En Catalogne, Junts per Catalunya, le principal parti indépendantiste catalan de centre droit, issu du mouvement de Carles Puigdemont, réclame que Barcelone récupère de Madrid d’importantes compétences en matière d’immigration. Le parti veut pouvoir contrôler davantage les entrées, intervenir dans les titres de séjour, renforcer les pouvoirs de la police catalane et accélérer les expulsions.
Cette revendication doit inspirer la Bretagne, mais pour aller beaucoup plus loin. Notre objectif ne doit pas être de mieux sélectionner, répartir ou organiser l’immigration. Notre objectif doit être l’immigration zéro.
Mettre fin à l’immigration
Le principe serait simple : aucune nouvelle immigration destinée à l’installation en Bretagne. Il ne s’agirait donc pas de définir des quotas correspondant aux besoins des entreprises. Le quota serait zéro.
Les difficultés de recrutement devraient être résolues autrement : augmentation des salaires, amélioration des conditions de travail, formation, automatisation, gains de productivité et politiques favorisant le retour des Bretons vivant ailleurs, et bien sûr une puissante politique nataliste.
La Bretagne ne doit pas considérer l’immigration comme une variable d’ajustement économique. L’économie est au service du peuple breton et non l’inverse.
Des moyens technologiques modernes
Une politique d’immigration zéro exige ensuite de connaître précisément les entrées et les situations administratives.
L’Europe développe déjà des systèmes numériques comme EES, reposant notamment sur l’enregistrement électronique des entrées et sorties et des identifiants biométriques pour les catégories de voyageurs concernées.
Une Bretagne disposant des compétences nécessaires devrait aller vers une administration entièrement numérisée : contrôle automatisé de la validité des titres, détection des dépassements de séjour, vérification documentaire assistée par intelligence artificielle et interconnexion légale des administrations compétentes.
Ces technologies devraient être encadrées par la loi, avec contrôle humain et possibilité de recours.
Exécuter réellement les décisions d’expulsion
Une politique d’immigration zéro suppose que les décisions définitives d’expulsion soient réellement exécutées. Mais elle doit aussi rendre matériellement impossible l’installation durable des personnes sans droit au séjour.
Un statut numérique de résidence, vérifiable automatiquement, conditionnerait l’accès à la vie économique régulière : travailler, louer un logement, ouvrir ou utiliser des services bancaires, créer une entreprise ou exercer une activité professionnelle. Employeurs, bailleurs et établissements concernés seraient tenus de vérifier ce statut et sanctionnés en cas de contournement volontaire.
Les titres expirés et situations irrégulières seraient automatiquement signalés aux administrations compétentes. Les prestations seraient également conditionnées au séjour régulier.
Enfin, la règle devrait être simple : décision définitive d’expulsion, exécution effective.
Il faudra changer le droit
Une région française ne possède actuellement aucun pouvoir lui permettant d’instaurer une telle politique. Il faut le dire clairement plutôt que dissimuler cette difficulté : une politique littérale d’immigration zéro nécessiterait donc des changements juridiques considérables.
La première revendication doit ainsi être institutionnelle : une Bretagne réunifiée dotée d’un Parlement et d’un gouvernement, disposant de pouvoirs en matière d’immigration, de séjour et d’éloignement.
La Catalogne réclame aujourd’hui à Madrid le droit de conduire davantage sa propre politique migratoire. Exigeons le droit d’en faire autant.
Mais avec un objectif breton sans ambiguïté : zéro immigration nouvelle, zéro quota migratoire, zéro recours à l’immigration comme solution économique.
Budig Gourmaelon
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