La sortie de l’Alsace du Grand Est : une brèche dans la citadelle jacobine

Le 8 avril 2026, l’assemblée française a adopté en première lecture, par 131 voix contre 100, une proposition de loi transpartisane portée par la députée Renaissance du département du « Haut-Rhin », Brigitte Klinkert. Ce texte transforme la Collectivité européenne d’Alsace en une collectivité à statut particulier exerçant à la fois les compétences départementales et celles d’une collectivité unique. En clair, il ouvre la voie à la sortie effective de l’Alsace du Grand Est, cette entité artificielle née de la loi NOTRe de 2015, dictée par les socialistes français. Dix ans après la fusion forcée de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne, le sentiment alsacien – largement majoritaire dans le peuple – trouve enfin une première traduction parlementaire. Ce vote dépasse la simple réforme administrative : il met en lumière l’absurdité et la déconnexion totale d’un État français qui traite les peuples historiques qu’il occupe comme des variables d’ajustement bureaucratique.

Le Grand Est, une absurdité jacobine

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Imposé par Paris sans consultation populaire, le Grand Est a amalgamé des territoires aux histoires, langues et cultures profondément divergentes. L’Alsace, terre germanique par son dialecte alémanique, son architecture, son droit et son passé au sein du Saint Empire romain germanique et du Reich allemand, s’est retrouvée noyée dans un ensemble allant de Strasbourg à Châlons-en-Champagne. Les Alsaciens n’ont jamais reconnu cette entité. Sondages et mobilisations locales l’ont répété depuis 2015 : le Grand Est reste perçu comme une abstraction parisienne, dessinée sur un coin de table pour « rationaliser » les coûts et satisfaire les exigences bureaucratiques de taille critique.

La création de la Collectivité européenne d’Alsace en 2021 n’était qu’un pis-aller. Aujourd’hui, en récupérant les compétences d’une collectivité unique, l’Alsace ne fait que reprendre sa cohérence naturelle : ethnique, linguistique et historique. Ce cas n’est pas isolé. Il fait écho au projet avorté du Grand Ouest, cette autre chimère jacobine qui visait à diluer la nation bretonne dans une vaste zone informe. Ces fusions ne sont pas des erreurs techniques ; elles incarnent une vision héritée de la Révolution française qui combat les peuples réels au profit de Paris.

L’État français : une construction artificielle

L’affaire alsacienne révèle le caractère profondément artificiel de l’État français. Depuis la Révolution de 1789, l’idéologie jacobine écrase les peuples : langues, droits, traditions. La France n’est pas une nation organique issue d’un lent enracinement historique, mais une construction pyramidale, imposée par la force armée, qui invente une identité abstraite « républicaine ». Les tenants de cette conception se montrent pourtant sélectifs dans leur répression des peuples. Ils tolèrent, voire encouragent, les revendications séparatistes lorsqu’elles servent un narratif anti-occidental – comme chez les Kanaks de Nouvelle-Calédonie, où le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes a le soutien de la gauche hexagonale. Mais lorsqu’un peuple européen, blanc et germanique comme les Alsaciens revendique simplement sa culture et ses droits historiques, c’est aussitôt qualifié de « séparatisme » ou de « repli identitaire » menaçant une pseudo « unité nationale ». Le Grand Est et le Grand Ouest illustrent cette même logique : effacer les peuples pour mieux imposer un patriotisme de papier fondée sur une idéologie de gauche, soi-disant universaliste, en réalité impérialiste. 

La nécessaire réunification de la nation bretonne

L’exemple alsacien ouvre une brèche qui pourrait profiter à d’autres peuples historiques, en premier lieu la nation bretonne. Depuis 1941, un décret arbitraire du régime de Vichy a amputé la Bretagne historique en détachant la Loire-Atlantique (alors Loire-Inférieure), privant ainsi le peuple breton de sa capitale historique, Naoned (Nantes), et d’une partie essentielle de son territoire national. Cette partition artificielle, maintenue après-guerre par l’État républicain, a brisé l’unité organique d’une nation celte millénaire. La réunification de la nation bretonne répond à une exigence de cohérence ethnique, culturelle et historique. Les Bretons, attachés à leur langue et à leur continuité millénaire, subissent depuis des décennies cette mutilation administrative qui les affaiblit économiquement, démographiquement et symboliquement. Comme en Alsace, les sondages répétés montrent un fort attachement populaire à cette réunification, tout comme les mobilisations massives qui ont régulièrement rassemblé des dizaines de milliers de personnes à Nantes. Refuser cette réunification, c’est perpétuer la même logique jacobine qui a créé le Grand Est : imposer des frontières arbitraires contre la volonté des peuples réels. Comme pour l’Alsace, la réunification bretonne démontrerait que les constructions artificielles ont leurs limites. Elle permettrait à la nation bretonne de retrouver sa pleine vitalité, de défendre sa langue menacée, son économie littorale et son identité sans complexe. L’exemple alsacien pourrait servir de précédent : si un peuple européen peut reconquérir son unité face à l’État français, pourquoi la nation bretonne en serait-elle privée ?

Les principaux adversaires et leur duplicité idéologique

L’opposition au texte alsacien révèle une duplicité flagrante. La gauche, en particulier La France insoumise (LFI), s’est dressée contre la proposition. Le député LFI Matthias Tavel a dénoncé un projet « sans queue ni tête ». Pourtant, ces mêmes mélenchonistes, nostalgiques revendiqués de Robespierre, militent avec virulence pour l’indépendance kanak (par ailleurs légitime), brandissant l’autodétermination des peuples comme un étendard anti-impérialiste. La contradiction est criante : quand il s’agit de peuples non européens, le droit à l’identité et à la liberté est sacré ; quand il s’agit d’Alsaciens (ou de Bretons) attachés à leur héritage européen, c’est le « péril pour la République », soi-disant « une et indivisible ». Cette position n’est pas accidentelle. Elle trahit une idéologie qui hait tout ce qui évoque les peuples blancs, le monde germanique ou celtique. LFI et ses alliés défendent les identités lorsqu’elles servent à déconstruire l’Occident et l’Europe, mais les combattent lorsqu’elles incarnent une continuité historique européenne. N’oublions pas l’arrière-garde de la réaction jacobine. Les présidents d’entités territoriales, dont Franck Leroy (Grand Est), Valérie Pécresse (Île-de-France) et Carole Delga (Occitanie), ont signé une tribune virulente qualifiant le texte de « faute institutionnelle, politique et historique ». Leur opposition protège non seulement leur pouvoir, mais aussi la vision uniformisatrice héritée de 1789 où les peuples réels sont réduits à des échelons administratifs.

Un chemin long et semé d’embûches

Adopté en première lecture à l’Assemblée, le texte doit maintenant passer au Sénat. Si le Sénat modifie substantiellement le texte, un nouveau passage à l’Assemblée sera nécessaire. L’entrée en vigueur est envisagée pour les prochaines échéances électorales. Rien n’est acquis, mais le vote du 8 avril crée un précédent : pour la première fois depuis 2015, un peuple de l’Hexagone ose détricoter publiquement le fruit d’un coup de force de l’État français. Si la sortie se concrétise, l’Alsace deviendra une collectivité unique à statut particulier, inspirée du modèle corse. Elle pourra mieux défendre sa langue, gravement menacée, son économie transfrontalière avec l’Allemagne et la Suisse, et son identité germanique.

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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