EMSAV – Né dans le 13e arrondissement de Paris de parents bretons, Martial Ménard obtient un certificat d’aptitude professionnelle de cuisinier. Il décide ensuite de venir s’établir en Bretagne à l’âge adulte. Membre du Front de libération de la Bretagne, il est condamné par la Cour de sûreté de l’État à 7 ans de prison en 1979. Il a notamment participé à l’attentat qui paralyse la centrale nucléaire de Brennilis en 1978.
Ayant appris le breton à Paris, il commence à enseigner cette langue pendant son incarcération pour participation au FLB. À sa sortie de prison, amnistié en 1981 par François Mitterrand, il devient instituteur dans une école Diwan à Quimper et à Plomelin.
Lorsqu’en 1983 An Here, maison d’édition spécialisée dans les livres de jeunesse en breton, est fondée par des instituteurs des écoles Diwan, Martial Ménard devient son directeur et le reste jusqu’en 2003. Les éditions An Here ont assuré pendant un moment la diffusion des éditions Al Liamm. Il codirige en 1995 l’édition du premier dictionnaire entièrement en langue bretonne, intitulé simplement Geriadur brezhoneg (dictionnaire de breton) et la fait paraître aux éditions An Here.
En 1996, il crée l’hebdomadaire Breizh Info avec Charlie Grall. Martial Ménard est responsable de la publication, tandis que Charlie Grall est rédacteur en chef. À cette époque, Charlie Grall est président de l’association An Here et Martial Ménard y est salarié en tant que directeur.
Il publie en 1998 Mémoires d’un paysan bas-breton de Jean-Marie Déguignet, succès de librairie inattendu. À partir de 2000, il tient la rubrique Skolig ar brezhoneg qui a pour but d’initier à la langue bretonne par une approche simple et concrète dans Ouest-France.
En outre, il a été vice-président de l’association des éditeurs bretons, et membre de l’Institut culturel de Bretagne (il a été président de la Section « Langue et linguistique »), et il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la langue bretonne.
Ayant collecté des expressions du bretons, aussi bien auprès des locuteurs que par le dépouillement des textes, Martial Ménard est devenu l’un des spécialistes de la lexicographie de la langue bretonne. Parallèlement, au travail de coordination et de rédaction des deux premiers dictionnaires monolingues (1995 et 2001), il explore des domaines lexicographiques peu travaillés jusqu’ici comme le langage du sexe et les insultes.
Il fait paraître en 2012, un dictionnaire français-breton de grand format qui est le second de cette catégorie après l’ouvrage de François Vallée, le Grand dictionnaire français-breton, paru en 1932. Dans la préface, il place son travail, non seulement dans la continuité de Vallée, mais, plus encore, dans celle de Roparz Hemon, auteur du Geriadur istorel (Dictionnaire historique), qu’il imite par la structuration des articles des dictionnaires et les référencements.
Une place importante a été donnée à de très nombreux néologismes créés depuis une cinquantaine d’années pour refléter les nouveaux champs techniques. Les noms d’animaux et de plantes y sont normalisés à partir des collectes récentes.
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