Sondage IFOP 2026 : les Bretons veulent davantage de pouvoir, le centralisme français contesté

L’enquête IFOP publiée le 19 octobre 2026 pour Régions et Peuples Solidaires confirme une réalité politique majeure : le centralisme parisien est fortement contesté, tandis qu’en Bretagne, une majorité se prononce pour un renforcement considérable des pouvoirs de l’exécutif breton.

En Bretagne : une volonté majoritaire d’émancipation institutionnelle

Les résultats sont particulièrement significatifs à l’échelle de la Bretagne historique, Loire-Atlantique comprise.

78 % des habitants souhaitent davantage de pouvoir de décision au niveau de la Bretagne. Plus encore, 64 % sont favorables à l’établissement d’un système fédéral en France, dans lequel les régions pourraient adopter leurs propres lois et normes dans certains domaines. Enfin, 66 % soutiennent l’attribution de statuts spécifiques renforcés à certaines régions.

Ces chiffres témoignent d’une volonté majoritaire de rompre avec la concentration des pouvoirs à Paris. Ils montrent qu’une autonomie législative de la Bretagne n’est plus une revendication marginale, mais une perspective acceptée par une très nette majorité des personnes interrogées en Bretagne.

La question de l’unité du territoire national breton est tout aussi significative : 56 % des habitants de Bretagne historique soutiennent la réunification, dont 62 % en Loire-Atlantique. La séparation administrative de Nantes et de la Bretagne demeure donc contestée par une majorité des répondants.

Langue bretonne et identité nationale

Dans le sondage de l’IFOP de 2025, 87 % des habitants de Bretagne historique soutenaient la reconnaissance officielle des langues ethniques de l’Hexagone par l’État français et 74 % leur co-officialité avec le français. En 2026, 70 % soutiennent un enseignement en langue bretonne à parité horaire avec le français ou en immersion (méthode Diwan). La défense de la langue bretonne apparaît ainsi comme une préoccupation dépassant largement les seuls milieux militants.

Pour le nationalisme breton, ces résultats constituent un constat essentiel : une majorité de la population accepte désormais le principe d’une Bretagne disposant de pouvoirs politiques et législatifs propres. Cela traduit une victoire culturelle majeure, portée par plus d’un siècle d’activisme porté par l’Emsav, qui doit désormais se traduire par une transformation institutionnelle des rapports politiques entre la Bretagne et l’État français.

Enfin, 40% des Bretons de la Bretagne administrative se disent plus attachés à la Bretagne qu’à la France (48% en Corse). En 2001, 17% se déclaraient plus bretons que français et 28% en 2009.

En France : le centralisme ne fait plus consensus

L’évolution des opinions ne se limite pas à la Bretagne.

À l’échelle hexagonale, 58 % des personnes interrogées soutiennent le fédéralisme et autant se déclarent favorables à des statuts spécifiques renforcés pour certaines régions. Sur cette dernière question, le soutien est passé de 43 % en 2001 à 58 % en 2026.

Par ailleurs, 57 % approuvent l’attribution à la Corse d’un statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice.

Le rapport au principe même de l’autonomie est révélateur : 33 % y voient « une chance pour la République », 31 % n’y voient ni une chance ni un danger, tandis que 30 % la considèrent comme un danger. Les 6 % restants ne se prononcent pas.

Ces résultats montrent que la défense du modèle hyper centralisé français ne constitue plus une position unanimement partagée dans la population. Une majorité accepte l’idée que les pays historiques puissent disposer de compétences législatives propres, même si cette adhésion ne se confond pas avec un soutien aux indépendances nationales.

La question d’un pouvoir national breton est posée

Le sondage IFOP 2026 met en évidence un double phénomène : en Bretagne, une majorité souhaite un pouvoir breton autonome et soutient le principe du fédéralisme à l’échelle de l’Hexagone ; en France, le modèle jacobin est contesté par une part importante et nettement majoritaire de l’opinion.

La question politique qui se pose désormais est celle de la traduction institutionnelle de ces aspirations : quels pouvoirs pour la Bretagne, quelles compétences législatives et quelle place pour les Bretons dans les décisions qui concernent leur pays ?

Budig Gourmaelon

Source : IFOP pour Régions et Peuples Solidaires, « Les Français face aux enjeux de régionalisme et de décentralisation », enquête du 25 au 30 septembre 2026, publiée le 19 octobre 2026.

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By La rédaction

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