À deux pas de la gare de Naoned (Nantes), le quartier résidentiel du boulevard de Stalingrad vit au rythme d’une inquiétude grandissante. Depuis plusieurs mois, de petits groupes consomment ouvertement du crack dans les rues, les buissons et même sur la terrasse d’un PMU, à quelques mètres de l’école élémentaire Stalingrad relève 20 Minutes.
Les riverains décrivent une scène devenue presque quotidienne : seringues abandonnées, détritus accumulés, odeurs persistantes de drogue et de tabac brûlé, squats improvisés dans les entrées d’immeubles. Certains racontent avoir vu des consommateurs s’installer sur les chemins qui mènent à la cour de récréation. « On a peur que nos enfants tombent sur une seringue », confie un parent.
Arthur, qui habite le secteur depuis trois ans, résume le sentiment général : « Ce n’est pas forcément violent, mais ce n’est pas l’endroit. On appelle la police régulièrement, pourtant on a l’impression que ça ne change pas grand-chose. »
Christiane et son mari, installés à Naoned (Nantes) depuis plus de soixante ans, observent la même dégradation : portes forcées, intrusions dans les parties communes, sentiment d’insécurité diffus qui s’installe peu à peu.
Début février, les habitants ont lancé une pétition intitulée « Signalement urgent d’insécurité et d’insalubrité ». En quelques semaines, elle a recueilli plus de 230 signatures. Le texte dénonce la multiplication des points de deal de rue, la diffusion des consommations vers les habitations et les lieux fréquentés par les enfants, et appelle à une réaction rapide des autorités.
La mairie de Nantes, par la voix de l’adjoint libanais à la sécurité Bassem Asseh, assure que la police municipale est mobilisée : plus de 90 interventions ont été menées dans le secteur depuis le début du mois. Patrouilles renforcées, éloignement des consommateurs, verbalisations pour mendicité agressive… Mais l’élu reconnaît que ces actions limitent les regroupements sans résoudre le fond du problème. « Ces personnes ont souvent besoin d’un accompagnement social pour s’en sortir », insiste-t-il.
Pour l’instant, le quartier reste marqué par cette présence visible de la drogue dure, à quelques encablures d’une école et d’un axe très passant. Les signataires de la pétition espèrent que leur mobilisation permettra enfin d’inverser la tendance avant que la situation ne s’aggrave davantage.
Ewen Broc’han
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