Le député français Paul Molac vient de lancer « Faisons Bretagne », un nouveau mouvement présenté voulant l’autonomie de la Bretagne. Dans l’interview accordée au magazine Bretons, il explique vouloir structurer un courant autonomiste capable de peser aux élections « régionales » de 2028. Belle opération de communication. Mais derrière les grands mots, se cache un parcours d’un opportunisme rare, digne des girouettes les plus éprouvées du microcosme politique hexagonal.
Rappelons les faits. Paul Molac est élu conseiller régional de Bretagne en 2015 sur la liste de Jean-Yves Le Drian (alors PS), Il est réélu en 2021 sur la liste d’union de la gauche « La Bretagne avec Loïg » conduite par Loïg Chesnais-Girard (PS), qu’il soutient publiquement durant la campagne. Il siège aujourd’hui au sein du groupe Bretagne Sociale Démocrate, Écologiste et Régionaliste, qui constitue un pilier de la majorité Chesnais-Girard dont l’action pour la Bretagne, ses droits nationaux, sa culture et sa langue est insignifiante. Sur le plan hexagonal, son parcours de député depuis 2012 est un modèle de cynisme. Élu de la 4e circonscription du Morbihan en 2012 avec le soutien du Parti socialiste, d’Europe Écologie Les Verts et de l’Union démocratique bretonne (UDB, membre de Régions et Peuples Solidaires – R&PS), il siège d’abord au groupe écologiste (2012-2016), puis rejoint le groupe socialiste (SER) en 2016-2017. En 2017, il est réélu député dès le premier tour sous l’étiquette La République En Marche (LREM), surfant sur la vague macroniste. Il quitte ensuite le groupe LREM pour cofonder en 2018 le groupe Libertés et Territoires (LT), devenu ensuite Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT), où il siège encore aujourd’hui. Il est réélu député en 2022 avec le soutien de Régions et Peuples Solidaires (R&PS), dont l’UDB fait partie. Autrement dit : il a écumé toutes les boutiques politiques françaises – soutien UDB/PS/EELV de gauche régionaliste en 2012, ralliement macroniste opportuniste en 2017, puis positionnement « indépendant/territorialiste » via LIOT tout en conservant son ancrage « régional » dans la majorité de gauche de Chesnais-Girard.
Il n’y a que sur la question de l’immigration massive que son positionnement est invariable : absent lors du vote de la loi de 2018 pour une immigration maîtrisée (il indiquait qu’il se serait abstenu s’il avait été présent), il a voté contre l’ensemble du projet de loi immigration de décembre 2023. Il a qualifié ce texte de « discriminatoire et inefficace », estimant qu’il restreignait les droits des étrangers en situation régulière en faisant d’eux des « travailleurs de seconde zone ». Il ajoutait : « Si jamais les Français pensent que leur problème ce sont les immigrés, ils se trompent largement. Les problèmes que nous avons, on les doit tout simplement à nous et pas aux autres. » Circulez, il n’y a rien à voir. M. Molac peut arborer tous les chupens qu’il veut pour circonvenir les naïfs, sa politique accompagne le remplacement de la population bretonne sur ses terres historiques, l’islamisation fulgurante de nos villes, l’érosion de notre identité nationale, l’explosion du narco-trafic et de l’insécurité.
La manoeuvre actuelle de Molac est évidente : aimanter des électeurs et quelques militants crédules autour d’une vague évocation de « l’autonomie » au premier tour des élections régionales de 2028 avant de rallier la liste de gauche portée par Chesnais-Girard au second tour moyennant un « accord » famélique que ce dernier se gardera bien de respecter. C’est là que le régionalisme, de gauche ou de droite, révèle sa vraie nature : sa fonction est celle de roue de secours des partis hexagonaux. Quand l’opinion en Bretagne réclame plus de pouvoirs, la gauche parisienne et ses satellites lui offrent un hochet régionaliste comme exutoire avant de ramener l’électorat au bercail. Molac lui-même le dit clairement dans son interview : il ne s’agit pas de sortir de l’Hexagone, mais de « rééquilibrer les pouvoirs », formule qui a l’avantage de ne vouloir rien dire.
Les Bretons ont déjà vu le film avec d’autres figures régionalistes qui, après avoir flirté avec l’autonomisme et promis des lendemains qui chantent, finissent par rejoindre ou soutenir une majorité française au conseil « régional » de Bretagne. Et pendant ce temps, la Bretagne reste un pays dépourvu de gouvernement propre, avec ses déserts médicaux, sa fiscalité imposée d’en haut, sa langue menacée et une immigration hors de contrôle qui dénature nos villes. Face à cette manœuvre permanente de l’État français, il n’y a qu’une alternative claire et cohérente : le nationalisme breton. Pas de double discours, pas de compromis avec la gauche ou la droite jacobines, pas de stratégie opportuniste pour conforter des carrières politiques. Le PNB ne propose pas de « rééquilibrer les pouvoirs » dans le cadre français ; il revendique la souveraineté bretonne, la défense intransigeante de notre identité nationale, y compris par une politique migratoire qui protège enfin la Bretagne. Il ne veut pas servir de simple variable d’ajustement à une majorité hexagonale ; il en combat frontalement le principe. Les Bretons soucieux de défendre leur nation doivent cesser de tomber dans les éternels pièges du système et opter pour une rupture radicale.
Budig Gourmaelon
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