposerait instantanément des leviers suivants :
- Proclamation immédiate de neutralité armée (modèle suisse ou autrichien 1955).
- Création d’une force de défense nationale, dimensionnée pour la protection du territoire et des 1 300 km de côtes, financée par la récupération de la totalité de l’impôt breton.
- Participation aux mécanismes européens de défense exclusivement sur la base d’accords bilatéraux ou multilatéraux volontaires, à la carte, révisables chaque année (modèle finlandais ou suédois, sans abandon de souveraineté).
Cette armée bretonne ne serait pas isolationniste : elle pourrait coopérer avec les nations européennes, mais uniquement quand les intérêts bretons sont clairement identifiés et protégés. Elle refuserait systématiquement toute opération hors zone d’intérêt vital (Mer Celtique, Atlantique Nord-Est, protection des câbles sous-marins et des ZEE). Le programme de défense nationale présenté par le Parti National Breton éclaire ce que serait cette armée bretonne.
L’indépendance n’est pas un slogan romantique, ni un concept usé. C’est l’outil qui permet de faire prévaloir l’intérêt national breton sur les intérêts étrangers. Tant que la Bretagne sera reléguée au rang de « région » française, elle restera une variable d’ajustement démographique et budgétaire. Dès la proclamation de l’indépendance, nous, Bretons, devenons un sujet géopolitique à part entière.
Fabien Mandon a eu le mérite de la clarté : Paris est prêt à sacrifier une génération. La conclusion est froide : il est temps de quitter la table avant que la facture ne nous soit présentée. La Bretagne a déjà payé plus que sa part. Elle ne doit plus rien. Il est temps de redevenir un État, de lever une armée qui défende la Bretagne et seulement la Bretagne, son peuple et ses intérêts, et de choisir nous-mêmes quand, comment et avec qui coopérer en Europe. Rien de moins.
Budig Gourmaelon
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