Canada : nouvelle étape franchie pour un référendum sur l’indépendance de l’Alberta

Le 22 décembre 2025, l’organisme indépendant Elections Alberta – responsable de l’administration des élections et référendums provinciaux – a approuvé une proposition de référendum citoyen sur l’indépendance de l’Alberta. Cette décision relance un débat sensible sur l’unité canadienne, dans un contexte de tensions récurrentes entre la province et Ottawa.

La question validée est directe : « Acceptez-vous que la province de l’Alberta cesse d’être une partie du Canada pour devenir un État indépendant ? » Portée par l’Alberta Prosperity Project (APP), elle est défendue par son PDG, Mitch Sylvestre.

Sylvestre, qui préside aussi une association de circonscription pour le Parti conservateur uni (UCP) de la première ministre Danielle Smith, voit dans cette approbation une « énorme victoire démocratique ». Il motive l’initiative par les frustrations face aux politiques fédérales sur l’énergie, perçues comme pénalisantes pour l’industrie pétrolière albertaine.

Ce n’est pas une première tentative : une version similaire avait été rejetée plus tôt en 2025 par un juge, pour des raisons constitutionnelles. Le gouvernement de Danielle Smith a alors adopté le projet de loi 14 début décembre, modifiant les règles pour faciliter de telles initiatives citoyennes et contourner les blocages judiciaires précoces.

La prochaine étape est cruciale. À partir du 2 janvier 2026, l’APP dispose de 120 jours pour recueillir environ 178 000 signatures valides (10 % des électeurs de la dernière élection provinciale). Le groupe revendique déjà des milliers de volontaires et des promesses de soutien, mais le défi logistique est important. En opposition, une pétition pro-Canada, « Alberta Forever Canada », menée par l’ancien vice-premier ministre Thomas Lukaszuk, a déjà largement dépassé son seuil de signatures.

Même en cas de succès et d’un éventuel « oui » majoritaire, la séparation ne serait pas automatique : l’avis de la Cour suprême du Canada de 1998 sur le Québec exige des négociations avec le fédéral et les autres provinces.

Bien que le soutien à l’indépendance reste encore minoritaire (autour de 20-30 % selon les sondages), cette affaire met en lumière les revendications plus larges de l’Alberta, comme le retrait du Régime de pensions du Canada. Les mois à venir, avec la collecte de signatures, détermineront si ce débat ira jusqu’au référendum. Pour l’instant, il met en lumière les fissures croissantes dans le système canadien.

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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