L’Allemagne vient de porter un nouveau coup aux ambitions militaires françaises. Le 8 octobre, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, a annoncé devant l’Assemblée nationale le retrait allemand du projet de char de combat commun MGCS. Après l’échec du SCAF, c’est un nouveau désastre pour Paris, qui voit s’effondrer ses prétentions à diriger la défense européenne.
🇫🇷🇩🇪 « Malheureusement, les Allemands ont décidé de quitter le projet #MGCS. »
Dix ans, des sommets, des communiqués, et au final la découverte que Paris et Berlin ne voulaient pas le même char.
Pendant ce temps, le Leclerc vieillit, le Leopard 3 avance, et nos deux pays, qui se juraient une défense européenne, n’auront finalement coopéré que sur les photos.
Dix ans pour constater que l’amitié franco-allemande s’arrête là où commencent les parts de marché.
Que de temps perdu. Et le temps, en matière de guerre, ne se rattrape jamais : il se paie.
– Propos du @CEMA_FR Fabien Mandon ce 8 octobre 2026.
— OpexNews (@OpexNews) October 8, 2026
Le projet de char commun est désormais compromis, même si certaines coopérations technologiques subsistent. Plutôt que de s’interroger sur les causes profondes de cet échec, Paris préfère dénoncer les décisions allemandes. Une indignation particulièrement hypocrite au regard de l’histoire.
Soixante ans de cavalier seul français
Car qui a réellement contribué à fragmenter l’industrie militaire européenne ? La France est restée à l’écart du Tornado, développé par l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. Elle a ensuite quitté le projet qui donnera naissance à l’Eurofighter, préférant développer son Rafale. Dans les blindés, l’échec des coopérations franco-allemandes a également conduit Paris à développer son Leclerc, tandis que le Leopard 2 devenait le char de référence de nombreuses armées européennes.
La France a certes participé à certains programmes communs, mais une constante demeure : lorsqu’il s’agit des instruments essentiels de sa puissance militaire, Paris privilégie généralement son indépendance industrielle.
2. L’Europe française ou rien
C’est toute l’imposture de la prétendue « autonomie stratégique européenne » défendue par Paris. Derrière les discours sur la souveraineté continentale se cache une ambition autrement prosaïque : faire financer et adopter par les Européens des équipements français, sous direction française.
Le SCAF a exposé cette contradiction. Dassault entendait conserver la maîtrise du futur avion de combat, au grand mécontentement de ses partenaires allemands. Le MGCS vient à son tour illustrer l’incapacité des deux pays à dépasser leurs rivalités industrielles.
Paris voudrait une Europe militairement unie, mais politiquement subordonnée à ses propres ambitions. Lorsque Berlin refuse cette logique, l’État français crie au sabotage.
Le réveil allemand met fin aux illusions françaises
La différence est qu’aujourd’hui l’Allemagne possède les moyens de s’affranchir de cette dépendance politique.
Sous Friedrich Merz, Berlin engage un réarmement massif, modernise la Bundeswehr et assume des responsabilités croissantes dans la défense du flanc oriental. Première puissance économique de l’Union européenne, l’Allemagne dispose des moyens industriels, financiers et logistiques pour devenir l’épicentre de la défense continentale.
Cette évolution bouleverse les prétentions françaises. Pendant des décennies, Paris a profité de la retenue militaire allemande pour revendiquer une prééminence stratégique que son poids économique ne suffisait pas à justifier.
Cette époque touche à sa fin.
Berlin plutôt que Paris
La défense européenne n’a aucune raison de rester prisonnière des ambitions d’un État français en sévère déclin obsédé par son rang diplomatique, ses privilèges stratégiques et la protection de ses champions industriels.
L’Allemagne, au cœur géographique du continent, apparaît comme le pivot naturel d’une coopération militaire associant les pays nordiques, les États baltes et les autres puissances européennes.
Le véritable scandale n’est pas le retrait allemand du MGCS. C’est l’arrogance d’un État français qui, après avoir régulièrement privilégié ses intérêts nationaux au détriment de la standardisation militaire européenne, ose accuser ses partenaires de saboter la défense du continent.
Le réveil allemand représente une occasion historique de sortir de cette impasse. L’Europe n’a pas besoin d’une défense française élargie à ses voisins. Elle a besoin d’une véritable défense continentale, dont Berlin peut désormais devenir le centre de gravité.
Budig Gourmaelon
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