Quel est l’intérêt de la présidence de la république française, donc de l’État français, pour la Bretagne ? C’est une question à laquelle la communication de l’actuel chef de l’état français permet de répondre.
Depuis 2017, Emmanuel Macron a communiqué 10 fois en tout et pour tout sur Twitter, à propos de la Bretagne, directement ou indirectement.
Des difficultés pour se déplacer ? Capter ? Des inquiétudes pour l’avenir des paysages et de l’agriculture qui font l’identité bretonne ? Je suis en Bretagne aujourd’hui et demain pour répondre très concrètement aux enjeux quotidiens de ses habitants.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 20, 2018
Sur les 8 dernières années, Emmanuel Macron a en revanche communiqué près de 70 fois au sujet du Liban, marquant un intérêt sept fois plus grand pour ce petit état proche-oriental.
Il y a cinq ans, l’explosion au port de Beyrouth déchirait le cœur du Liban et bouleversait le monde.
Ce drame reste gravé dans nos mémoires. Nous n’oublions ni les victimes, ni la souffrance d’un peuple ami. Je me souviendrai à jamais de nos échanges le 6 août 2020.… pic.twitter.com/6ckYdQKv1u
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) August 4, 2025
Ce déséquilibre est d’autant plus remarquable que le volume des échanges commerciaux entre le Liban et la France s’élèvent à seulement 500 millions d’euros, contre près de 25 milliards entre la Bretagne et la France.
Autre signe de l’indifférence de l’État français pour la Bretagne, depuis 2019, Emmanuel Macron a effectué quatre déplacements officiels en Bretagne, un nombre égal à celui des ses déplacements officiels en Égypte, et seulement un de plus que ceux effectués par le président français au Liban.
Ce fossé trahit une réalité : le tropisme afro-oriental de Paris, fruit de sa nostalgie coloniale, qui pousse ses élites à se passionner pour des pays lointains, généralement musulmans, et son désintérêt marqué pour le peuple breton, qu’il prétend par ailleurs représenter et auquel il nie le droit à l’auto-détermination.
C’est un symptôme qui ne doit pas échapper aux Bretons qui nourrissent encore des illusions sur la pertinence du système politique français pour ce qui concerne leur vie quotidienne. Vu de Paris, la Bretagne est une colonie silencieuse que les élites françaises ignorent au mieux, au pire méprisent. Il est urgent de prendre conscience du déséquilibre inacceptable dans les relations entre la Bretagne et la France et d’opérer la rupture nécessaire pour rétablir l’égalité entre notre nation et cet État.
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