Le dimanche 22 mars 2026, les électeurs de Karnag (Carnac) ont choisi de tourner la page. Dans un scrutin particulièrement serré qui s’est joué à seulement 98 voix d’écart, le maire sortant Olivier Lepick (divers droite) a été battu au second tour par Alexandre Lanoë, un cadre de 40 ans sans étiquette, tête de liste « Carnac Ensemble Carnac pour tous ».
Les résultats définitifs sont les suivants :
- Alexandre Lanoë : 46,72 % (1 526 voix) – 20 sièges
- Olivier Lepick : 43,72 % (1 428 voix) – 6 sièges
- David Buhé (« Vivons Carnac préparons demain ») : 9,55 % (312 voix) – 1 siège
La participation a atteint 70,05 %, un taux élevé pour un second tour municipal. À 57 ans, Olivier Lepick, qui briguait un troisième mandat, a immédiatement annoncé qu’il mettait fin à sa carrière politique et qu’il ne siégerait pas dans l’opposition.
Cette défaite constitue une surprise. Réélu dès le premier tour en 2020 avec plus de 65 % des voix, Lepick semblait solidement installé après avoir apporté une certaine stabilité à une commune souvent marquée par des turbulences politiques. Pourtant, la triangulaire du second tour a vu émerger un désir clair de renouveau chez une partie des Carnacois.
Beaucoup d’observateurs estiment que cette défaite n’est pas étrangère au scandale des menhirs qui avait éclaté en juin 2023 et qui avait durablement entaché l’image du maire. Tout commence lorsqu’Ouest-France révèle la destruction de 38 à 39 pierres (certaines datant du Néolithique, il y a plus de 7 000 ans) sur le site du chemin de Montauban, en zone commerciale. Ces mégalithes enterrés ont été broyés pour permettre la construction d’un magasin Mr. Bricolage. Le permis de construire avait été délivré en août 2022 par la mairie d’Olivier Lepick.
L’affaire provoque un tollé international. Des photos des pierres détruites circulent massivement sur les réseaux sociaux. Le maire est accusé d’avoir sacrifié le patrimoine exceptionnel de Karnag – ses célèbres alignements de menhirs, candidats à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco – au profit d’un commerce. L’indignation gagne les médias : Le Monde, Le Figaro, C à Vous… Le maire parle lui-même d’une « avalanche de haine » et refuse de reconnaître sa grave responsable, encore plus de s’excuser, qualifiant l’emballement médiatique de « tempête dans un verre d’eau ».
Les associations de défense du patrimoine portent plainte et lancent des recours contre le permis. L’affaire traîne en justice jusqu’à fin 2025 : la justice administrative, sympathies politiques aidant, rejette finalement tous les recours, confirmant la légalité du permis. Olivier Lepick se déclare alors « soulagé » et « innocenté ». Mais le mal est fait. Dans l’imaginaire collectif, cet épisode reste associé à une forme de négligence ou de priorité donnée à l’urbanisme commercial sur la protection du patrimoine. Olivier Lepick quitte enfin la scène politique. Un départ que personne ne regrettera.
Budig Gourmaelon
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