Mort le 22 octobre 1938, il y a 88 ans, Jean-François Jacob fut un écrivain, poète, barde et militant nationaliste breton. Défenseur de la langue bretonne et des traditions du pays vannetais, il appartient à cette génération qui contribua à structurer l’Emsav au début du XXe siècle.
Un Breton de Locmariaquer
Né le 31 mai 1882 à Locmariaquer, dans le Pays vannerais, Jean-Marie-François Jacob grandit dans une famille attachée aux traditions bretonnes. Fils d’un capitaine au long cours, il compte parmi ses ancêtres Jean-Marie Hermely, qui fut l’un des lieutenants de Georges Cadoudal pendant la Chouannerie.
Orphelin à douze ans, il poursuit ses études au petit séminaire de Dax, puis à Nantes. Il exerce ensuite comme instituteur dans l’enseignement privé, avant de devenir précepteur auprès de familles aisées, notamment dans le sud de la France.
Familiarisé dès l’enfance avec le breton de Locmariaquer, il approfondit sa connaissance de la langue au contact des milieux régionalistes et catholiques bretons, particulièrement actifs au début du XXe siècle.
Un nationaliste engagé dans l’Emsav

À partir de 1904, Jacob se fait connaître sous le pseudonyme bardique d’Efflam Koed-Skaù. Il fréquente plusieurs personnalités importantes du mouvement breton, notamment Loeiz Herrieu, Yann-Ber Calloc’h, Léon Le Berre et François Jaffrennou, dit Taldir.
Catholique, royaliste et nationaliste breton, il défend la préservation de l’identité bretonne à travers la langue, la littérature, l’histoire et les traditions populaires.
Il participe à plusieurs publications de l’Emsav, dont Dihunamb, Ar Vro, Kroaz ar Vretoned et Le Réveil Breton. Il est notamment membre du comité de rédaction de Breiz Dishual, journal du premier parti nationaliste breton fondé en 1912.
Un écrivain au service de la Bretagne
Jacob consacre une grande partie de son activité à l’écriture en breton vannetais. Il compose des poèmes, des chants religieux, des récits et des textes historiques.
Parmi ses publications figure Glahar er barh, pé marù Breih-Izél (Le Chagrin du barde, ou la Mort de la Basse-Bretagne), publié en 1908. Ce titre exprime les préoccupations culturelles d’une génération confrontée au recul de la langue bretonne.
Il s’intéresse également à l’histoire de la Chouannerie, notamment à travers une biographie de son ancêtre Jean-Marie Hermely, publiée en 1933.
Musicien et collecteur, il contribue à la sauvegarde du répertoire traditionnel vannetais. Son étude Les Binious et les Bombardes, publiée en 1923, rassemble des observations sur les sonneurs et leurs instruments. Il recueille notamment des airs auprès des musiciens de Locmariaquer, dont Jean-Marie Cagnard et Pierre Marion.
Le mouvement bardique et la défense des traditions
Jacob participe activement à la Gorsedd de Bretagne, institution culturelle inspirée des traditions bardiques galloises.
Il devient barde le 22 octobre 1907, puis au rang de druide le 22 octobre 1932. En 1928, il contribue, avec Loeiz Herrieu et André Mellac, à l’organisation d’une rencontre de la Gorsedd à Locmariaquer.
Son engagement ne se limite pas à la Bretagne. En 1913, il fonde en Touraine une association de Bretons expatriés, La Fleur d’Ajonc, destinée à entretenir les liens communautaires et culturels.
Une disparition en 1938
Jean-François Jacob meurt le 22 octobre 1938 à Luzenac, dans l’Ariège, à l’âge de 56 ans. Il est inhumé à Ax-les-Thermes.
Jacob laisse une œuvre aujourd’hui relativement méconnue, mais significative pour l’histoire de la littérature bretonne vannetaise et des premiers réseaux nationalistes bretons.
Son parcours témoigne d’une époque où la revendication nationale bretonne s’exprimait autant par l’engagement culturel, la création littéraire et la défense des traditions que par l’action politique organisée.
Jean-François Jacob demeure ainsi l’un des représentants de l’Emsav culturel et nationaliste de la première moitié du XXe siècle, particulièrement attaché à la transmission du breton vannetais et à la mémoire historique de son pays.
Olier Kerdrel
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