De Conan, le fondateur du royaume breton en Armorique à la fin du 4ème siècle, jusqu’aux ducs du 16ème siècle qui se revendiquaient « rois en leur duché », l’histoire de la Bretagne est celle d’une royauté farouchement défendue pendant plus de 12 siècles. Entre résistance aux Saxons, aux Francs, aux Vikings puis aux Capétiens, les Bretons ont successivement bâti un royaume, définitivement unifié sous Nominoë et ses successeurs, avant de maintenir, sous le titre ducal, une indépendance reconnue par le droit et même par la papauté.
Conan, roi fondateur de la Bretagne (383)
À la fin du 4ème siècle, l’Empire romain d’Occident traverse une période d’instabilité croissante. En 383, le général Magnus Maximus, commandant les troupes romaines en Bretagne insulaire, est proclamé empereur par ses soldats. Il traverse la Manche avec des unités romaines essentiellement composées de soldats bretons, affaiblissant considérablement la défense impériale sur l’île.
L’Armorique est alors pour sa part une province romaine périphérique, peu urbanisée et partiellement romanisée. Dans la Vie de Saint Guthiern (Cartulaire de Kemperle, vers 1120-1128), Conan, frère de Beli et fils d’Outham, reçoit de Maximus « toute l’Armorique ». Il y installe des Bretons insulaires, nomme le pays Letavia (Llydaw en gallois) et en devient le premier souverain. Geoffroy de Monmouth, dans son Historia Regum Britanniae (1135-1138), développe considérablement le récit : Maximus donne l’Armorique à son neveu Conan, le couronne roi (fecit eum regem) et l’autorise à y établir une colonie bretonne pour y assurer l’ordre impérial. Conan apparaît comme le roi qui organise l’implantation bretonne, chasse les opposants de Maxime et fonde le royaume de Petite Bretagne (Britannia Minor).
Les premières traces archéologiques d’une présence brittonique en Armorique apparaissent au même moment, dès la fin du 4ème siècle et le début du 5ème siècle. On retrouve notamment de la céramique originaire du Dorset et du sud-ouest de la Grande-Bretagne sur les sites d’Alet (Saint-Malo), Ploulec’h et Yaudet, où elle est associée à des niveaux d’occupation de la fin du 4ème siècle. Des fibules à arc et des broches de style post-romain britannique typiques du Pays de Galles et de Cornouailles ont été découvertes à Yaudet, Tévennec et sur plusieurs sites côtiers du Léon et du Trégor. Le site le plus significatif reste le grand cimetière de Saint-Urnel à Plomeur (Finistère), où les fouilles ont mis au jour des sépultures avec des caractéristiques anthropologiques (crânes allongés, robustesse osseuse) très proches de celles des populations brittoniques insulaires ; certaines tombes pourraient remonter à la fin du 4ème siècle. Ces découvertes attestent de la présence bretonne à l’époque de Conan.
Vortigern, Haut-Roi des Bretons (410)
Vers 398-400, le général Stilicho, principal ministre et régent de l’empereur Honorius, organise une intervention militaire en Bretagne insulaire. Face à des raids répétés des Pictes, Scots et Saxons, il envoie des renforts et fait renforcer les défenses côtières. Cette campagne permet de repousser temporairement les envahisseurs. Le poète officiel Claudien vante cette victoire, présentant Stilicho comme le protecteur de la Bretagne. Il s’agit de l’un des tout derniers efforts militaires romains pour défendre l’île.
En 407, Flavius Claudius Constantinus prend la tête des dernières troupes romaines présentes sur l’île, mécontentes de leur situation alors que la Bretagne est attaquée de toutes parts, se fait proclamer empereur sous le nom de Constantin III et envahit la Gaule, à l’image de Maxime. Il est vaincu par les troupes d’Honorius, empereur en titre. Lorsque les cités bretonnes font ensuite appel à l’empereur Honorius pour défendre l’île face aux envahisseurs angles et saxons en 410, celui les appelle à prendre en charge leur défense seuls, mettant de fait fin à la présence romaine après 350 ans d’occupation.
Après le départ des Romains, la Bretagne est dirigée par des rois tribaux organisés autour des cités de l’île. Une lignée issue de Constantin III (qui avait emmené les dernières légions en Gaule) fournit encore des prétendants au pouvoir suprême. Parmi eux figure Constans (ou Constant), fils de Constantin, décrit comme un homme faible, souvent présenté comme un ancien moine sorti de son monastère. Un Breton portant le titre de Vortigern (« Seigneur Suprême »), déjà un puissant chef de guerre, devient le principal conseiller de Constans. Aux alentours des années 420, il prend progressivement le contrôle des affaires militaires et administratives, plaçant ses hommes de confiance dans les places fortes et gérant le trésor.
Vortigern est le premier Breton à devenir haut-roi de Bretagne depuis la conquête romaine. Cunobelinus, roi de la tribu des Catuvellauni (9-40 de notre ère) et appelé Rex Britannorum par Suètone, étant le dernier à porter le titre.
Ambrosius Aurelianus (460)
Vers 460, Ambrosius Aurelianus succède à Vortigern. Le chroniqueur Gildas (6ème siècle) le présente comme un chef militaire issu de l’aristocratie britto-romaine dont la famille a exercé de hautes fonctions sous l’empire. Il organise les défenses de l’île et mène de puissantes contre-offensives contre les Saxons.
C’est à ce moment qu’un homme portant le titre de Haut-Roi des Bretons (« Riothamus »), actif en Gaule vers 468-470, est mentionné par deux sources majeures :
- Sidoine Apollinaire (lettre à Vincentius) le désigne comme un chef breton puissant.
- Jordanes (Getica, VIe siècle) l’appelle explicitement « roi des Bretons » (rex Brittonum). Il conduit 12 000 hommes par mer depuis la Bretagne insulaire (ou Armorique) pour soutenir l’empereur Anthemius contre les Wisigoths d’Euric. Vaincu près de Bourges (Bituriges), il se réfugie chez les Burgondes, alliés aux Romains.
L’offensive bretonne, la dernière avant le renversement du dernier empereur romain d’Occident (476) vise à empêché que la Gaule ne soit coupée en deux par les Wisigoths d’Euric, ce qui aurait isolé l’île de Bretagne et le royaume gallo-romain de Syagrius de l’empire romain d’Occident.

Situation en Europe occidentale avant la destruction du royaume gallo-romain de Syagrius par les barbares francs en 486
L’échec de l’offensive bretonne scelle le sort du royaume de Syagrius qui ne peut plus espérer de secours depuis Rome. En Italie, le général Odoacre, après avoir aboli la fonction impériale pour l’Occident, se déclare roi, mettant de facto un terme à l’ère impériale.
L’intervention d’un haut-roi breton démontre que l’île de Bretagne est organisée en royaume après le départ des légions romaines de Grande-Bretagne (410) et que celle-ci agit en qualité d’alliée de Rome jusqu’en 470.
Les rois bretons du Haut Moyen Âge (6e-7e siècles)

Au 6ème siècle, la Bretagne est organisée en royaumes bretons : la Domnonée (nord), la Cornouaille (ouest) et le Bro Waroch (sud-est). Les cités de Roazhon (Rennes) et de Naoned (Nantes) sont occupées par les barbares francs en 490 après l’assassinat de Syagrius, roi des Gallo-romains. Les Bretons, garant de l’ordre chrétien et romain, ne peuvent pas immédiatement libéré ces territoires de l’occupation franque.
Les sources sont rares et biaisées : le principal témoin contemporain est Grégoire de Tours, propagandiste au service des Francs, qui tente de délégitimer les Bretons. Les Vies de saints (hagiographies) complètent ces informations, mais avec un fort caractère légendaire. Riwal (ou Rioval, Riwalus, vers 480-520) est traditionnellement considéré comme le fondateur du royaume de Domnonée armoricaine. Chef d’origine insulaire, il aurait dirigé une importante migration bretonne et établi un pouvoir dans le nord de la péninsule. Il apparaît surtout dans des sources tardives (XIe-XIIe siècles) et des généalogies, ce qui rend son historicité discutée. Le personnage le plus marquant est Conomor (Conomerus, vers 540-560). Les Vies de saints (notamment celle de saint Samson et de saint Pol Aurélien) le dépeignent comme un tyran cruel, usurpateur de la Domnonée après avoir tué le roi Jonas, accusé d’avoir tué plusieurs épouses (dont Tryphine, fille du roi Waroch). Il domine une grande partie du nord de l’Armorique (Domnonée et Poher) avant d’être vaincu et tué vers 560, probablement par Judual, fils du roi Jonas, qui accède au trône.
Dans le sud-est, Waroch (encore appelé Guerec’h ou Waroc’h, mort vers 550) fonde le royaume du Waroc’h ou Broërec dans l’actuel pays vannetais. Son fils Macliau (Macliavus) et ses petits-fils Chanao et surtout Waroch II (fils de Macliau, actif après 577) apparaissent plus clairement chez Grégoire de Tours. Le roi Waroch II résiste aux expéditions de Chilpéric Ier qui tente d’envahir la Bretagne. Ces chefs exercent un pouvoir à la fois guerrier, clanique et parfois épiscopal (certains cumulent titres laïcs et ecclésiastiques).
Au 7e siècle, Judicaël (vers 600-650) est le plus important des rois de Domnonée : la Chronique de Frédégaire le nomme explicitement rex Brittonum (« roi des Bretons ») et mentionne son regnum Brittaniae, probablement en qualité de haut-roi. En tant que souverain, il entretient des relations diplomatiques avec Dagobert Ier.
L’unification des royaumes bretons (845)
La royauté bretonne unifiée émerge face à la pression carolingienne. À partir de 750, les Francs tentent d’occuper les villes bretonnes de Roazhon (Rennes), Gwened (Vannes) et Naoned (Nantes). Pépin le Bref occupe brièvement Vannes et désigne un Franc, Frodoald, pour tenter d’établir l’occupation franque dans l’est de la Bretagne. L’opération échoue. De 778 à 811, Charlemagne multiplie les campagnes militaires pour soumettre les Bretons, sans jamais y parvenir. Après la mort de Charlemagne, les Francs doivent faire face à Morvan, puissant roi des Bretons qui anime la résistance aux envahisseurs. Celui-ci est tué au combat en 818.
Après une trêve précaire, Louis le Pieux, fils de Charlemagne, désigne vers 831 un Breton issu d’une lignée royale, Nevenoe (Nominoe), pour représenter le pouvoir franc dans le Bro Waroc’h. Dès la mort de Louis le Pieux en 840, Nevenoe se fait reconnaître roi des Bretons et prend la tête du mouvement de libération de l’est de la Bretagne. Charles le Chauve, fils de Louis le Pieux, tente une nouvelle fois d’envahir la Bretagne à la tête des troupes impériales, mais Nevenoe l’humilie à la bataille de Ballon (845). En 846, à Angers, l’empereur des Francs signe la paix et évacue Roazhon, Naoned et le pays de Retz. En 849, le roi breton dépose les évêques francs illégitimement installés et unifie les royaumes bretons sous son autorité.
À la mort de Nevenoe, Charles le Chauve envahit perfidement la Bretagne, pensant pouvoir exploiter le vide politique. Mais le fils de Nevenoe, Erispoe, lui succède à la tête du royaume. La défaite des Francs est encore plus écrasante lors de la bataille de Jengland-Beslé (851). Lors du second traité d’Angers, les Francs reconnaissent à nouveau les frontières du royaume de Bretagne.
Salomon (857-874) représente l’apogée : il étend le territoire, renforce l’Église (archevêché de Dol) et manœuvre entre Francs et Vikings. Les sources franques le reconnaissent comme roi.
Alain le Grand (vers 890-907) est le dernier à porter le titre royal de manière documentée. Il lutte contre les Vikings avant que les invasions du début du 10ème siècle ne plongent la Bretagne dans le chaos.
Les rois bretons face aux Vikings (9ème siècle)

Tombeau du roi Æthelstan
Le fils d’Alain Rudald, comte de Gwened (Vannes), lui succède sur le trône en 907, mais meurt en 912 en luttant contre l’envahisseur. Après la mort de Rudald, Mathuedoï, époux de la fille d’Alain le Grand, devient régent. Il s’exile avec son fils, Alain, nouveau roi de Bretagne, pour l’Angleterre où le roi Æthelstan l’accueille. Alain II Barbetorte débarque en Bretagne en 936 et repousse triomphalement les Vikings hors de Bretagne en 939 avant d’établir la capitale du royaume de Bretagne à Naoned (Nantes). Drogon, fils d’Alain II, meurt jeune et est succédé par Hoël, roi de Bretagne de 960 à 981. À sa mort, c’est son frère Gueverc’h qui lui succède sur le trône (981-988). Alain III, fils de Gueverc’h, meurt jeune et n’est roi que de 988 à 990.
La dynastie des Conaniens
En 990, Conan Ier, comte de Roazhon (Rennes), s’empare du pouvoir en Bretagne après la mort du roi Alain. Il devient le premier roi de cette nouvelle lignée. Il agit en souverain indépendant, se fait même couronner symboliquement selon Raoul Glaber, et ne rend aucun hommage au roi Hugues Capet. Sa mort brutale en 992 à la bataille de Conquereuil met fin à son règne ambitieux.
Son fils Geoffroy Ier (992-1008) lui succède sans difficulté. Il consolide l’autorité centrale tout en préservant l’indépendance bretonne face aux Capétiens. Il s’allie notamment avec les comtes de Blois et d’Anjou, refusant toute subordination au roi Robert II le Pieux.
Alain III (1008-1040), fils de Geoffroy, poursuit cette politique d’indépendance. Il intervient dans les affaires normandes aux côtés du jeune Guillaume le Bâtard, mais reste fermement indépendant vis-à-vis des rois de France. Sa mort en 1040 laisse le trône à son fils Conan II (1040-1066). Ce dernier doit d’abord lutter contre la tutelle de son oncle Eudes de Penthièvre avant de gouverner seul. Lui non plus ne reconnaît aucune suzeraineté capétienne.
À la mort de Conan II sans héritier direct en 1066, le pouvoir passe à Hoël (1066-1084), issu d’une branche collatérale. Puis vient Alain IV (1084-1112), qui participe à la première croisade. Son fils Conan III (1112-1148) règne longuement et renforce l’autorité royale bretonne tout en maintenant une complète indépendance vis-à-vis de Louis VI et Louis VII. La succession devient plus complexe avec Eudes (1148-1156), puis Conan IV (1156-1166). Ce dernier, confronté à des difficultés internes, doit composer avec l’influence grandissante d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre et vassal du roi des Francs. Sa fille Constance (1166-1201) épouse Geoffroy Plantagenêt, fils d’Henri II, avec lequel elle a un fils, Arthur, qui devient l’héritier putatif de l’empire des Plantagenêts que la Bretagne rejoindrait.
Rois en leur duché
L’avènement Arthur Ier (1201-1203), fils de Geoffroy, marque un tournant décisif. Aspirant à succéder à Richard Coeur de Lion en tant que souverain de l’empire Plantagenêts, il s’oppose à oncle, Jean sans Terre qui prétend au trône. En 1202, il rend hommage lige à Philippe Auguste à Gournay-en-Bray en échange de son soutien contre son oncle pour la conquête des provinces continentales. Il devient ainsi le premier roi de Bretagne à abandonner la dignité royale et à devenir l’homme-lige d’un roi franc. Arthur est rapidement défait par Jean sans Terre en 1203, capturé et meurt en détention.
Alix de Thouars (ou Alix de Bretagne), fille de Constance et de son troisième mari, Guy de Thouars. Elle monte sur le trône de Bretagne de droit dès 1203, mais elle n’a que 4 ou 5 ans. Pierre de Dreux (appelé Pierre Mauclerc), un seigneur capétien de la maison de Dreux (cousin de Philippe Auguste), l’épouse en 1213. Un Franc monte sur le trône de Bretagne, qui est alors réduit à un duché.

Arthur III
Toutefois, les ducs de Bretagne, descendants par Alix des rois de Bretagne, ont conscience de leur dignité. Arthur III, descendant en ligne directe de celle-ci, le réaffirme au roi de France le 11 mai 1458 : Dans une lettre datée du 11 mai 1458, Arthur III répond à une convocation du roi Charles VII qui lui ordonnait de venir à Montargis en tant que pair de France : « J’ai de tout temps servi Charles et son royaume ; je suis connétable, et comme tel je suis tenu de me rendre aux ordres du roi, mais non comme duc de Bretagne. Je ne suis point pair de France, attendu que mon duché n’a jamais fait partie du royaume, et qu’il n’en est point un démembrement ; et, pour ne pas compromettre l’indépendance de mes sujets, je ne comparaîtrai ni à Montargis ni ailleurs. »
Les ducs de Bretagne ont longtemps revendiqué le statut de « roi en son duché » (rex in suo ducatu), une formule forte qui affirmait leur souveraineté pleine et entière à l’intérieur des frontières du duché. Cette expression signifiait que le duc exerçait tous les droits régaliens — justice suprême, frappe de monnaie, levée d’impôts, nomination des évêques, conduite de la guerre — comme un roi dans son royaume, sans que le roi de France puisse intervenir directement dans les affaires intérieures bretonnes. Elle s’inscrivait dans la même logique que la célèbre maxime capétienne « le roi est empereur en son royaume ».

Couronnement du duc François Ier
Cette doctrine atteint son apogée aux XIVe et XVe siècles. La source la plus célèbre et la plus autorisée est papale : en 1458-1464, le pape Pie II (Enea Silvio Piccolomini) déclara explicitement, dans le cadre de négociations avec le duc François II : « Si le roi de France est empereur en son royaume, le duc de Bretagne est roi en son duché ». Cette reconnaissance pontificale, rapportée par plusieurs chroniqueurs et confirmée par l’historien B.-A. Pocquet du Haut-Jussé dans son ouvrage Les papes et les ducs de Bretagne (1928), constituait un appui diplomatique majeur pour les Bretons. Les ducs Jean IV, Jean V, Arthur III et François II utilisèrent régulièrement cette argumentation, notamment lors des cérémonies d’hommage, où ils refusaient systématiquement l’hommage lige au profit d’un hommage simple. Cette position juridique leur permit de maintenir l’indépendance de fait du royaume de Bretagne pendant plusieurs siècles, de nouer des alliances avec l’Angleterre et de développer une véritable diplomatie souveraine. La formule « roi en son duché » ne fut donc pas une simple rhétorique de prestige, mais un véritable principe de droit public breton, solidement défendu jusqu’à la fin de l’indépendance de la Bretagne après le coup d’état et l’annexion de 1532.
Henri, dernier détenteur de la royauté bretonne

François III, dernier duc de Bretagne couronné à Roazhon (Rennes)
Né le 28 février 1518 au château d’Amboise, François, petit-fils d’Anne de Bretagne, hérite à la mort de sa mère, Claude, du titre de duc de Bretagne. Le 14 août 1532, à Roazhon, le jeune homme, alors âgé de quatorze ans, est couronné duc de Bretagne sous le nom de François III. Cette cérémonie, la dernière du genre dans l’histoire bretonne, suit le rite traditionnel : entrée solennelle par la porte aux Foulons (le cortège étant trop important pour passer par la porte Mordelaise), prestation de serment sur les Évangiles par lequel il s’engage à respecter les privilèges, libertés et coutumes de Bretagne, puis couronnement par l’évêque de Roazhon (Rennes), Yves Mahyeuc, dans la cathédrale Saint-Pierre. Il reçoit le manteau d’hermine et le collier de l’ordre de l’Hermine. François III ne régnera jamais. De santé fragile, probablement marquée par les années de captivité en Espagne, il meurt prématurément le 10 août 1536 au château de Tournon, à seulement 18 ans. Sa disparition fait de son frère cadet, Henri II, le dernier duc de Bretagne. Avec lui, la royauté bretonne entre en sommeil en 1547.
Olier Kerdrel
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