Incident à Scrignac : l’autorité diocésaine interdit la messe en l’honneur de l’Abbé Yann-Vari Perrot, martyr de la foi et de la Bretagne

Le lundi de Pâques, à Skrigneg (Scrignac), un groupe de fidèles bretons s’est vu interdire la célébration de la messe sur l’autel de plein air situé près de la chapelle Notre-Dame de Koad-Kev. Des échafaudages ont été installés afin de barrer la route à l’autel, tandis que la gendarmerie informait sur place que nulle messe ne pourrait y être dite. L’abbé David Aldalour, prêtre attaché à la mémoire de l’abbé Yann-Vari Perrot, avait lancé un appel public pour un hommage liturgique en ce jour de Pâques.

Au lieu de la messe, les participants se sont contentés d’une prière au pied de la tombe de l’abbé Perrot, située aux abords immédiats de la chapelle réalisée par l’architecte James Bouillé en 1937. La journée s’est poursuivie par un repas fraternel à Huelgoad Huelgoat (Huelgoat), avec pâté maison, galettes-saucisses, crêpes, musique au binioù, danses et costumes bretons traditionnels. Cet épisode révèle des tensions profondes entre autorité épiscopale, pastorale locale et attachement populaire à une figure emblématique du catholicisme breton.

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L’abbé Yann-Vari Perrot : martyr de Feizh ha Breizh

Portait mortuaire de l’abbé Yann-Vari Perrot par l’artiste breton Xavier de Langlais

Ordonné en 1903, l’abbé Jean-Marie (Yann-Vari) Perrot (1877-1943) fut un prêtre zélé, fondateur du Bleun-Brug en 1905 et infatigable défenseur de la nationalité, de la langue et de la culture bretonne. Nommé recteur de Skrigneg en 1930, il reconstruisit en 1937 la chapelle de Koat-Kev dans un style néo-breton, avec l’architecte James Bouillé. Son engagement pour la foi et la langue bretonne en fit une personnalité marquante du mouvement Feiz ha Breiz. Le 12 décembre 1943, il est lâchement assassiné par une bande communiste. Le Parti communiste français, préparant un coup d’état révolutionnaire en étroite coordination avec Moscou, redoutait l’aura et le charisme de l’Abbé au coeur de la Bretagne rurale, d’autant que ce dernier dénonçait sans détour les crimes de masse perpétrés par l’Union Soviétique. Il repose depuis auprès de la chapelle qu’il avait rebâtie. Chaque année, le pardon du lundi de Pâques y rassemble des fidèles venus de toute la Bretagne.

Un site marqué par la persécution

La chapelle de Koad Kev détruite par un incendie criminel en 2019

La chapelle et la tombe de l’abbé Perrot n’ont cessé d’attirer l’hostilité de l’extrême-gauche française. En avril 2018, lors du week-end pascal, la tombe fut profanée : croix celtique brisée, tags injurieux (« Kenavo les fachos », « Francs Tireurs Partisans », « Fascistes dehors »). En juillet 2019, un incendie détruisit une grande partie de la toiture de la chapelle (environ 60 m²). L’enquête étouffa sciemment l’origine criminelle, sur ordre du gouvernement français. Ces actes ne sont pas isolés. Ils reflètent une hostilité persistante envers l’abbé Perrot, la culture bretonne et le nationalisme breton. La présence, lors de l’événement de 2026, de militants gauchistes illustre ce climat de surveillance et d’opposition.

L’intervention de l’autorité diocésaine et du curé du lieu

Mgr Laurent Dognin

Dix jours plus tôt, Mgr Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon, avait interdit à l’abbé Aldalour de « faire concurrence » au curé du lieu. Le curé de Karaez s’est montré « véhément » et « discourtois ». La mairie de Skrigneg, emboîtant le pas, a refusé la clé de la chapelle. On a donc préféré la force publique – gendarmerie et échafaudages – plutôt que la charité pastorale. L’abbé Aldalour ne faisait pas « concurrence » : il répondait à la demande légitime de fidèles qui ne disposaient d’aucune alternative pour célébrer la Messe de Pâques en mémoire de l’Abbé martyr. 

Les motivations réelles 

En réalité, c’est la peur des polémiques et une hostilité tenace à l’Abbé Yann-Vari Perrot qui guide certaines réactions. Le curé du lieu défend son « territoire » avec une véhémence qui trahit plus que de la jalousie pastorale : une opposition de fond. Quant au diocèse, en bloquant aux fidèles l’accès au lieu même profané par les ennemis de l’abbé Perrot et de la foi catholique, il choisit la paix avec le monde plutôt que la fidélité à ses martyrs. Au lieu de défendre ses brebis contre les loups, il leur ferme la porte de l’étable.

En ce lundi de Pâques, des catholiques bretons ont été contraints de chanter sans pouvoir offrir le Saint Sacrifice. Cet incident révèle une fracture profonde : d’un côté, des fidèles attachés à la foi de leurs pères et à la Bretagne catholique ; de l’autre, une hiérarchie qui préfère trop souvent l’apaisement avec les ennemis de l’Église et de la Bretagne plutôt que la défense de ses enfants. En ce temps pascal, prions pour que l’Église de Bretagne retrouve le courage de ses saints et la fidélité de ses martyrs. Car si l’on empêche la Messe aujourd’hui, demain ce sont les âmes elles-mêmes que l’on étouffera.

Une mise en danger de l’oeuvre de l’Abbé Perrot

Si cette attitude persiste, le plus grand danger est de voir la chapelle Notre-Dame de Koad-Kev privée de son objet même : celui d’un sanctuaire vivant de la foi bretonne tel que l’abbé Perrot l’a conçu et bâti de ses mains. Perrot n’a pas élevé ce lieu comme un monument historique neutre ou un décor touristique. Il en a fait le cœur d’une œuvre totale – spirituelle, culturelle, linguistique et nationale – où la Sainte Messe, les chants bretons, la langue du peuple et la piété populaire s’unissent pour la plus grande gloire de Dieu. Le Bleun-Brug, qu’il fonda en 1905, et la reconstruction de 1937 visait la mise en œuvre concrète d’un catholicisme breton enraciné, refusant la séparation artificielle entre foi et nationalité bretonne. Or un prêtre qui ne comprendrait rien à cette œuvre – qui verrait en Perrot un mort encombrant plutôt qu’un martyr de la foi et de la Bretagne – risquerait de transformer la chapelle en coquille vide. Privée de la Messe, de l’hommage liturgique et des fidèles qui y viennent précisément parce qu’ils y reconnaissent l’esprit de l’Abbé Perrot, la chapelle deviendrait un édifice mort. Au moment où les églises se dépeuplent en Bretagne, on laisserait aux ennemis extérieurs le soin d’achever leur entreprise de destruction. Est-ce que veut l’évêque de Quimper et Léon ?

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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