Éditorial : Quand Paris tue nos abattoirs, c’est toute la Bretagne qui saigne (Par Ronan Morvan)

En Bretagne, terre d’élevage et de savoir-faire agricole millénaire, les abattoirs ferment les uns après les autres. Du jour au lendemain, des dizaines, parfois des centaines de salariés se retrouvent sans emploi. Des filières entières sont désorganisées, des éleveurs laissés à l’abandon, et des communautés rurales vidées de leur cœur économique. On nous parle de normes sanitaires, de compétitivité, de centralisation des chaînes, comme si ces arguments techniques pouvaient masquer la vérité : c’est un sabotage organisé.

Derrière chaque fermeture, c’est la main froide de Paris qui agit

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Depuis trop longtemps, l’État central méprise les réalités de notre territoire. Il impose ses choix, ses priorités industrielles, et ses grandes métropoles, sans jamais écouter ceux qui vivent et travaillent ici. Il pousse à la concentration des outils d’abattage dans quelques grandes unités, souvent situées hors de nos terres, au nom de la rentabilité. Et pendant ce temps, la Bretagne, pourtant première région d’élevage de France, perd ses outils de transformation, ses emplois, son autonomie.

C’est une colonisation économique par la désertification

Les conséquences sont sociales d’abord : licenciements massifs, précarisation, exode des jeunes, fermeture des commerces de proximité. Elles sont aussi économiques : nos éleveurs doivent transporter leurs bêtes à des centaines de kilomètres, augmentant les coûts, épuisant les animaux, et affaiblissant leur compétitivité. Le tissu agroalimentaire breton, autrefois dense et vivant, se délite. On nous prive de nos moyens de produire, de transformer, de nourrir notre peuple selon nos valeurs.

Mais c’est aussi une atteinte directe à notre souveraineté

La Bretagne ne peut pas dépendre d’un pouvoir central qui ne la comprend pas, qui ne l’écoute pas, et qui détruit ses forces vives. Ce qui se joue ici dépasse la simple question de filière agricole : c’est celle de notre capacité à vivre, travailler, et décider chez nous. C’est celle de l’indépendance économique, condition de toute indépendance politique.

Nous, Bretons, avons toujours été un peuple de résistance. Face aux logiques centralisatrices de Paris, face à la désindustrialisation imposée, face à l’arrogance des technocrates de ministères qui ne connaissent ni nos terres, ni nos bêtes, il est temps de dire : assez.

La Bretagne doit reprendre le contrôle de ses filières, de ses abattoirs, de ses décisions. Cela commence par une autonomie réelle sur les politiques agricoles, industrielles et environnementales. Cela passe par un soutien fort aux circuits courts, à l’abattage de proximité, aux outils coopératifs. Et cela exige, à terme, une Bretagne libre, maîtresse de son destin, capable de défendre ses intérêts contre ceux d’un État français en faillite morale.

Les fermetures d’abattoirs ne sont pas des fatalités économiques. Ce sont des choix politiques. Et il est temps que la Bretagne fasse les siens.

Ronan Morvan.

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By La rédaction

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