Le petit Fañch, né en 2023 à An Orient (Lorient), a désormais définitivement le droit de porter son prénom avec le tilde sur le « n » — Fañch. La confirmation est tombée cette semaine de février 2026 comme le rapporte Ici : le parquet a renoncé à se pourvoir en cassation après la décision favorable de la cour d’appel de Roazhon (Rennes) en novembre 2025.
Cette décision est une nouvelle reconnaissance de la légitimité des prénoms bretons en Bretagne. Le tilde est une marque linguistique historique, présente dans des milliers de noms bretons, et qui existe déjà dans l’état civil français pour d’autres patronymes (Nuñez, par exemple). Fañch est le troisième enfant breton à obtenir gain de cause après des procédures similaires. À chaque fois, les tribunaux hexagonaux finissent par donner raison aux familles bretonnes : tribunal d’An Orient (Lorient) en février 2025, cour d’appel de Roazhon (Rennes) en novembre 2025… et maintenant, plus de recours possible.
Derrière cette victoire, il faut aussi dénoncer avec force le harcèlement judiciaire infligé par l’État français aux familles bretonnes. Depuis 2023, des procureurs de la République ont systématiquement attaqué ces choix de prénoms, obligeant des parents à se défendre devant les tribunaux, à engager des avocats, à mobiliser des collectifs comme Mignoned Fañch, à vivre pendant des années sous la menace que le prénom officiel de leur enfant soit modifié de force. Cet acharnement n’est pas neutre. Il s’inscrit dans une longue tradition de l’État français envers les peuples non-français, notamment en Bretagne, avec pour objectif la destruction de leur langue nationale et la francisation à outrance.
Les parents de Fañch l’ont eux-mêmes exprimé : ils sont soulagés, fiers d’avoir participé à ce combat… mais épuisés. Fañch est leur troisième enfant ; pendant ces années de procédure, ils ont dû jongler entre justice, travail, vie de famille. Combien de temps, d’énergie, d’argent gaspillés pour obtenir ce qui aurait dû être accordé immédiatement ? Il est temps que l’État français cesse de harceler judiciairement le peuple breton et que les droits linguistiques de celui-ci soit défendu par un gouvernement breton enfin libre.
Budig Gourmaelon
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