30 chefs bretons qui ont fait la Bretagne (partie 12) : Yudikael, le roi saint (590 – 642)

Yudikael naquit vers l’an 590 en Domnonée, un des trois royaumes bretons situé au nord de la Bretagne. Fils aîné de Yudhaël, roi de Domnonée, et de la reine Prizel, issue du noble lignage du Léon, il grandit au sein d’un peuple breton encore marqué par les grandes migrations venues de l’île de Bretagne. Les barbares francs, installés au-delà de la Vilaine, rêvaient déjà de nous soumettre. Le nom même de Yudikael, qui signifie « seigneur généreux » en langue bretonne, annonçait le destin d’un homme appelé à régner sur la Bretagne avec magnanimité. 

L’exil monastique et le retour au pouvoir

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À la mort de son père vers 605, le jeune prince fut écarté du trône par son frère cadet Haëloc, soutenu par des conseillers ambitieux. Plutôt que de plonger la Bretagne dans une guerre fratricide qui aurait permis aux Francs d’envahir le pays, Judicaël choisit de se retirer au monastère Saint-Jean de Gaël, fondé par Saint Méen. Haëloc régna avec rudesse jusqu’à sa mort vers 615. Le peuple rappela alors Yudikael. Il quitta son abbaye. C’est ainsi que commença son règne effectif. Il unifia les royaumes de Domnonée et Broërec, devenant le premier Rex Britannorum, roi des Bretons unifiés.

Un règne d’unité et de paix bretonne

Sous le sceptre de Yudikael, la Bretagne connut une stabilité rare. Il épousa Morone, noble du Léon, et gouverna avec autorité bienveillante pendant près de vingt ans. Il consolida les alliances entre les clans, protégea les monastères qui fleurissaient. Pour la première fois depuis de la fondation de la Bretagne, un seul chef breton portait le titre de roi des Bretons, affirmant haut et fort notre souveraineté face aux prétentions des barbares francs. 

Face aux Francs : dignité et diplomatie

Les relations avec les Francs, menés par le roi Dagobert Ier, constituèrent l’aspect le plus délicat de son règne. Vers 635-636, après des opérations militaires bretonnes visant à libérer les territoires romano-chrétiens occupés par les barbares, Dagobert exigea soumission et tribut depuis Clichy. Yudikael répondit en véritable roi breton et prit la tête des négociations. Il conclut un traité de paix. La Chronique de Frédégaire elle-même reconnaît le respect qu’inspira Yudikael qui refusa de partager la table de Dagobert.

L’abdication et la sainteté

Vers 642, après avoir assuré paix et unité, il abdiqua volontairement. Il confia le pouvoir à son frère Judoc, qui suivrait lui aussi la voie monastique, et retourna à Gaël, ou peut-être au monastère de Paimpont qu’il avait contribué à fonder. Pendant les dernières années de sa vie, il vécut en simple moine : prière, jeûne, travail de la terre aux côtés des frères. Sa sainteté rayonna rapidement. On lui attribua guérisons, visions et une charité exemplaire envers les pauvres. Il mourut le 16 ou 17 décembre 647 (ou 652 selon les traditions), un dimanche. Enterré à Gaël auprès de Saint-Méen, il devint Sant Yudikael, vénéré dans toute la Bretagne.

Olier Kerdrel

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By La rédaction

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