Ce 18 décembre 2025, alors que des milliers d’agriculteurs européens, dont de nombreuses délégations bretonnes, manifestent à Bruxelles et que des feux de colère s’allument encore en Centre-Bretagne – comme hier soir près de Callac sur la RD 787 –, l’accord UE-Mercosur cristallise une vérité douloureuse pour la nation bretonne. La Bretagne, avec ses 30 000 exploitations et plus de 60 000 emplois directs dans l’élevage porcin, volaille, lait et bovins, risque d’être la principale victime de cet accord qui prévoit l’importation de 99 000 tonnes supplémentaires de bœuf et 180 000 tonnes de volaille à droits réduits, souvent issus de productions ne respectant pas les mêmes normes environnementales, sanitaires et de bien-être animal que celles imposées à nos éleveurs. Comme l’a clairement affirmé Laurent Kerlir, président de la Chambre d’agriculture de Bretagne : « La Bretagne n’a rien à y gagner. »
La Bretagne, prisonnière de l’État français, se retrouve sacrifiée sur l’autel de compromis parisiens qui diluent nos intérêts nationaux. La France constitue un obstacle majeur pour les intérêts bretons : Paris négocie au nom des intérêts de son oligarchie centrale et non de ceux de l’économie bretonne. Dans cet État unitaire, la voix du peuple breton est étouffée, privé de tout gouvernement autonome et incapable de peser directement sur les accords commerciaux qui menacent directement sa souveraineté alimentaire et ses emplois.
La solution est dans l’indépendance de la Bretagne comme État membre à part entière de l’Union européenne. À l’image de l’Irlande ou du Danemark – États agricoles prospères au sein de l’UE –, une Bretagne souveraine pourrait négocier ses propres accords commerciaux, rejeter ou aménager ceux comme le Mercosur qui menacent d’asphyxier ses filières, et imposer des clauses miroirs strictes pour protéger ses productions. L’Irlande a su défendre farouchement son agriculture au sein de l’UE, obtenant des dérogations et des protections adaptées ; le Danemark, avec son modèle coopératif laitier et porcin, pèse de tout son poids souverain pour influencer les politiques commerciales européennes.
Une Bretagne indépendante dans l’UE ne serait pas isolée : elle rejoindrait le club des nations européennes qui maîtrisent leur destin, tout en bénéficiant du marché unique. Le Mercosur nous le démontre brutalement : tant que Paris décide pour nous, la Bretagne restera une périphérie sans mot à dire sur son propre avenir économique. Il est temps d’affirmer notre nationalité, d’affirmer notre vocation d’État européen à part entière.
Budig Gourmaelon
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