Pays de Galles : les indépendantistes exigent davantage de pouvoirs fiscaux et financiers de Londres

Le gouvernement indépendantiste gallois, dirigé par Rhun ap Iorwerth, a engagé une nouvelle offensive politique contre Londres pour obtenir davantage d’autonomie financière. Le 6 octobre, le Parlement gallois a débattu d’une réforme du financement du pays de Galles, tandis que le Plaid Cymru réclame des compétences fiscales comparables à celles de l’Écosse.

Le 2 octobre, lors du congrès annuel du Plaid Cymru à Llandudno, Rhun ap Iorwerth, Premier ministre gallois depuis mai 2026, a annoncé avoir adressé une lettre au Premier ministre britannique Andy Burnham pour réclamer un « nouvel accord pour le pays de Galles ».

Dans ce courrier, le dirigeant indépendantiste affirme que le pays de Galles doit pouvoir bénéficier des mêmes instruments constitutionnels et fiscaux que ceux déjà accordés à l’Écosse.

Il réclame notamment davantage de pouvoirs sur l’impôt sur le revenu, un élargissement des capacités d’emprunt et le transfert à Cardiff de compétences actuellement exercées par Londres, notamment la police, la justice et les infrastructures ferroviaires.

Qui doit contrôler les impôts gallois ?

Actuellement, le Parlement gallois peut modifier une partie des taux de l’impôt sur le revenu, mais ne maîtrise pas entièrement son barème. La collecte reste assurée par l’administration fiscale britannique, HMRC.

Le Plaid Cymru souhaite que Cardiff puisse également déterminer les seuils d’imposition, comme le fait déjà le gouvernement écossais. Il demande aussi le transfert de la taxe sur les passagers aériens et envisage la création d’un impôt sur les terrains constructibles laissés vacants.

Il ne réclame cependant pas, à ce stade, que l’administration galloise remplace immédiatement HMRC pour percevoir tous les impôts. Son objectif immédiat est d’obtenir davantage de pouvoir sur les décisions fiscales, avant une éventuelle indépendance qui permettrait au pays de Galles de maîtriser entièrement sa fiscalité.

Une offensive au Parlement gallois

Le 6 octobre, Elin Jones, ministre galloise des Finances, a défendu devant le Senedd une réforme des relations financières avec Londres.

Elle a notamment demandé la suppression des restrictions imposées à la réserve budgétaire galloise, qui permet au gouvernement de reporter certaines ressources d’une année sur l’autre.

« Supprimer les restrictions sur la réserve galloise est une mesure simple et pratique qui nous permettrait de mieux utiliser les ressources qui appartiennent déjà au pays de Galles », a-t-elle déclaré.

Elin Jones a également annoncé vouloir réexaminer les pouvoirs d’emprunt du gouvernement gallois et poursuivre le transfert de nouvelles compétences fiscales. Elle a précisé qu’elle n’accepterait aucun nouvel accord financier qui ne constituerait pas une bonne affaire pour le pays de Galles.

Quatorze milliards de livres en discussion

Le gouvernement gallois réclame également la concrétisation des 14 milliards de livres d’investissements ferroviaires annoncés par Londres sur quinze ans.

Or, selon Elin Jones, seulement 302 millions de livres ont été affectés à l’amélioration des infrastructures ferroviaires non décentralisées pendant la période budgétaire actuelle. Cardiff demande donc un milliard de livres supplémentaire d’ici 2029-2030.

Le Plaid Cymru dénonce également le financement du projet britannique de train à grande vitesse HS2, pour lequel le pays de Galles n’a pas bénéficié des compensations budgétaires qu’il estime légitimes.

Le 7 octobre, Sera Evans, députée du Plaid Cymru, a salué le soutien parlementaire obtenu par la motion sur l’autonomie financière. Selon elle, ce vote signifie que le pays de Galles n’acceptera plus le système actuel.

L’indépendance demeure l’objectif

Le Plaid Cymru, qui a remporté 43 des 96 sièges du Parlement gallois lors des élections de mai 2026, dirige désormais le gouvernement de Cardiff. Son objectif historique reste l’indépendance du pays de Galles, mais Rhun ap Iorwerth a exclu l’organisation d’un référendum durant son premier mandat.

Pour l’instant, sa stratégie consiste donc à obtenir progressivement de Londres de nouvelles compétences, en particulier fiscales et financières, afin de rapprocher le statut gallois de celui de l’Écosse.

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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