Dans une école primaire du quartier de Brigittenau à Vienne, un petit garçon chrétien vit un quotidien difficile. Âgé de six ou sept ans, il est le seul élève de sa classe de première année à ne pas être musulman. Ses camarades le harcèlent régulièrement en le traitant de « porc ». Ce cas, révélé par le magazine autrichien Profil, met en lumière les profondes tensions religieuses et culturelles qui traversent de nombreuses écoles de la capitale.
Une école marquée par l’immigration massive
L’établissement compte 390 élèves au total. Sur ce nombre, 230 sont de confession musulmane, soit près de 60 % de l’effectif. Seuls cinq enfants n’ont aucun antécédent migratoire, ce qui porte le taux d’élèves issus de l’immigration à 99 %. Trente-deux langues différentes sont parlées à la maison. Le turc arrive en tête avec 81 élèves, suivi de l’arabe avec 67 élèves et du tchétchène avec 27 élèves. Cette composition extrême fait de cette école un exemple frappant de la transformation démographique rapide que connaît Vienne.
Dans cette classe de première année, le petit garçon chrétien se retrouve donc complètement isolé sur le plan religieux. Ses camarades lui rappellent quotidiennement sa différence, notamment en le surnommant « Schwein », le porc, un terme particulièrement blessant dans un contexte où l’islam considère cet animal comme impur.
Le ramadan et les règles islamiques au quotidien
Le mois de ramadan accentue encore ces tensions. Les élèves participent activement à des défis de jeûne organisés via des applications sur leur téléphone, où ils se récompensent avec des croissants de lune virtuels. Certains refusent même de participer aux cours de natation, de peur que l’eau ne touche leurs lèvres et ne rompe leur jeûne. Un enseignant interrogé par Profil décrit une atmosphère lourde : « Le sujet de la religion imprègne toute la journée d’école. L’islam est omniprésent, tout est “haram” ou “halal”. Les règles islamiques sont constamment discutées par les enfants. »
Un phénomène qui dépasse largement cette école
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. À Vienne, les musulmans sont devenus le premier groupe religieux dans les écoles. Pour la première fois, plus de la moitié des élèves entrant en première année sont de confession musulmane. Plus de la moitié des enfants ne maîtrisent pas suffisamment l’allemand à leur entrée à l’école primaire. Cette évolution démographique s’accompagne d’autres statistiques préoccupantes. En juillet 2025, le taux de chômage parmi les Syriens en Autriche atteignait 45,4 %. La capitale concentre plus de la moitié des chômeurs migrants du pays, alors que de nombreux emplois peu qualifiés restent vacants dans d’autres régions.
Les enfants autrichiens minoritaires
Autrefois majoritaires, les élèves d’origine autrichienne se retrouvent aujourd’hui en situation de minorité dans de nombreuses écoles viennoises. Au lieu d’un enrichissement culturel mutuel, cette transformation rapide semble souvent générer exclusion et harcèlement pour ceux qui ne correspondent plus à la nouvelle majorité. Le calvaire de ce petit garçon de première année, seul Autrichien de sa classe et traité de « porc », en est l’illustration.
Ewen Broc’han
Recevez notre newsletter par e-mail !
