Corse : mobilisation des écoles immersives contre les attaque de l’État français

L’enseignement immersif en langue corse subit depuis des années une véritable guerre d’usure orchestrée par l’État français. Porté par le réseau Scola Corsa, équivalent corse du réseau Diwan, ce modèle plonge les enfants dès la maternelle dans un bain linguistique où le corse est la langue unique d’enseignement et de vie quotidienne. Le français n’est introduit que progressivement, à partir du CE1. Cette méthode, reconnue comme la plus efficace pour sauver les langues menacées, fait pourtant l’objet d’une hostilité viscérale des milieux français, qui y voient une menace intolérable contre l’unité de l’Hexagone.

Une langue en péril face à la francisation d’état

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Le corse est classé « en danger sérieux » par l’UNESCO. Sans immersion précoce et intensive, il est condamné à disparaître lentement, étouffé par des décennies de francisation brutale. L’État français multiplie les obstacles. Pour Paris, toute affirmation linguistique des nationalités qu’il occupe et administre sent le « séparatisme ». En avril 2026, l’ancien ministre de l’Éducation français Jean-Michel Blanquer a lancé une charge particulièrement odieuse. Sur X, il a qualifié les écoles immersives corses d’« illégales et inconstitutionnelles », les accusant d’être des « ferments de séparatisme » au cœur du système éducatif. Pire, il a osé inventer des histoires de « délation » entre enfants, où des élèves seraient chargés de dénoncer ceux qui parleraient français en récréation. Ces propos ont provoqué un tollé légitime en Corse. Ils révèlent le mépris profond d’une certaine élite parisienne pour tout ce qui échappe à son contrôle culturel absolu. Ces attaques ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans un système hérité de l’impérialisme français qui refuse obstinément l’idée même qu’une langue autre que le français puisse structurer l’éducation d’un enfant.

Sabotage juridique et financier

La censure constitutionnelle de 2021 contre la loi Molac a été un coup de poignard dans le dos des réseaux immersifs. En déclarant l’immersion initiale contraire à la Constitution, le Conseil constitutionnel a plongé Scola Corsa et ses homologues dans une insécurité juridique permanente. Aujourd’hui, la situation est critique. La Collectivité de Corse, sous l’impulsion de Gilles Simeoni, a voté à l’unanimité une subvention vitale de plus de 1,3 million d’euros pour soutenir les cinq écoles du réseau, qui accueillent environ 200 élèves et emploient 33 personnes. Le préfet a immédiatement riposté en saisissant le tribunal administratif pour contester cette aide, menaçant purement et simplement de couper les vivres à l’enseignement immersif associatif. Près de 60 % du budget est en jeu. Sans contractualisation des 11 postes d’enseignants réclamés, c’est la survie même de Scola Corsa qui est menacée à court terme. Face à ce sabotage, les mobilisations se multiplient : blocages de lycées, rassemblements massifs devant les préfectures, motions de soutien unanimes. Le peuple corse refuse de se laisser dépouiller de son droit légitime à transmettre sa langue.

 

L’hypocrisie flagrante de la République

La France ne chante les mérites de la diversité linguistique que pour la défense de sa langue d’état face à l’anglais. Sur les territoires qu’elle administre, elle sabote dans les faits la transmission des autres langues. Cette duplicité révèle une conception purement impérialiste de ce qu’est une langue : un outil au service de son État. La situation de Diwan en Bretagne s’inscrit dans les mêmes termes, avec la même brutalité et la même hypocrisie. Ce réseau pionnier de l’immersion en breton, né en 1977, endure depuis près de cinquante ans les mêmes attaques perfides : refus systématique de contractualisation pleine, censures constitutionnelles, contrôles tatillons, accusations calomnieuses. Comme pour Scola Corsa, l’État français alterne promesses creuses et coups de force administratifs, maintenant ces écoles dans une précarité asphyxiante malgré leurs résultats pédagogiques exceptionnels. Dans les deux cas, ce n’est pas seulement une méthode éducative qui est visée, mais bien les langues des nations de l’Hexagone, ciblée par la francisation d’état.

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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