Emsav : 13 septembre 1907, naissance de Raymond Delaporte

EMSAV – Le 13 septembre 1907 naît à Châteauneuf-du-Faou Raymond Delaporte. Issu d’un milieu socialement bien établi, Raymond Delaporte devient Docteur en droit et avocat, profession qu’il exerce à Châteauneuf, sa ville natale. Comme ses frères Yves et Hervé, il rejoint le Parti Autonomiste Breton peu après sa fondation à Rosporden en 1927 et fait preuve d’un important activisme pour la langue bretonne qu’il avait appris durant ses études. Catholique convaincu, on le retrouve engagé au Bleun Brug de l’Abbé Yann-Vari Perrot et qu’il préside en 1938. On le retrouve également à la tête de Brezhoneg Er Skol, association militant pour l’enseignement du breton dans les écoles de Bretagne.

Présenté comme un national-catholique conservateur, Raymond Delaporte ne se retrouve pas toujours sur la ligne de rupture idéologique d’Olier Mordrel et de Fransez Debeauvais, éléments moteurs de Breiz Atao et du PNB. Toutefois, cette opposition a été souvent exagéré, les sentiments de Raymond Delaporte étant ancrés dans la vigoureuse défense de la personnalité ethnique bretonne. « Si nous ne voulons pas devenir une race bâtarde sans ancêtres avouables, sans dignité et sans noblesse, il est temps que de sévères mesures soient prises pour maintenir le peuple breton dans son caractère propre… L’appartenance à la race bretonne devra faire l’objet d’un contrôle rigoureux et sévère, qui donnera à son bénéficiaire certains droits et certains devoirs » écrit Raymond Delaporte dans L’Heure bretonne avec une puissante acuité.

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Congrès du PNB de Quimper, 10 décembre 1941. Raymond Delaporte, président du PNB, assis dans un fauteuil au premier rang.

Devenu président du Parti National Breton en 1940, Raymond Delaporte oeuvra au maintien du parti dans des circonstances politiques difficiles, principalement marquées par l’hostilité du régime de Vichy et des forces réactionnaires fransquillonnes. Appuyé de son journal L’Heure bretonne, le PNB se développa nettement sous sa présidence, recrutant avec une efficacité certaine dans la jeunesse pour atteindre des milliers d’adhérents. Le Parti, soutenus par un nombre conséquent de sympathisants dans toute la Bretagne, dispose de plus de 70 sections dans l’ensemble du pays.

« Les grands espoirs qui ont pris naissance pendant et après la guerre mondiale d’une coopération internationale et d’une réalisation progressive d’un fédéralisme au moins à l’échelle de l’Europe, ont été dissipés par la mauvaise politique des vainqueurs de 1918. Comme petit peuple, nous souhaitons qu’un ordre s’instaure en Europe, mais nous savons aussi qu’il dépend davantage de la politique des grands Etats que de la nôtre.

Depuis des années le Parti National Breton a suivi une politique de sagesse et de réalisme qui le désigne pour prendre en mains les destinées de la Bretagne, du Peuple et de la Nation bretonne. Aujourd’hui, il n’est plus seulement un parti de propagande, mais un parti de gouvernement. Le Parti National Breton est un parti de gouvernement c’est-à-dire un Parti qui ne doit plus seulement viser à créer de l’agitation autour d’une idée, mais un Parti qui doit être persuadé que dans un intervalle plus ou moins long, il est appelé à faire pénétrer cette idée dans les masses par les moyens que les gouvernements ont à leur disposition. Un parti qui a cette conception doit être convaincu de la nécessité de constituer des cadres qui seront l’armature de la Bretagne de demain, d’élaborer une doctrine qui ne soit pas un thème d’agitation mais un moyen de gouvernement, de préparer l’organisation future de l’Etat, ce qui nécessite la création d’organismes d’étude pour mettre au point le statut des différentes formes de l’activité politique, spirituelle, sociale et économique.

Jour après jour, le futur Etat breton se construit dans le silence et le travail. Mais il importe que les cadres du Parti, qui sont les représentants de la Direction à tous les échelons de l’administration en Bretagne, ne commettent pas de fautes politiques.

Vous les éviterez, mes chers camarades, en suivant scrupuleusement les consignes et les mots d’ordre qui vous ont été donnés d’une manière si claire au cours de cette journée et qui vous seront donnés par la suite. J’ai d’ailleurs pleinement confiance autant dans votre clairvoyance que dans votre dévouement.

C’est grâce à ces qualités que vous avez été appelés aux fonctions que vous remplissez avec tant de courage dans le Parti. C’est sur vous que je compte pour lui donner de la force et de la cohésion. C’est votre effort qui assurera le triomphe de la cause bretonne dont il ne m’est pas possible de douter un instant.

C’est là une grande et belle tâche, mais lorsque la victoire aura couronné nos efforts, votre mission ne sera pas encore terminée. C’est à vous qu’il reviendra d’organiser et de gérer le nouvel Etat. Militants d’aujourd’hui, je salue l’élite dirigeante de la Bretagne de demain. »

Raymond Delaporte, 7 septembre 1941, Congrès des cadres du PNB

Victime du coup d’état gaullo-communiste de l’été 1944 en tant que président de l’aile politique de l’Emsav, Raymond Delaporte dut entrer en clandestinité avant de rejoindre l’Irlande. Revenu d’exil, les tribunaux militaires français durent acquitter en appel le chef breton. Raymond Delaporte poursuivra son engagement pour la langue bretonne après-guerre.

Ewen Broc’han

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By La rédaction

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