Encore une fois, l’État français démontre son mépris souverain pour la nation bretonne. Le 3 décembre 2025, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a signé trois arrêtés accordant des permis exclusifs de recherches minières à la société Breizh Ressources, filiale à 100 % de la canadienne Aurania Resources Ltd., immatriculée aux Bermudes. Ces permis – baptisés Taranis, Epona et Bélénos, ironie du sort en invoquant nos divinités celtiques – couvrent plus de 850 km² de notre territoire sacré, du Morbihan à la Loire-Atlantique, en passant par l’Ille-et-Vilaine et le Maine-et-Loire. Or, antimoine, tungstène, étain, plomb… Paris identifie nos richesses ancestrales pour les livrer à des capitaux étrangers, dans le cadre de sa prétendue « souveraineté minérale » macroniste – France 2030 et l’Inventaire des Ressources Minérales du BRGM.
Une consultation bafouée, un passage en force
Malgré une consultation publique où plus de 97 % des contributions étaient défavorables, l’État central a imposé sa loi, ignorant les alertes des associations, communes et élus bretons. Keith Barron, le géologue canadien fondateur d’Aurania, qui a déjà revendu une mine d’or en Équateur pour 1,2 milliard de dollars, voit en notre Bretagne un nouvel Eldorado à piller. Et Paris facilite cela, au nom d’une « relocalisation » qui n’est que du colonialisme déguisé : nos sols pollués, nos eaux empoisonnées, nos paysages défigurés, pour des bénéfices qui fileront outre-Atlantique ou dans les coffres de l’État français.
L’opposition bretonne s’organise
Cette semaine, la résistance s’organise. Un collectif de 31 acteurs – dont Eau et Rivières de Bretagne, Stop Taranis, Bretagne Vivante, la Confédération paysanne et des députés comme Paul Molac – a déposé des recours gracieux auprès du ministère pour exiger le retrait immédiat de ces permis. Redon Agglomération soutient pleinement ce recours contre Taranis, le plus impactant pour notre pays de Redon. De son côté, Breizh Ressources tente de calmer le jeu avec deux webinaires les 4 et 9 février 2026, promettant une « exploration encadrée ». Mais qui croit encore à ces promesses ? Les mines n’ont jamais été « propres » – elles laissent des cicatrices éternelles sur notre terre, nos rivières et notre peuple.
Les propositions du Parti National Breton
Le Parti National Breton a raison de rappeler ses propositions : moratoire immédiat sur tout permis accordé à des entités étrangères, transfert total de la compétence « mines » à un gouvernement breton autonome, création d’une compagnie minière publique 100 % bretonne pour que, le jour où l’on déciderait d’exploiter, ce soit pour et par les Bretons, sans souillure extérieure.
Un symbole de la colonisation en cours
Cette affaire n’est pas un simple dossier technique. C’est un symbole criant de la colonisation politique et économique qui se poursuit : l’État français traite la Bretagne comme une province extractive, un réservoir de ressources à vider au profit d’intérêts qui ne sont pas les nôtres. La grande manifestation du 28 février à Redon doit être massive. Le sous-sol breton n’appartient pas à Paris, ni à Ottawa, ni aux Bermudes. Il appartient aux Bretons.
Budig Gourmaelon
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