À Gwengamp (Guingamp), deux commerces situés rue Saint-Yves, Best Barber et Le Souk d’Alep, ont été contraints de fermer leurs portes pour une durée de trois mois à compter du 31 juillet 2025, sur décision du gouvernement français par la voix du préfet des Côtes-d’Armor. Cette mesure, affichée sur les vitrines des deux établissements, fait suite à des infractions constatées lors d’un contrôle de l’inspection du travail le 18 mars 2025, dans le cadre d’une opération visant à lutter contre le travail illégal.
Des irrégularités liées au travail illégal
Les deux commerces, appartenant à la même société, la SAS Satam, propriété du ressortissant irakien Ahmed Azeez, ont été épinglés pour des pratiques non conformes. À Best Barber, l’inspection a révélé l’emploi de deux salariés sous un contrat de mise à disposition avec la société Expert Multi’services, qualifié de « prêt de main-d’œuvre illicite » par l’inspecteur. Au Souk d’Alep, une employée était présente de manière exceptionnelle pour un service ponctuel non rémunéré, selon les explications du président de la SAS Satam. Ce dernier a également indiqué que l’employé de Best Barber serait prochainement recruté en CDI par la société. Cependant, ces justifications n’ont pas convaincu le préfet, qui a jugé que les arguments ne remettaient pas en cause la gravité des infractions.
Des antécédents aggravants
La décision de fermeture s’appuie également sur des antécédents. Un procès-verbal établi par l’Urssaf Bretagne le 6 février 2024 avait déjà pointé des faits de travail dissimulé impliquant trois employés au cours de l’année précédente. Par ailleurs, une procédure a été ouverte par la brigade de gendarmerie de Guingamp pour l’emploi d’un étranger sans titre de travail. Au total, sept salariés sont concernés par ces infractions, alors que la société ne déclarait officiellement aucun employé lors des contrôles. Le préfet a souligné la « répétition des infractions » et leur gravité pour justifier la sanction.
Une mesure lourde pour les commerces
Cette fermeture administrative de trois mois constitue une sanction significative pour les deux établissements, situés dans une rue commerçante de Guingamp. La décision, prise sous la proposition de la directrice de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), vise à réprimer les pratiques illégales tout en envoyant un signal fort aux autres entreprises. Les vitrines des deux commerces affichent désormais l’arrêté préfectoral, informant le public de la situation. Cette affaire met en lumière les enjeux de la lutte contre le travail illégal, l’emploi de main d’oeuvre étrangère clandestine et, plus largement, la question de l’immigration massive en Bretagne.
Ewen Broc’han
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