À peine réélu à Perpignan pour un second mandat, le maire RN Louis Aliot supprime purement et simplement la délégation municipale dédiée à la catalanité. Une mesure qui marque, selon les défenseurs de l’identité catalane, « la liquidation finale du catalan ». Ce qui se joue dans le Roussillon n’est pas un simple ajustement administratif : c’est l’application locale de la doctrine du Rassemblement National hostile aux nations réelles de l’Hexagone.
Les faits : la suppression discrète d’une délégation historique
Depuis 2020, lors du premier mandat d’Aliot, l’adjoint André Bonet était chargé à la fois de la culture et de la catalanité. Dans le nouvel organigramme du conseil municipal, cette dernière mention a disparu. Les responsabilités de Bonet se limitent désormais à la culture et à l’éducation artistique. Aucune autre adjointe ou adjoint de la majorité n’a repris explicitement cette délégation. À la place, le maire a créé un « Institut du Roussillon » aux contours encore flous, confié à un simple conseiller municipal. Lors du conseil municipal, l’élue d’opposition Annabelle Brunet a interrogé le maire sur cette absence notable. La réponse d’Aliot a été révélatrice : il préfère parler de « Roussillonnais » plutôt de Catalans et évoque une ville « majorquine et roussillonnaise… et un peu française aussi ». Le message est clair : la catalanité doit être proscrite au profit de l’Hexagone.
La réaction des catalanistes : « C’est la liquidation finale »
Jordi Vera, président du mouvement Oui au Pays Catalan, ne cache pas sa colère : « C’est la liquidation finale du catalan. » Il inscrit cette décision dans une continuité d’actions hostiles depuis 2020 :
- La bataille contre le projet de collège-lycée bilingue de la Bressola ;
- Le changement progressif d’image de la ville (suppression de l’adjectif « catalane » sur les panneaux d’entrée, remplacé par « Perpignan la rayonnante ») ;
- La suppression des subventions aux associations catalanistes.
Pour les défenseurs de la langue et de la culture catalanes, il ne s’agit plus de simple gestion municipale, mais d’une volonté d’effacer l’identité ethnique de Perpignan, vécue des deux côtés des Pyrénées.
La doctrine du RN : tolérance folklorique, refus politique
Louis Aliot l’assume ouvertement : « Je n’ai rien contre la langue, pour peu qu’on ne mélange pas indépendantisme et identité catalane. » Traduction : on accepte le catalan en version folklorique, mais on refuse les droits de la nation catalane de s’exercer. Cette position reflète fidèlement la ligne archéo-jacobine du Rassemblement National. Toute promotion institutionnelle d’une langue nationale est vue comme une menace à l’unité de l’État hexagonal. Aucune surprise, une simple confirmation.
Budig Gourmaelon
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