Face à la faillite, la fuite en avant jacobine des démagogues français (Éditorial)

La France s’enfonce dans une profonde crise historique dont la dimension financière est l’aspect le plus visible. Le consensus de l’opinion quant à ce déclassement est désormais largement partagé que ce soit en France ou en dehors.

Pourtant, l’arrogance française, doublée de l’irresponsabilité et de lâcheté de sa classe politique, mène inexorablement la société française à un refus de toute remise en question de son système sclérosé, même sous la menace d’un défaut sur sa dette souveraine. En pleine campagne présidentielle, aucune réforme de grande ampleur, concrète et réaliste, n’est à l’ordre du jour. Tous les candidats, en particulier les populistes de gauche et de droite, n’ont qu’un mot d’ordre : préserver l’étatisme jacobin en faillite, et non en finir avec lui.

Ce refus ne peut que plonger la France dans un désastre financier et économique inédit. Refusant toute autocritique, les Français préfèrent s’adonner à la recherche de coupables, ou plutôt de boucs émissaires. Les boucs émissaires des uns ne tarderont pas à être les innocents des autres, amorçant un violent cycle d’affrontements civils dont les récentes manifestations lycéennes sont un aperçu. Ce climat de règlements de comptes est le terreau naturel des démagogues qui appellent à une radicalisation jacobine : le centre politique, Paris, étant menacé, les périphéries sont d’autant plus suspectes et tenues pour hostiles. 

Le Rassemblement National appelle ainsi à l’abolition des régions, pourtant volontairement neutralisées par l’État français, dans le but de concentrer encore davantage de pouvoirs entre les mains de l’État le plus centralisé d’Europe. C’est le paradoxe de la candidature Le Pen : ses électeurs, qui vivent dans les périphéries françaises ignorées de Paris, se voient proposer un brutal renforcement du pouvoir pyramidal parisien que le RN néo-jacobin assimile à tort avec le pays réel.

Pour sa part, Mélenchon croit innover avec son « État écologique » aux accents autoritaires et veut imposer des « éco-régions » artificielles où des commissaires politiques sélectionnés par ses soins seront comme autant de comités de Salut Public.

Droite et gauche radicales convergent pour mettre au pas une société française en déliquescence, paralysée par l’inertie d’une bourgeoisie sclérosée qui a refusé avec obstination toute réforme majeure de l’État et de son clientélisme.

Ce n’est pas un nouveau 1789 qui s’annonce, contrairement à ce que néo-jacobins de gauche et de droite pensent, mais sa fin. Derrière les appels à l’État-caserne comme réponse à cette nouvelle Grande Peur qu’alimentent les paranoïaques des deux camps, les faits restent ce qu’ils sont : la France est une puissance de second ordre, en déclin accéléré, dont l’influence internationale est réduite à peu de chose, ethniquement balkanisé sous l’effet d’une immigration massive qui a complètement transformé la démographie du pays. Il est aujourd’hui au bord de la crise financière, arrivé au terme de l’expérience jacobine et de son étatisation complète de la société et de l’économie.

Nous sommes à un moment de bascule : l’État français ne peut plus prétendre être d’une quelconque utilité pour la Bretagne. Il n’est que source d’instabilité, de crise et de menaces économiques et migratoires. La Bretagne n’est plus celle du 20ème siècle : elle a pris conscience d’elle-même, de ses intérêts, et ne permettra pas que l’État français, tombé aux mains d’une réaction jacobine radicale, ne démantèle ses institutions, aussi limitées qu’elles puissent être. C’est au contraire le moment pour la Bretagne de se préparer à se dresser contre Paris en s’organisant autour de la lutte pour l’autonomie bretonne, prélude à l’indépendance pleine et entière. 

Budig Gourmaelon

 

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By La rédaction

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