Emsav : 24 septembre 1853, naissance de Jos Parker, écrivain, poète et précurseur du nationalisme breton

EMSAV – Joseph Louis Antoine Marie Parquer, connu sous le nom de Jos Parker, est né le 24 septembre 1853 à Fouen (Fouesnant), en Cornouaille, où il meurt le 4 novembre 1916. Fils de Louis Henri Parquer, maire de Fouesnant (1844-1870, 1873-1878), et d’Eudoxie Thérèse Guyot, il grandit dans une famille enracinée dans la terre et les valeurs bretonnes, avec une touche d’héritage irlandais, écho des liens celtiques. Face à l’oppression centralisatrice de l’État français, Parquer consacra sa vie à défendre l’identité, la langue et la culture de la Bretagne, devenant un précurseur du nationalisme breton.

Une Jeunesse au Service de la Bretagne

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Formé aux Beaux-Arts à Paris sous la direction d’Alexandre Cabanel, Alfred Delobbe et Luc-Olivier Merson, Parquer se détourne vite de la peinture pour embrasser la poésie et l’écriture. La capitale française, avec son mépris pour les identités ethniques, ne le retient pas : il revient à Fouen, au manoir familial de Kergoadic, pour servir sa nation. Dès 1890, il publie des poèmes dans L’Hermine, la revue de Louis Tiercelin, où il célèbre les chemins creux, les pardons et le peuple breton. Son premier recueil, Sous les chênes (1891), qu’il illustre lui-même, est un vibrant hommage à la Cornouaille, tandis que son roman Le clerc de Kerné (1896) dépeint la vie rurale bretonne comme un rempart contre l’uniformisation.

Parquer ne se contente pas d’écrire en français. Fidèle à la langue de ses ancêtres, il publie en breton dans Le Clocher breton et Ar Vro, brandissant la langue bretonne comme une arme de résistance. Ses poèmes, comme Les chemins bretons, mis en musique par Théodore Botrel, deviennent des hymnes pour le peuple breton, chantés lors des rassemblements populaires. Un

Militant de la Cause Bretonne

Le patriotisme de Parquer ne se limite pas à la plume. En 1899, il rejoint l’Union régionaliste bretonne, dont il devient vice-président, dénonçant l’assimilation imposée par la République française. En 1911, face aux compromis de l’Union, il claque la porte et fonde la Fédération régionaliste de Bretagne, qu’il préside avec ferveur. Ce mouvement devient une matrice du nationalisme breton, prônant une autonomie culturelle et politique pour libérer la Bretagne du joug parisien.

Un paysan cornouaillais par Jos Parker

En 1903, le Gorsedd de Bretagne l’intronise barde sous le nom de Kloareg Kerne (le Clerc de Cornouaille), consacrant son rôle de gardien de l’âme celtique. Parquer marque aussi l’histoire en inventant le nom de la Fête des Filets Bleus à Concarneau, une célébration qui, encore aujourd’hui, unit les Bretons autour de leur identité maritime et de leur résilience.

Un Héritage pour la Nation Bretonne

Jusqu’à sa mort, le 4 novembre 1916, Jos Parker reste fidèle à Fouen (Fouesnant), où il vit et travaille au service de sa nation. Ses recueils, comme Brume et soleil (1900) ou La grand’mère (1901), capturent l’esprit des paysans, des marins et des paysages bretons.

Le 19 août 1938, le journal Ouest-Éclair écrit, parlant de la première journée du congrès de la Fédération régionaliste bretonne qui se tient à Fouesnant cette-année-là : « Vers les 15 heures, les congressistes, réunis autour du tombeau de Jos Parker, petit menhir en pierre de Pont-Aven, d’où jaillit la croix celtique, et dû, sur les dessins de M. James Bouillé, architecte à Perros-Guirec, au ciseau du bon sculpteur Alexandre Le Quéré, de la ville de Moulins, s’associent aux paroles prononcées par M. Jean Chateau, le distingué économiste, leur président. C’est, dit-il, un devoir de reconnaissance qu’ils accomplissent et un hommage qu’ils rendent. Il fut à une époque difficile le premier président du P.R.B.».

L’Appel de Jos Parker

Jos Parker n’était pas seulement un poète ou un écrivain : il était un soldat de la cause bretonne, un homme qui a consacré sa vie pour que la nation bretonne reste debout. Son œuvre et son combat rappellent aux Bretons d’aujourd’hui leur devoir : défendre leur langue, leur culture et leur terre contre toute tentative d’effacement. Dans chaque vers de Parquer, dans chaque pierre de sa Cornouaille, résonne un cri : “Bretons, soyez fiers, restez libres, restez vous-mêmes !”

Olier Kerdrel

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By La rédaction

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