Dans un exercice de communication pathétique parfaitement calibré pour le 14 juillet, Loïg Chesnais-Girard, président du conseil « régional » de Bretagne, s’est affiché en Ukraine. Là-bas, il a trouvé le moyen de flatter l’impérialisme français qui a justement privé les Bretons de la leur. Le loyaliste servile n’a pas raté l’occasion : pendant que la France célèbre sa « fête nationale » – celle de l’annexion de la Bretagne –, il pose en défenseur des peuples opprimés… sauf le sien.
Le cynisme est à couper au couteau. D’un côté, Girard évoque la « liberté » ukrainienne. De l’autre, il reste muet, complice et même complaisant face à l’histoire réelle de la Bretagne : l’occupation militaire, l’annexion par la force, la destruction systématique de notre langue et de notre culture au nom de la pseudo « unité nationale » de l’Hexagone, arrachée par la force de la guillotine. Ce n’est pas de l’histoire ancienne. C’est le résultat direct de cet impérialisme français qu’il encense chaque fois qu’il enfile le costume du bon petit soldat républicain.
Girard incarne à la perfection le loyaliste servile : touriste éternel toujours prêt à poser en photos, jamais à agir pour la Bretagne. Les selfies et les déclarations creuses sont son régime ordinaire. On l’a vu signer des déclarations d’amitié avec des régions ukrainiennes pendant que, chez nous, la langue bretonne continue de reculer, écrasée par l’État français, que l’identité bretonne est diluée sous les flots de l’immigration de remplacement, et que les véritables revendications nationales bretonnes sont ignorées. Pour lui, la Bretagne n’est qu’un rampe politique, une carte de visite électorale, un tremplin vers Paris. Jamais une nation à défendre.
Il flatte l’État qui a tout fait pour nous réduire à néant par la francisation, tout en versant des larmes de crocodile sur les peuples qui résistent à l’impérialisme ailleurs. Cette schizophrénie politique est indécente. On ne peut pas pleurer la souveraineté ukrainienne et accepter, le reste de l’année, que la Bretagne reste enchaînée dans une République étrangère qui nie son existence même.
Assez de ces poseurs. Assez de ces politiciens à la botte de Paris qui servent d’abord le système qui nous a conquis plutôt que le peuple qui les a mandatés ! Loïg Chesnais-Girard n’est pas un président de la Bretagne : c’est un préfet sans pouvoir, un valet zélé qui préfère les honneurs français aux combats bretons. Aux prochaines élections dites « régionales », il sera temps de tourner la page de plus d’une décennie d’inutilité et d’insultes. Massivement et sans état d’âme. Les Bretons méritent mieux que ce théâtre pathétique où l’on défend la liberté des autres en trahissant la nôtre. Place aux véritables défenseurs de la nation bretonne, ceux qui ne se contentent pas de poser en Ukraine mais qui agissent, ici et maintenant, pour la renaissance de notre pays.
Budig Gourmaelon
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